« La case de l’oncle Tom » ,

Quand Abraham Lincoln disait de Harriet Beecher-Stowe,  » une petite femme qui a commencé une grande guerre « , il ne pensait certainement pas si bien dire. En réalité, l’auteure de ce livre a fait œuvre utile puisque « La case de l’oncle Tom », qu’on le veuille ou pas a milité largement en faveur de l’abolition de l’esclavage des noirs aux USA. Elle sème les graines de sa révolution en écrivant un livre fin, sensible et délicat. La version de « La case de l’oncle Tom » que nous présentons ici est celle éditée en 1998 chez Gallimard. C’est en réalité la version « Jeunesse » et elle s’étend sur 395 pages. Rappelons que la première édition de ce chef d’œuvre publié d’abord sous forme de feuilleton, a eu lieu en 1852.

Au XIX ème siècle dans l’État du Kentucky vivait un riche homme d’affaires, Mr Shelby. Il avait un domestique aux valeurs et qualités exceptionnelles, Tom, personnage principal du livre. Tout allait bien pour Monsieur Shelby jusqu’au jour  où, contraint par une situation financière, il vendit son meilleur esclave, Tom, ainsi que le petit Henry fils d’Elisa. Le marchand à qui il avait à faire dans ce cadre était <<un homme de sac et de valise, un homme qui ne vit que pour le trafic et le lucre; froid, inflexible, inexorable comme la mort et le tombeau>>  (p.46). Tom, livré et acheté fut revendu au Mississippi à un nouveau marchand, Saint-Clare par le biais de sa généreuse et intelligente fille Évangéline (Miss Eva). Un traitement aux aspirations de son ancien maître lui fut accordé par Saint-Clare et sa famille. Peut-être que le destin l’avait arraché à son maître pour mieux le chérir au regard ses merveilleuses qualités. Chez les Saint-Clare tout allait bien jusqu’aux décès successifs d’Éva et Saint-Clare. C’est au moment de la mise en liberté de Tom, de son statut d’esclave, que Saint-Clare mourut. Contrairement à son aveu, Mme Saint-Clare vendit aux enchères ses esclaves à un autre marchand nommé Legree, y compris Tom. Fini le bonheur pour Tom. Legree n’est pas homme à faire des concessions. Il soumit Tom à un rude esclavage car ce dernier refusa de livrer et de maltraiter ses frères de race. Le vieil homme succomba. Marqué par la fin tragique de Tom, le fils de son premier maître se fit ardent défenseur de la cause des noirs et racheta la liberté de ses esclaves.

Tom mourut en héros quoique dans son statut d’esclave. Georges Shelby s’empara du corps et lui fut des obsèques dignes des grands.

On ne peut sortir de ce livre en demeurant impassible. Le récit est révoltant en même temps qu’il met en exergue les misères faites aux esclaves noirs dans les plantations américaines. Et l’auteure a gagné son pari sur ce coup: conduire un récit pathétique sur un ton de naïveté pur émouvoir et sensibiliser la conscience américaine à la situation déplorable que vivaient les noirs. Elle ne le fait pas sur un ton révoltant, mais le lecteur qui a du cœur ne peut pas ne pas se révolter. si « La case de l’oncle Tom »  est un récit dramatique et tragique, tout un mélange de tons, de sentiments et de sensations mêlés, l’auteure a le mérite, en tant que Blanche, de s’insurger contre l’esclavage, ce qui était un grand risque.

L’on comprend alors aisément pourquoi « La case de l’oncle Tom »  » fut le roman le plus vendu au XIXème siècle après la Bible.

Gervais DASSI




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