Interview avec Eurydoce Désiré Godonou (EDG)

Eurydoce Désiré Godonou est poète et blogueur.  Nous l’avons reçu pour vous. Découvrez plutôt: « Je n’écris pas pour mon plaisir, ni pour une quelconque reconnaissance. J’écris par devoir. » Eurydoce Désiré Godonou


BL
: Bonjour Monsieur Eurydoce Désiré GODONOU. Nous vous remercions pour cette interview que vous nous accordez. Plus qu’un plaisir, c’est un véritable honneur que vous nous faites en vous prêtant à nos questions. Pourriez-vous nous dire un mot sur vous-même, en guise de présentation?

EDG : Merci d’avoir pensé à ma modeste personne. J’en suis sincèrement  honoré.

Poète dans l’âme, je suis archiviste de formation et bibliothécaire de profession. Passionné de lecture, j’anime  à mes heures gagnées un blog littéraire sur lequel je publie mes notes de lectures et mes réflexions sur la question du livre et de la lecture, et aussi des poèmes et des nouvelles. Une vie en livres en somme.

Alors, comme Jean-Paul Sartre dans Les mots, je pourrais dire « J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres ».

BL: Vous êtes archiviste-documentaliste de formation. Pouvons-nous en savoir davantage sur ce que vous faites concrètement?

EDG : En réalité, archiviste et documentaliste sont des métiers différents quoique connexes.

L’archiviste est chargé de collecter, classer, conserver et restaurer les archives et les communiquer au public et aux chercheurs. Ces archives proviennent des administrations, des entreprises, des associations et même  parfois, des particuliers.

Le documentaliste est la personne qui réunit, classe, conserve et utilise des documents pour le compte d’une collectivité, d’un service public, etc. L’archiviste-documentaliste est donc la personne qui a les compétences de l’archiviste et du documentaliste.

Aujourd’hui, je travaille  dans une bibliothèque.  Je m’occupe de l’acquisition, du traitement et de la diffusion des livres. A cela s’ajoute l’animation culturelle…

BL: Pouvons-nous affirmer que le livre au Bénin, aujourd’hui, nourrit son homme?

EDG : Oui et non. Cela dépend de l’homme ; je veux dire de son  métier. Les libraires, les éditeurs, les bibliothécaires, les imprimeurs  sont aussi des gens du livre. Et ils peuvent en vivre. Mais qu’en est-il du premier acteur, c’est-à-dire l’auteur ? En général, l’écrivain béninois ne vit pas du livre. Je crois même qu’il essaye parfois de ne pas en mourir. Certains sont obligés d’épargner  pour faire publier leurs livres, et ensuite de   battre des pieds et des mains pour les  vendre. On voit des auteurs devenir libraires- ambulants…Ce n’est pas très valorisant.

BL: Pour vous qui êtes un rat de bibliothèque, quelle est la place du livre dans le vécu de nos compatriotes béninois?

EDG : La plupart des Béninois ne lisent pas ou ne lisent pas assez, soit parce qu’ils n’ont pas accès aux livres, soit parce qu’ils n’ont pas la culture de la lecture. Vous savez, nous avons été une civilisation de l’oralité.  Il nous faut devenir une civilisation du livre.

J’ai dit que certains Béninois ne lisent pas, parce qu’ils n’ont pas accès aux livres et cela est vérifiable. Combien de Béninois ont étudié dans une école disposant d’une bibliothèque scolaire ? Combien de collectivités territoriales  disposent de bibliothèques communales ?

Le livre n’est pas assez présent dans le quotidien des Béninois. Pourtant il le faudrait bien surtout dans le milieu scolaire. Le livre n’est pas un complément alimentaire, c’est un aliment de base, une denrée  de première nécessité pour une éducation de qualité. Dans mon métier, je rencontre tous les jours des amoureux de la lecture et des personnes avides de connaissances. Les bibliothèques bien équipées dans notre pays sont assez fréquentées par les usagers.

Je suis donc convaincu que si on donne au Béninois des livres, il lit.

Mais je suis raisonnable. De manière globale, les terriens lisent de moins en moins parce qu’ils passent plus de temps devant les écrans télés ou les jeux-vidéos et bien sûr internet ! La désaffection pour le livre n’est donc pas  typiquement béninoise.

BL: L’univers du livre au Bénin connaît de plus en plus l’éclosion de jeunes talents dont la plupart ont grande une propension pour la poésie. Comment expliquez-vous ce choix?

EDG : C’est intéressant quand on sait que la poésie ne se vend pas autant que d’autres genres littéraires comme le roman ou la nouvelle. Je crois que certains choisissent la poésie pour sa liberté et le peu de contraintes. On peut en effet écrire un poème et un beau poème chaque jour, mais c’est plus difficile d’écrire des nouvelles ou romans avec autant  d’aisance.

J’ai écrit deux articles sur mon blog intitulés, « Bandes de poètes pour qui écrivez-vous ?« . On peut retenir que les poètes écrivent d’abord pour eux-mêmes avant de penser au lecteur…La poésie a sans doute quelque chose d’égocentrique – sans vouloir me vexer (rire)- qui attire. La poésie permet aussi aux jeunes de donner de la voix, d’exprimer leur indignation.  Quand le moral est bas, le mot râle haut et fort. La poésie est le premier cri de l’âme. Il est normal que les auteurs y trempent de plus en plus leur plume.

Prudence cependant ! La poésie est un feu. Les poètes sont les enfants de cœur qui jouent avec. Le défi est parfois de ne pas se brûler les ailes de l’inspiration et la plume de la créativité. Pour presque toujours…

BL : Vu sous cet angle, quelle est la fonction que vous assignez à la poésie, à cette de la mondialisation et de la globalisation où le village planétaire est plus que jamais fragmenté en de menus îlots d’intérêts, et où les TICS s’invitent sans préavis même jusqu’aux jardins secrets pour sauter les verrous de toute intimité?

EDG : La poésie doit être une lueur d’espérance, elle doit rappeler aux hommes qu’ils sont humains.

BL: Quand on voit l’engouement des jeunes pour les réseaux sociaux, pensez-vous que ces derniers constituent vraiment une chance pour la littérature, aujourd’hui?

EDG: Absolument ! Aucun secteur ne peut aujourd’hui se développer sans une forte présence sur les réseaux sociaux. Nous devons vivre à notre époque, de notre époque.

Il serait absurde  de vouloir faire la promotion de la littérature sans prendre d’assaut l’espace où les individus passent le clair de leur temps : internet et les réseaux sociaux.

En dehors des groupes  sur Facebook ou WhatsApp, il existe des réseaux sociaux dédiés à la littérature. Certains sont très dynamiques. Lecteurs et auteurs y partagent leur passion. Je recommande par exemple wattpad et Muswada.

BL: Dans l’une de ses interviews, Barnabé A. DATE disait ceci:  » Je ne crois pas que l’acte d’écrire relève de l’inspiration. Si c’était le cas, je serais toujours sur mon premier ouvrage attendant l’inspiration ! Pour moi, écrire, c’est un acte volontaire. Et toute volonté qui veut se transformer en réalité, en un objet tangible et palpable a besoin de soins et de beaucoup de travail et de persévérance. »[1] Que vous inspirent de telles paroles?

EDG : Je ne peux qu’être d’accord. L’écrivain doit littéralement cultiver son jardin. Cela suppose un travail sérieux et quotidien. Pour écrire, il faut de la passion, de la volonté, de la persévérance. J’essaye de procéder ainsi mais je dois bien reconnaître que bien souvent la procrastination l’emporte. Ainsi, j’en suis encore à mon « avant-premier«  livre. (Rire)

Je n’écris pas pour mon plaisir, ni pour une quelconque reconnaissance. J’écris par devoir. Je suis dans la logique de Jacques Derrida  « Vouloir-écrire et non pas désir d’écrire. Car il ne s’agit pas d’affection mais de liberté et de devoir ».

BL : A la veille des élections présidentielles de mars 2016, vous postiez sur votre blog  Saveurs livresques, une  analyse intitulée: « Bénin/Politique du livre et de la lecture : ce que proposent les candidats à l’élection présidentielle de mars 2016.« . A quelles conclusions êtes-vous parvenu finalement? Pensez-vous que la littérature soit le dernier des soucis de nos politiques ? Sinon, quelles sont les actions concrètes menées sur le terrain et qui rendent hommage à cette volonté du gouvernement de faire refleurir le désert de compétence que serait devenu « le quartier latin d’Afrique? »

EDG : Le livre ne faisait  pas partie des priorités de la plupart des candidats, d’ailleurs les mots ‘’bibliothèques’’ et ‘’livres’’ étaient  quasiment  absents des projets de société de certains d’entre eux.

Il est heureux  que les candidats Pascal Iréné Koukpaki et surtout Abdoulaye Bio Tchané qui avaient de beaux projets pour la promotion du livre soient aujourd’hui au gouvernement.

Mais sincèrement, pour le moment, je ne vois pas d’actions concrètes allant dans ce sens. Le ministre de la culture a fait des annonces, il ne reste qu’à espérer.  Je  veux croire en un Bénin révélé en terme de bibliothéconomie.

BL : La promotion de la lecture reste certainement tributaire de celle des bibliothèques. Vous qui êtes bibliothécaire, quel diagnostic posez-vous actuellement dans ce domaine?

EDG: Les rares  bibliothèques publiques sont hélas mal équipées. Il parait que l’Etat a d’autres priorités. Très peu d’établissements scolaires disposent de bibliothèques, et ces dernières ne le sont que de nom. Les collections ne sont pas renouvelées ; ce qui ne permet pas une mise à jour des connaissances.

Pour avoir une idée de la situation des bibliothèques publiques dans notre pays il suffit de faire une visite à la Bibliothèque nationale…

Aujourd’hui, ce sont des  Organisations Non Gouvernementales et des personnes privées qui donnent accès à la lecture publique dans notre pays.

Je voudrais très humblement saluer l’engagement d’institutions comme le Conseil des Activités Educatives du Bénin (C.A.E.B) qui a aujourd’hui un puissant réseau documentaire de sept bibliothèques reparties sur le territoire national, la Fondation Zinsou et ses Mini-bibliothèques.

Il y a aussi des initiatives communautaires comme la Bibliothèque solidaire de Médédjonou.

Or quand j’insiste sur l’importance du livre, je ne songe pas seulement à une lecture de distraction. Je parle surtout de la mise à disposition des élèves, étudiants et chercheurs, de services d’information documentaire de qualité. Je vais imiter Antoine de Saint-Exupéry et dire «  on n’étudie bien qu’avec les bibliothèques ; l’essentiel est dans les livres ». Mais Einstein le dit encore mieux : «  La seule chose que vous ayez absolument besoin de savoir, c’est l’emplacement d’une bibliothèque ».

BL : Il est une rengaine que relaient presque toutes les lèvres chez nous : « Les livres coûtent trop cher. ». Vous avez certainement un mot à dire sur la gestion du secteur du livre au Bénin. Que faire pour faciliter l’accès aux rayons des livres dans les librairies?

EDG: Ce n’est pas totalement faux.  La capacité à payer des livres et même à consommer des biens culturels en général dépend du revenu de chacun. Or, le Bénin est un pays pauvre. Celui qui gagne l’équivalent du SMIG trouvera toujours qu’un livre de cinq mille francs est cher. Trop cher.

Je suis plutôt fréquent dans les librairies, les livres qui coûtent le plus cher sont ceux importés. On n’y peut pas grand-chose.

Mais nous pouvons faire en sorte que les livres béninois soient accessibles au plus grand nombre. Pour cela,  il faut : encourager nos auteurs à se faire éditer sur place. D’un autre côté, il faudrait que les capacités de production des acteurs de chêne du livre notamment : éditeurs et imprimeurs soient renforcées. Pour cela, il serait très bien que les opérateurs économiques locaux songent enfin à investir dans l’industrie du livre.  Laha Editions a trouvé le moyen de vendre ses livres à deux milles francs voire mille francs. On peut s’inspirer de son modèle.

Cependant, le vrai problème n’est peut-être pas le coût des livres mais plutôt la culture du livre. En effet, il ne suffit pas d’être riche pour se rendre dans une librairie ! Chacun fait ce qu’il veut avec son argent. Certains trouveront banal de payer le dernier Iphone mais diront  qu’un roman de dix mille francs est ‘’ franchement trop cher’’.

Pour terminer, : chaque fois que nous trouvons qu’un livre est trop cher, il faut aussi que nous nous posions la question de savoir combien il rapportera au final à l’auteur qui y a consacré ses nuits, sa tête, son âme, son TOUT.

BL: Vous faites partie de ceux qui s’émerveillent des talents littéraires béninois. Qu’est-ce qui peut être fait pour plus de visibilité de la littérature béninoise sur le plan international?

Il faudra faire participer nos auteurs et éditeurs aux foires et salons du livre à l’international. Je me réjouis de ce que le Bénin ait été valablement représenté au Salon du livre de Paris en 2017. Ces  genres événements doivent aussi être organisés par notre pays avec des pays invités. Enfin, il faut des mécènes béninois pour la littérature. Un mécénat apolitique !

BL : Vous êtes jeune, et vous avez des ambitions et certainement des projets…

Sur un plan personnel, il s’agira de toujours continuer par travailler sur mes manuscrits et envisager une publication. La vérité est que quand on a beaucoup lu, on veut écrire à la hauteur de ce que nos yeux ont lu. Je ne tiens pas à publier juste pour ajouter le statut d’écrivain à ma carte de visite. Mais il faudra prendre le risque. Écrire, c’est aussi cela : se dépouiller, se livrer.

Je travaille aussi sur deux ou trois projets de promotion littéraire. Ce ne sont pas des aventures solitaires. Je ne préfère donc pas en parler avant que cela ne soit concret.

BL : Quelles sont les chances que les blogs littéraires offrent au livre béninois aujourd’hui?

Ce n’est pas seulement pour le livre  béninois que les blogs littéraires représentent une opportunité, c’est pour toute la  littérature.

J’en parlerai sous trois angles : la création littéraire, la promotion littéraire, la création de contenus locaux.

D’abord les blogs permettent de créer et de diffuser de la littérature béninoise.  Je cite comme exemple Littérature et Droit  et  Monde en lettres, respectivement animés par Emmanuel Gansè et Cyr Zogo. Biscottes littéraires en fait autant. Ces blogs permettent aux internautes du monde entier, d’accéder à une certaine littérature béninoise.  C’est vraiment magnifique.

Nos écrivains en herbe peuvent,  grâce au blogging,  affiner leur plume, se faire un nom voire une renommée.

Ensuite, les blogs permettent de faire la promotion des livres béninois et de leurs auteurs, à travers des notes de lectures, des chroniques et des interviews. Je veux citer en exemple Racontars de lecture exclusivement dédié à la littérature béninoise, ainsi que le très modeste Saveurs livresques dont je suis l’administrateur. Et naturellement encore, Biscottes littéraires dont le dynamisme est admirable et admiré.

Cette promotion n’est plus à négliger, car à bien y songer, c’est de la publicité gratuite que font les blogueurs pour les livres qu’ils présentent. Je ne compte pas le nombre de fois où un internaute  après avoir lu une note de lecture sur mon blog m’a demandé des renseignements pour acquérir le livre présenté.

Enfin, le blog en général permet la présence de contenus béninois sur le web. Personne ne parlera de nous mieux que nous-mêmes. En tant que spécialiste de l’information documentaire, c’est une préoccupation essentielle pour moi. Il n’est pas rare de faire une recherche internet sur un livre ou un auteur béninois et de ne rien trouver de pertinent. Les blogueurs en créant du contenu pour le web, réduisent  ce ‘’ silence’’. Google ne fait pas de la magie, pour qu’une information soit accessible, il faut qu’un individu la publie.

Je me résume.  En l’absence de sites web dynamiques dédiés à la littérature, les blogs littéraires représentent une vraie force, une alternative pour la promotion de la  littérature béninoise en général et pour le livre béninois en particulier. Avis donc aux auteurs, éditeurs, et libraires : les blogs sont à votre service. Il est temps que nous travaillions en synergie.

BL : Un mot à l’endroit de ceux qui rêvent de vivre de leur plume?

EDG : J’en rêve aussi, mais c’est un secret. Toutefois, il faut être réaliste. Tous les écrivains ne pourront jamais vivre de leur plume ! Mais je crois savoir que pour avoir une chance de vivre de sa plume, il faut commencer par  vivre pour sa plume.

BL: Votre mot de fin en guise de conclusion à cette interview que nous vous remercions très cordialement de nous avoir accordée.

EDG : C’est un plaisir pour moi d’avoir répondu à vos questions. Je voudrais saluer Biscottes littéraires pour tout le travail de promotion qu’il fait pour la littérature béninoise. Saveurs livresques que j’ai l’honneur d’administrer serait très ravi de travailler avec vous  sur des projets liés à nos centres d’intérêts communs.

Le livre a un avenir au Bénin, c’est aux amoureux et acteurs du secteur de faire en sorte qu’il soit grandiose.

[1]http://beninoscopie.mondoblog.org/tag/litterature-beninoise/ (Entretien avec Daté Barnabé-Akayi, l’une des meilleures plumes de la littérature béninoise)

9 thoughts on “Interview avec Eurydoce Désiré Godonou (EDG)

    1. Oh, Hkr Belkis! Ce fut un plaisir d’avoir reçu Eurydoce sur notre blog. Agréable à lire, en effet

  1. Un bien bel entretien, une belle initiative de Biscottes Littéraires, et de bellissimes et délicieuses réponses servies par le cordon bleu du Blog  » Saveurs livresques  ». Les responsables de Biscottes Littéraires, promoteur de la littérature béninoise ont su choisir un militant du même acabit… Puisse la promotion la littérature béninoise, les poètes et les écrivains soit pérenne et sempiternelle à travers les divers blogs existants…

    1. Heureux de vous lire, Monsieur Osée N’TCHA. belle plume. on fera route ensemble

    2. Merci cher docte pour ces savoureuses paroles adressées au Shemsu. Comme vous l’avez su dire, le mérite revient à Biscottes qui a su me faire tirer les mots de la gorge. Merci pour votre passage, j’en suis comblé.

      1. Vous avez une bonne gorge, frère Désy Ray. Nous reviendrons y puiser d’autres mots sans épuiser la source

  2. Merci à Eurydoce pour cet entretien plaisant, plein de fraîcheur. Je retiens qu’il faut vivre pour sa plume.

    1. « Je retiens qu’il faut vivre pour sa plume. » Cela voudrait-il aussi dire, cher Habib Dakpogan : « mourir pour sa plume » ?

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