Il y a longtemps, très longtemps, dans un village reculé, vivait un merveilleux couple aime et apprécié de tous. Assiba et Koffi, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, connaissaient une existence paisible et heureuse. Modeste pêcheur, Koffi approvisionnait son épouse Assiba qui tenait un petit commerce de poisson fumé au marché du village. Contrairement à la majorité de leurs congénères, ils n’avaient pas connu la joie d’avoir un enfant. Pourtant, en dépit de ce caprice du destin, ils vivaient heureux et communiquaient leur joie de vivre à tout le village. Malgré leur extrême pauvreté, ils se faisaient remarquer par leur totale disponibilité et leur légendaire charité.

Avec le temps, cette atmosphère de quiétude connut de légères perturbations. Assiba était devenue triste et mélancolique. Elle se demandait ce qu’elle avait fait pour mériter un tel châtiment. Quel péché avait-elle commis pour que son sein soit hostile à la présence d’un enfant ? Moult interrogations lui taraudaient l’esprit et lui ôtaient l’appétit.

 

Face à ces changements inquiétants et alarmants, Koffi était quasiment impuissant. Il ne savait plus où donner de la tête. Il essayait autant que faire se peut de consoler son épouse. Mais pour cette dernière, un seul remède s’imposait : le bébé devait arriver

Le couple se mit alors en quête de solutions pour que revienne en son sein la joie d’antan. Sans trêve ni répit, ils remuèrent ciel et terre pour avoir satisfaction. C’est alors que, lors de l’une de leurs fréquentes consultations, le devin du village leur révéla la cause de leur infortune. En effet, le génie du lac avait puni Koffi car ce dernier en pêchant un jour dans une zone interdite et consacrée au génie s’était attiré le courroux de ce dernier.

Tout bouleversé, Koffi demanda au devin ce qu’il pouvait faire pour apaiser le génie. Plusieurs sacrifices d’animaux lui furent prescrits Il obéit et se plia en quatre pour satisfaire à ces exigences. Chaque soir, deux semaines durant, il se rendait au bord du lac, accompagné du devin et de sa femme pour immoler, un coq blanc afin de se faire pardonner sa faute

Désormais, quand il sortait pêcher, il évitait soigneusement d’empiéter sur le territoire du génie. Il lui demandait même en secret, la grâce d’avoir enfin un enfant.

Six mois après ces événements, alors que rien ne laissait présager une heureuse nouvelle en dépit de tous les efforts consentis de part et d’autre, Assiba annonça à son mari la venue prochaine du bébé qui grandissait dans ses entrailles. Fou de joie, Koffi courut tout droit au lac pour remercier le génie qui non seulement lui avait pardonné sa faute mais avait exaucé ses prières.

L’enfant naquit peu de temps après. Ils l’appelèrent Yémanlin car ils se disaient que personne ne pouvait s’imaginer qu’ils connaitraient enfin cet immense bonheur. Tout cela leur permit de se rendre à l’évidence que le ciel ne se dérobe jamais à nos supplications, même dans les moments les plus difficiles.

 

Olivier Max-Morèno ZOUMENOU

 

Olivier Max-Morèno ZOUMENOU est titulaire d’un Baccalauréat Série A1. Il est actuellement étudiant en 2ème année de Philosophie au Grand Séminaire Philosophat Saint Paul de Djimè.

 

 

  1. Faut toujours respecter ce que la tradition dit. Sinon,on risque de se créer d’énormes difficultées.