Conte : Une leçon d’humilité

Il y a longtemps, très longtemps de cela, au temps où les animaux savaient encore parler, se déroula un évènement qui allait changer la vie de ces derniers dans la forêt. Ce jour-là, les animaux de la étaient comme d’habitude sur leurs gardes. Mais pourquoi ? La réponse à cette question était là en chair et en os. Toujours caché dans un buisson, prêt à terroriser le premier animal qui passerait par-là, le lion, cet animal qui, avec sa majestueuse crinière noire, signe de vitalité et sa corpulence magnifique, régnait en maître absolu, incontesté et incontestable. Il effrayait tous les autres animaux avec ses rugissements terrifiants dont les échos se répandaient à des kilomètres à la ronde. Mais ce qu’il allait vivre ce jour-là allait lui apprendre qu’il vaudrait mieux avoir des amis que de se faire plein d’ennemis.

La journée tendait vers l’après-midi. Les animaux, qui n’avaient pas remarqué la présence du lion, s’étaient un peu relâchés. Ce fut au moment d’aller se reposer que le lion sortit de sa cachette. Il se mit à effrayer tout animal qui passait par là. Le phacochère qui, clopin-clopant, passait par là, croisa le lion qui était affamé. Ce dernier sortit tous ses cros, prêt à le dévorer. Mais phacochère avait pour réputation d’être très malin. Au moment où le lion allait le dévorer, il lui fit une proposition : « Oh lion, vous qui êtes notre roi, notre Seigneur, je crois que vous êtes imbattable et inaccessible. Mais selon moi il existe néanmoins une personne capable de vous battre. Si vous ne me croyez pas, je vous invite à un duel ce soir à dix-sept heures à l’arène des animaux contre cette fameuse personne capable de vous battre. Mais si vous échouez, le seul mot capable de vous sauver serait « s’il vous plait ».

Le lion était naturellement serein et pour montrer sa confiance en lui-même émit un rugissement qui fit tressaillir toute la forêt. Il oublia sa fin en pensant à cette gloire qu’il allait bientôt remporter. Il laissa la vie sauve au phacochère pour qu’il aille informer les autres animaux du duel. La nouvelle se répandit dans la forêt. Mais il y avait une question qui brûlait les lèvres de tous les animaux : « Qui est cet adversaire mystérieux qui affronterait le lion? ». Les animaux ne purent avoir leur réponse avant le duel. L’heure tant attendue sonna. L’arène étai pleine à craquer. Au moment où le lion entra dans l’arène, la porte de celle-ci se referma derrière lui, ne lui laissant aucune issue pour en ressortir. Le phacochère était le commentateur de ce duel. Le lion et les autres animaux se mirent alors à attendre l’adversaire mystérieux du lion. Le lion attendit une heure, puis deux et rien ne se passa. Il commençait à se lasser de cette attente et croyait d’ailleurs que son adversaire avait peur de lui. Il demanda au phacochère où était son adversaire. Ce dernier lui répondit que c’était un adversaire invisible, inodore, incolore et qui frappait surtout le ventre, ce qui excita davantage le lion. A vingt-et-une heures, alors que les animaux étaient entrain d’apaiser leur faim en se régalant de copieux mets prévus à l’avance (car ils savaient que le combat durerait des heures et des heures) voici que l’adversaire du lion commençait à se faire de plus en plus sentir et il opérait en sourdine. Il assénait de violents coups dans le ventre du lion qui se débattait sans pouvoir riposter. Au bout de quelques minutes, le lion semblait atteint. Ses griffes et ses crocs aiguisés en conséquence, ne lui furent d’aucun secours. Et malgré son agilité et sa puissance, il ne put esquiver les coups de son adversaire qui prenait de plus en plus le dessus. La vue du lion commençait à baisser tandis que ses forces l’abandonnèrent. « Se battre contre un adversaire invisible! Que c’est excitant« , scandaient les animaux. C’est alors que le phacochère demanda d’une voix pleine d’orgueil et d’ironie: « Je pense, chers amis animaux que vous aimeriez connaitre l’adversaire mystère du lion, n’est-ce pas? ». Tous les animaux, unanimement donnèrent une réponse positive. « Eh bien », reprit le phacochère, « c’est la faim. Un adversaire invisible, insaisissable et imbattable ». Le lion, qui avait entendu la discussion entre le phacochère et les autres animaux, comprit qu’il avait été pris au piège et voulait se rendre, mais il eut un sursaut d’orgueil et refusa de s’avouer vaincu. Le phacochère essayait de raisonner le lion mais ce dernier était trop orgueilleux pour avoir une minute d’humilité.

 

Crédit photo: Le Roi lion de Roger Allers et Rob Minkoff

 

Mais la faim se faisait de plus en plus violente. Le lion abattu, rassembla toutes ses forces et contre toute attente prononça le mot tant attendu : « s’il vous plait ». Il s’excusa pour toutes les fois où il avait embêté les animaux et promit de ne plus recommencer. Son regard était tellement triste que les animaux comprirent qu’il était sincère. Aussitôt, les animaux se mirent à lui lancer de la viande depuis les gradins. Il mangea à satiété, sortit de l’arène et commença une nouvelle vie, une nouvelle vie avec des amis.

Depuis ce jour, le lion devint un grand roi, juste et compréhensif. Et sous cette nouvelle autorité, le village des animaux connut la prospérité.

 

Timothée ABADJI

 

Timothée ABADJI, élève en classe de 3è au complexe scolaire Abbé Florent Nascimento de Cotonou. 12 ans



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