{"id":12921,"date":"2026-05-16T23:59:00","date_gmt":"2026-05-16T23:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?p=12921"},"modified":"2026-05-17T16:28:40","modified_gmt":"2026-05-17T16:28:40","slug":"paris-attendra-ezin-p-dognon-interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/","title":{"rendered":"Paris attendra Ezin P. Dognon: interview"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"12921\" class=\"elementor elementor-12921\" data-elementor-settings=\"[]\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-inner\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-section-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-485b32f6 elementor-section-boxed elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"485b32f6\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-row\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-78e4658c\" data-id=\"78e4658c\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-column-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-5be71357 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"5be71357\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-text-editor elementor-clearfix\">\n\t\t\t\t<p><!-- wp:quote --><\/p>\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Dans cette interview consacr\u00e9e \u00e0 Paris attendra <a href=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/myster-ezin-de-la-plume-au-micro\/\">Ezin P. Dognon<\/a> revient sur son parcours entre litt\u00e9rature, musique et performance sc\u00e9nique. Il \u00e9voque son lien avec Olympe Bh\u00ealy\u2011Quenum, sa vision de l\u2019\u00e9criture, la mani\u00e8re dont il habite la langue et l\u2019ambition esth\u00e9tique derri\u00e8re son nouveau livre <em>Paris attendra<\/em>. Une parole libre, exigeante, qui interroge la cr\u00e9ation, la transmission et la visibilit\u00e9 artistique dans le monde contemporain.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><!-- \/wp:quote --><\/p>\n<p><!-- wp:image {\"align\":\"center\",\"id\":12926,\"sizeSlug\":\"large\",\"linkDestination\":\"none\"} --><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"577\" height=\"1024\" class=\"wp-image-12926\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Ezin-P-Dognon-577x1024.jpeg\" alt=\"Interview Ezin P. Dognon \u2013 Autour de Paris attendra\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Ezin-P-Dognon-577x1024.jpeg 577w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Ezin-P-Dognon-169x300.jpeg 169w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Ezin-P-Dognon-768x1364.jpeg 768w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Ezin-P-Dognon-865x1536.jpeg 865w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Ezin-P-Dognon-1153x2048.jpeg 1153w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Ezin-P-Dognon-scaled.jpeg 1441w\" sizes=\"(max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<figcaption>Interview Ezin P. Dognon \u2013 Autour de Paris attendra\/ Cr\u00e9dit photo Codjovi Tossou<\/figcaption>\n<\/figure>\n<\/div>\n<p><!-- \/wp:image --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em>BL\u00a0: Le parcours\u00a0: de la litt\u00e9rature \u00e0 la musique, un bilan \u00e0 mi-chemin pour commencer\u00a0?<\/em><\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Je ne vais pas vous mentir : je n\u2019ai jamais v\u00e9cu \u00e7a comme un passage. On aime bien dire \u00ab\u00a0il est pass\u00e9 de la litt\u00e9rature \u00e0 la musique\u00a0\u00bb, mais moi, je ne suis pass\u00e9 nulle part. J\u2019ai juste continu\u00e9 \u00e0 parler, autrement. Au d\u00e9part, il y a eu <em>Dullah, la grosse \u00e9nigme<\/em> (2015). Ce livre-l\u00e0, il m\u2019a expos\u00e9. Distingu\u00e9 \u00e0 l\u2019UNESCO, oui, mais au-del\u00e0 du prix, c\u2019\u00e9tait surtout une mani\u00e8re de dire : voil\u00e0 d\u2019o\u00f9 je parle. Entre deux rives. Entre Afrique et Europe. Mais avec une ambition simple, parler \u00e0 tout le monde. Pas \u00e0 un public cibl\u00e9. \u00c0 l\u2019humain. Ensuite, <em>D\u00e9sol\u00e9 madame, j\u2019\u00e9pouse mon portable<\/em> (2017), avec la pr\u00e9face de Jocelyne Sauvard. Puis <em>Les Dames du Castellet<\/em> (2021). \u00c0 chaque fois, je ne changeais pas de voie, j\u2019affinais la voix. (Et je dis bien les deux.) C\u2019est comme un instrument : tu ne changes pas d\u2019instrument tous les jours. Tu apprends juste \u00e0 mieux en jouer. Et pendant que certains pensaient que je bifurquais, moi j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 ailleurs. La musique, sous le nom de Myster Ezin, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un d\u00e9tour. C\u2019\u00e9tait la m\u00eame chose. Le m\u00eame souffle. Le m\u00eame regard. EspoirS (2023), c\u2019est \u00e7a : une \u00e9criture qui peut descendre du livre pour monter sur sc\u00e8ne, sans perdre son \u00e2me en route. Parce qu\u2019au fond, qu\u2019est-ce que je fais ? J\u2019\u00e9cris. Que ce soit sur une page, dans un micro, ou devant un public. Et derri\u00e8re tout \u00e7a, il y a le travail universitaire, \u00e7a nourrit tout. Ce n\u2019est pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9. C\u2019est dedans. C\u2019est le carburant invisible. Donc non, le bilan n\u2019est pas \u00e0 mi-chemin. Mi-chemin, \u00e7a veut dire qu\u2019on va quelque part et qu\u2019on s\u2019arr\u00eate pour regarder derri\u00e8re. Moi, je suis encore en train d\u2019avancer. Et plus j\u2019avance, plus \u00e7a s\u2019ouvre.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Pourquoi le retour \u00e0 la plume quand la sc\u00e8ne a sembl\u00e9 devenir le nouvel ar\u00e9opage de Ezin Pierre Dognon\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> (Il y a une id\u00e9e qui circule et je tiens \u00e0 la corriger.) On parle de \u00ab\u00a0retour \u00e0 la plume\u00a0\u00bb. Mais retour d\u2018o\u00f9 ? Je ne suis jamais parti. La plume, c\u2019est le point de d\u00e9part. C\u2019est ma cuisine intime. La sc\u00e8ne, c\u2019est le service. M\u00eame quand je suis sur sc\u00e8ne, m\u00eame quand je prends le micro, ce que vous entendez, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit quelque part. \u00c0 un moment donn\u00e9. Dans le silence. Souvent loin des regards. Moi, je suis parolier avant tout. Donc croire que la sc\u00e8ne remplace l\u2019\u00e9criture, c\u2019est comme croire que le bon plat d\u2019<em>Amiwo<\/em> (p\u00e2te rouge de chez moi) remplace la recette. La sc\u00e8ne, elle fait autre chose : elle met le texte \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Elle ne pardonne pas. Si le mot est faux, le public le sent tout de suite. Il ne va pas chercher dans un dictionnaire, lui. Il d\u00e9croche. Il s\u2019en va. Et \u00e7a, c\u2019est une \u00e9cole. Quand tu \u00e9cris pour \u00eatre lu, tu peux tricher un peu. Quand tu \u00e9cris pour \u00eatre dit, l\u00e0, tu es nu. Lisez L\u00e9o Ferr\u00e9, \u00e9coutez Jacques Brel. Chez chacun d\u2019eux, ce n\u2019est pas la voix qui vient en premier. C\u2019est le texte. Toujours. La voix, c\u2019est juste le v\u00e9hicule. Le texte, c\u2019est le moteur. Donc non, il n\u2019y a pas de retour. Il y a juste une chose tr\u00e8s simple : je n\u2019ai jamais l\u00e2ch\u00e9 le stylo. M\u00eame quand vous me voyez sur sc\u00e8ne, je suis encore en train d\u2019\u00e9crire.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>D\u2019un livre \u00e0 un autre, avez-vous l\u2019impression que l\u2019auteur porte la hantise de se r\u00e9p\u00e9ter\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> (Sourire.) La peur de se r\u00e9p\u00e9ter, elle existe, oui. Mais il faut dire les choses clairement : elle existe surtout chez ceux qui \u00e9crivent sans bouger. Parce qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, la r\u00e9p\u00e9tition, ce n\u2019est pas un accident, c\u2019est un pi\u00e8ge. Et beaucoup tombent dedans sans m\u00eame s\u2019en rendre compte. Regardez Marcel Proust. On a l\u2019impression qu\u2019il raconte toujours la m\u00eame chose, le m\u00eame souvenir, la m\u00eame sensation, et pourtant, ce n\u2019est jamais pareil. Pourquoi ? Parce qu\u2019il d\u00e9place. Il creuse. Il transforme. Il ne r\u00e9cite pas. Moi, je pars d\u2019une id\u00e9e simple : les th\u00e8mes, on ne les invente pas. L\u2019amour, la trahison, la libert\u00e9, \u00e7a, c\u2019est le patrimoine de tout le monde. M\u00eame la femme de m\u00e9nage, m\u00eame le chauffeur du patron connaissent \u00e7a mieux que certains \u00e9crivains (il faut le dire !). Donc la question, ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0qu\u2019est-ce que tu racontes ?\u00a0\u00bb La vraie question, c\u2019est : \u00ab\u00a0comment tu le racontes ?\u00a0\u00bb. Et l\u00e0, il faut \u00eatre honn\u00eate, beaucoup trichent. On change deux pr\u00e9noms, trois lieux, et on recommence le m\u00eame livre. Moi, je fais attention \u00e0 autre chose : je d\u00e9place la forme. Je casse les habitudes. Je d\u00e9range m\u00eame un peu le lecteur (sans le perdre, attention\u00a0! il faut qu\u2019il reste avec moi). Avec <em>Paris attendra<\/em>, par exemple (et l\u00e0, on ne peut pas faire semblant), j\u2019introduis le concept du Narrative Placement\u2122. Trois pages qui disparaissent au c\u0153ur m\u00eame du r\u00e9cit et qui sont remplac\u00e9es par de la publicit\u00e9. Disparaissent. \u00c7a veut dire quoi concr\u00e8tement ? \u00c7a veut dire que le livre lui-m\u00eame devient instable. Tu ne peux plus t\u2019asseoir dessus comme sur un fauteuil confortable. Et l\u00e0, soyons s\u00e9rieux trois minutes : comment veux-tu te r\u00e9p\u00e9ter, quand tu changes la nature m\u00eame du livre ? Ce n\u2019est plus juste une histoire. C\u2019est un terrain de jeu qui bouge sous les pieds du lecteur. Donc non, je ne suis pas hant\u00e9 par la r\u00e9p\u00e9tition. Je suis hant\u00e9 par autre chose : Ne pas endormir celui qui me lit. Parce qu\u2019un livre qui se r\u00e9p\u00e8te c\u2019est un livre qu\u2019on repose. Et un livre qu\u2019on repose c\u2019est un livre qui meurt.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Un nom au fronton de ce livre\u00a0: Olympe B-Quenum. Comment la rencontre a-t-elle eu lieu et que vaut-elle pour vous\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Je vais vous raconter \u00e7a simplement parce que ce genre de moment, \u00e7a ne s\u2019invente pas. On est le 23 novembre 2017. Je suis dans mon studio. Seul. Je viens de me faire des p\u00e2tes \u00e0 la bolognaise, mais attention, pas vite fait, bien faites comme quand on est seul et qu\u2019on prend le temps (sourire). Il doit \u00eatre autour de 21h. Le t\u00e9l\u00e9phone sonne. Num\u00e9ro inconnu. D\u00e9j\u00e0, \u00e7a peut \u00eatre tout et n\u2019importe quoi. Tu d\u00e9croches sans savoir si c\u2019est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Je dis \u00ab\u00a0All\u00f4\u00a0\u00bb. Une voix f\u00e9minine me dit : \u00ab\u00a0Olympe, le jeune a d\u00e9croch\u00e9.\u00a0\u00bb L\u00e0, d\u00e9j\u00e0 tu te redresses. Tu sens que quelque chose ne va pas \u00eatre ordinaire. Et puis une autre voix arrive. Calme. Pos\u00e9e. Habit\u00e9e. Olympe Bh\u00ealy-Quenum. (Il faut imaginer la sc\u00e8ne parce que ce n\u2019est pas tous les jours qu\u2019un grand homme comme ce monsieur vous appelle chez vous pendant que vous \u00eates devant vos p\u00e2tes.) Il m\u2019appelle pourquoi ? \u00c0 cause d\u2019une interview publi\u00e9e la veille sur <em><a href=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/interview-ezin-pierre-dognon\/\">Biscottes Litt\u00e9raires<\/a><\/em>.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 votre blog. On m\u2019avait pos\u00e9 une question simple : \u00ab\u00a0<em>Quel auteur a marqu\u00e9 la litt\u00e9rature b\u00e9ninoise pendant la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire ?\u00a0\u00bb<\/em> J\u2019ai r\u00e9pondu. Sans calcul. Sans strat\u00e9gie. Et lui, il lit \u00e7a. Et il appelle. \u00c7a veut dire quoi concr\u00e8tement ? \u00c7a veut dire qu\u2019\u00e0 un moment donn\u00e9, ce que tu dis traverse le bruit. \u00c7a arrive quelque part. Chez quelqu\u2019un. Et pas n\u2019importe qui. \u00c0 partir de l\u00e0, tout s\u2019encha\u00eene. Une invitation chez lui. Je d\u00e9couvre sa maison. Je rencontre Maryvonne, sa femme. Et surtout j\u2019entre dans un autre rapport. Pas un rapport mondain. Pas un rapport de \u00ab\u00a0r\u00e9seau\u00a0\u00bb. Non. Quelque chose de plus exigeant. Plus rare. Une fid\u00e9lit\u00e9. Et \u00e7a, aujourd\u2019hui, \u00e7a vaut de l\u2019or. Parce qu\u2019on est dans un monde o\u00f9 tout le monde se parle mais peu de gens se rencontrent vraiment. Alors qu\u2019est-ce que \u00e7a vaut pour moi ? (Honn\u00eatement, aucun mot ne suffit.) Mais s\u2019il faut en choisir un je dirais : la connaissance. Pas la connaissance scolaire. Pas celle qu\u2019on met dans un CV. La connaissance au sens fort. Celle dont parle Michel de Montaigne quand il \u00e9voque l\u2019amiti\u00e9. Quelque chose qui t\u2019oblige \u00e0 \u00eatre vrai. \u00c0 te tenir droit. \u00c0 ne pas tricher. Et \u00e7a\u2026 \u00e7a marque une vie. Pas une carri\u00e8re. Une vie.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Deux g\u00e9n\u00e9rations, une m\u00eame passion. Mais deux trajectoires diff\u00e9rentes. Deux graines du m\u00eame terroir d\u00e9pos\u00e9es par le vent sur d\u2019autres terres mais que relie le m\u00eame cordon ombilical\u00a0: Ezin P. Dognon et Olympe Bh\u00ealy-Quenum\u2026<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Il ne s\u2019agit pas d\u2019une filiation au sens classique (il faut arr\u00eater avec \u00e7a, hein), ce n\u2019est pas le p\u00e8re, le fils, le petit-fils de la litt\u00e9rature. Non. C\u2019est autre chose. C\u2019est une continuit\u00e9 de regard. On vient du m\u00eame sol, le B\u00e9nin &#8211; \u00e7a, c\u2019est la racine, c\u2019est la terre, c\u2019est ce qui ne ment pas. Mais apr\u00e8s le vent fait son travail. Il d\u00e9place les graines. Il les envoie ailleurs. Et l\u00e0, les trajectoires changent. Lui, Olympe Bh\u00ealy-Quenum, \u00e9crit dans un temps o\u00f9 il fallait affirmer, construire, presque se battre pour exister- le temps des ind\u00e9pendances. Moi, j\u2019\u00e9cris dans un autre monde. Un monde o\u00f9 tout bouge. O\u00f9 tout circule. Les gens, les mots, les identit\u00e9s (et parfois, \u00e7a tourne m\u00eame trop vite pour certains). Moi, j\u2019appelle \u00e7a le monde des circulations. D\u2019autres disent \u00ab\u00a0le contemporain\u00a0\u00bb, bon, chacun met son \u00e9tiquette. Mais pour dire vrai : ce n\u2019est pas le m\u00eame terrain de jeu. Et pourtant il y a un lien. Mais attention, pas un lien de mus\u00e9e. Pas un lien o\u00f9 on regarde le pass\u00e9 comme une vieille photo accroch\u00e9e au mur. Non. Un lien vivant. Un lien qui respire. Un lien qui te met au travail. Parce que le vrai point commun, il est ailleurs. Il est dans la langue. Dans la mani\u00e8re de la prendre. De la malaxer. De la faire parler autrement. Parce que si tu te contentes de parler le fran\u00e7ais comme on t\u2019a appris \u00e0 l\u2019\u00e9cole tu n\u2019apportes rien. Tu r\u00e9p\u00e8tes. Et moi, \u00e7a ne m\u2019int\u00e9resse pas de r\u00e9p\u00e9ter. Ce qui nous relie, c\u2019est \u00e7a : habiter la langue. Pas la subir. Pas la r\u00e9citer. L\u2019habiter. Comme Aim\u00e9 C\u00e9saire, comme L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor. Ils ont pris la langue et ils l\u2019ont retourn\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur. Ils l\u2019ont rendue vivante. Ils l\u2019ont forc\u00e9e \u00e0 dire autre chose. Et \u00e7a, ce n\u2019est pas un d\u00e9tail. C\u2019est un combat. Donc oui, deux g\u00e9n\u00e9rations. Oui, deux trajectoires. Mais au fond la m\u00eame exigence. Ne pas \u00eatre juste dans la langue. L\u2019obliger \u00e0 te ressembler.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:image {\"id\":12927,\"sizeSlug\":\"large\",\"linkDestination\":\"none\"} --><\/p>\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"717\" height=\"1024\" class=\"wp-image-12927\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1-717x1024.jpg\" alt=\"Interview Ezin P. Dognon \u2013 Autour de Paris attendra\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1-717x1024.jpg 717w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1-210x300.jpg 210w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1-768x1096.jpg 768w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1-1076x1536.jpg 1076w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1-1435x2048.jpg 1435w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1.jpg 1654w\" sizes=\"(max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<figcaption>Interview Ezin P. Dognon \u2013 Autour de Paris attendra<\/figcaption>\n<\/figure>\n<p><!-- \/wp:image --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>D\u2019autres voix r\u00e9sonnent pour encadrer les mots de l\u2019auteur\u00a0: pr\u00e9face, avis de lecteur, postface. Un choix esth\u00e9tique\u00a0? Un d\u00e9sir de reconnaissance ou de visibilit\u00e9 quand on sait que Ezin Dognon s\u2019est d\u00e9j\u00e0 trac\u00e9 son propre chemin et qu\u2019il s\u2019est aussi fait un nom\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Je vais \u00eatre tr\u00e8s franc et direct parce que cette remarque, elle revient souvent et elle dit beaucoup de notre \u00e9poque. On me parle de pr\u00e9face, de postface, d\u2019avis de lecteur comme si c\u2019\u00e9tait suspect. Comme si, \u00e0 un moment donn\u00e9, il fallait choisir entre exister seul ou exister avec les autres. Moi, je ne fonctionne pas comme \u00e7a. Je vais prendre un exemple simple. Tr\u00e8s simple. Coca-Cola. Est-ce que Coca-Cola a encore besoin de publicit\u00e9 en 2026 ? Qu\u2019en sera-t-il dans le prochain si\u00e8cle\u00a0? Soyons s\u00e9rieux. Tout le monde conna\u00eet Coca-Cola. Et pourtant ils sont partout. \u00c9crans. Stades. \u00c9v\u00e9nements. Imaginaires. Pourquoi ? Parce qu\u2019ils savent une chose que beaucoup d\u2019artistes refusent de comprendre : la visibilit\u00e9, \u00e7a ne s\u2019acquiert pas une fois pour toutes. \u00c7a s\u2019entretient. Sinon tu disparais. Lentement. Silencieusement. Et apr\u00e8s, on dira que \u00ab\u00a0le talent n\u2019a pas suffi\u00a0\u00bb. Non. C\u2019est la visibilit\u00e9 qui a l\u00e2ch\u00e9. Mais au-del\u00e0 de \u00e7a il y a autre chose. La reconnaissance. Et l\u00e0, je dois l\u2019admettre : je ne sais pas m\u2019arroger seul la lumi\u00e8re. \u00c7a ne m\u2019int\u00e9resse pas. Chez moi, tout est strat\u00e9gie, oui mais tout est aussi fid\u00e9lit\u00e9. <em>Paris attendra<\/em> sort en 2026. Pourquoi pas en 2023, alors que le manuscrit \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 ? Parce que 2026, c\u2019est le centenaire de Olympe Bh\u00ealy-Quenum. Point. Il y a des choix qui d\u00e9passent la simple logique de calendrier. \u00c7a s\u2019appelle le respect. \u00c7a s\u2019appelle la m\u00e9moire. \u00c7a s\u2019appelle savoir d\u2019o\u00f9 tu parles. Maintenant, soyons clairs. La marque Myster Ezin existe. La marque Ezin Pierre Dognon aussi. Tr\u00e8s bien. Mais exister, \u00e7a ne suffit pas. Il faut rester dans la t\u00eate des gens. Et \u00e7a, ce n\u2019est pas un hasard. Moi, j\u2019ai un BTS en communication d\u2019entreprise. Donc je ne joue pas au hasard. J\u2019applique des principes simples. Presque basiques. Faire conna\u00eetre. Faire aimer. Faire agir. Trois \u00e9tapes. Si tu rates une \u00e9tape ton projet tombe. Et si certains trouvent la communication \u00ab\u00a0agressive\u00a0\u00bb (Sourire.) C\u2019est souvent qu\u2019elle fonctionne. Parce qu\u2019une communication qui ne d\u00e9range personne, c\u2019est une communication que personne ne voit. Et puis, il faut dire les choses comme elles sont. Ce fameux : \u00ab\u00a0Lui encore, Ezin Pierre Dognon ?\u00a0\u00bb, \u00e7a, ce n\u2019est pas une analyse critique. C\u2019est de la jalousie ordinaire. Celle qu\u2019on conna\u00eet tous. Celle qui fait qu\u2019on a du mal \u00e0 applaudir quelqu\u2019un qui nous ressemble. Un ami. Un fr\u00e8re. Une s\u0153ur. Un cousin. Un neveu. Une ni\u00e8ce. On regarde. On juge. On soup\u00e7onne. Alors que, dans le m\u00eame temps, on applaudit sans r\u00e9fl\u00e9chir Beyonce, Drake, Taylor Swift. Des gens qui ne nous connaissent pas. Qui n\u2019ont aucun lien avec nous. Qui ignorent m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 notre existence. Donc \u00e0 un moment donn\u00e9, il faut choisir. Soit on reste dans cette logique-l\u00e0, soit on comprend que rendre visible, ce n\u2019est pas se vanter. C\u2019est exister. Et aujourd\u2019hui, si tu n\u2019es pas visible, tu es d\u00e9j\u00e0 en train de dispara\u00eetre.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Concr\u00e8tement, qu\u2019est-ce que ces voix \u00e9trang\u00e8res (les 3 pr\u00e9faces) apportent au projet de Paris attendra ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Alors concr\u00e8tement, qu\u2019est-ce que \u00e7a apporte, ces voix autour de <em>Paris attendra<\/em> ? Parce que oui, vu de loin, on peut croire que c\u2019est du d\u00e9cor, une sorte d\u2019habillage un peu prestigieux pour faire joli sur la couverture, mais il faut dire les choses comme elles sont : ce n\u2019est pas du d\u00e9cor, c\u2019est une architecture. Un livre, ce n\u2019est pas juste une histoire qu\u2019on lance dans la nature en esp\u00e9rant que quelqu\u2019un la comprenne comme il peut. Non. Un livre, \u00e7a se pr\u00e9pare, \u00e7a se cadre, \u00e7a se positionne. Regardez Victor Hugo : chez lui, la pr\u00e9face, ce n\u2019est jamais un gadget, c\u2019est un lieu strat\u00e9gique, presque un seuil o\u00f9 l\u2019auteur vient dire au lecteur \u00ab\u00a0voil\u00e0 d\u2019o\u00f9 je parle, voil\u00e0 comment tu dois entrer\u00a0\u00bb. Moi, je m\u2019inscris dans cette logique-l\u00e0, mais avec les outils d\u2019aujourd\u2019hui. Avec <em>Paris attendra<\/em>, ces voix-l\u00e0 ne sont pas l\u00e0 pour faire nombre, elles construisent un cadre de lecture, elles \u00e9vitent au lecteur d\u2019entrer \u00e0 l\u2019aveugle. D\u2019abord, il y a le centenaire, le doyen Olympe Bh\u00ealy-Quenum et l\u00e0, il faut mesurer ce que \u00e7a repr\u00e9sente : sa pr\u00e9face inscrit le livre dans une m\u00e9moire, pas une m\u00e9moire abstraite, non, une m\u00e9moire incarn\u00e9e, une m\u00e9moire qui dit au lecteur que ce texte a une histoire, une profondeur, une filiation. Ensuite, il y a le Professeur, l\u2019ethnomusicologue Bienvenu Koudjo, et l\u00e0 on change compl\u00e8tement de registre : on passe \u00e0 la lecture critique, \u00e0 celui qui prend du recul, qui observe, qui met en perspective, presque celui qui dit au lecteur \u201cattention, ne consomme pas ce texte trop vite, regarde ce qui est en train de se jouer\u00a0\u00bb. Et puis il y a l\u2019artiste compositrice et interpr\u00e8te Tita Nzebi et l\u00e0 encore, d\u00e9placement : on pense sortir du cadre strictement intellectuel, &#8211; erreur\u00a0! On entre dans le sensible, dans ce que le texte provoque, dans ce que le lecteur ressent au-del\u00e0 de ce qu\u2019il comprend. Donc au fond, qu\u2019est-ce que \u00e7a cr\u00e9e ? Une triangulation. Dit comme \u00e7a, \u00e7a peut para\u00eetre th\u00e9orique mais l\u2019image est tr\u00e8s simple : c\u2019est comme un feu \u00e0 trois pierres. Vous en enlevez une, tout s\u2019effondre. Ici, c\u2019est pareil : m\u00e9moire, analyse, sensation. Et au centre, il y a le lecteur. Un lecteur qu\u2019on n\u2019abandonne pas, qu\u2019on accompagne sans jamais l\u2019enfermer. Parce qu\u2019aujourd\u2019hui, le vrai risque, ce n\u2019est pas que le lecteur ne comprenne pas, c\u2019est qu\u2019il passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Et moi, \u00e7a, je refuse.<\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> \u00ab\u00a0<strong>Paris attendra\u00a0\u00bb. Un titre \u00e9tonnant. Paris \u00e0 la fois comme une ville et une personne. Que vaut \u00ab\u00a0l\u2019art d\u2019attendre\u00a0\u00bb pour un auteur qui est toujours en mouvement dans un monde qui ne sait prendre le temps de s\u2019arr\u00eater\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> \u00ab Paris n\u2019attendra \u00bb, d\u00e9j\u00e0, rien que le titre, il d\u00e9range un peu. Il intrigue. Il fait h\u00e9siter. On se dit : Paris, la ville ? Paris, une personne ? Et pourquoi \u00ab\u00a0attendra\u00a0\u00bb ? Dans un monde o\u00f9 tout va vite, o\u00f9 tout doit \u00eatre imm\u00e9diat, pourquoi parler d\u2019attente ? Justement. C\u2019est l\u00e0 que \u00e7a devient int\u00e9ressant. Parce qu\u2019aujourd\u2019hui, attendre, ce n\u2019est plus neutre. Ce n\u2019est plus un vide. C\u2019est presque un acte de r\u00e9sistance. Je vous cite Samuel Beckett. Quand il met des personnages \u00e0 attendre, il ne les met pas dans le n\u00e9ant. Il les met face au temps. Et le temps, ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on subit seulement, c\u2019est quelque chose qu\u2019on organise, qu\u2019on structure, qu\u2019on habite. Moi, dans <em>Paris attendra<\/em>, j\u2019assume compl\u00e8tement \u00e7a : attendre, ce n\u2019est pas perdre du temps. C\u2019est reprendre le contr\u00f4le du temps. Parce qu\u2019il faut dire la v\u00e9rit\u00e9, et l\u00e0, je parle simplement, le monde aujourd\u2019hui ne sait plus attendre. Tout est urgence. Tout est acc\u00e9l\u00e9ration. On publie vite, on consomme vite, on oublie encore plus vite. M\u00eame les \u00e9motions, elles sont devenues jetables. On ressent, on passe \u00e0 autre chose. Donc \u00e0 un moment donn\u00e9, il faut poser un geste. Et pour moi, ce geste-l\u00e0, c\u2019est l\u2019attente. Une attente active. Une attente qui pense. Une attente qui construit. Une attente qui dit : \u00ab\u00a0Je ne vais pas courir avec vous. Je vais vous obliger \u00e0 ralentir.\u00a0\u00bb Et \u00e7a, ce n\u2019est pas confortable. Parce que le lecteur, il est habitu\u00e9 \u00e0 \u00eatre emport\u00e9, distrait, diverti. L\u00e0, je lui propose autre chose : s\u2019arr\u00eater. \u00c9couter. Ressentir. Et surtout, entendre ce qu\u2019il y a entre les mots. Parce que l\u2019attente, au fond, ce n\u2019est pas seulement du temps qui passe, c\u2019est du silence qui prend du poids. Et dans ce silence-l\u00e0, il se passe souvent plus de choses que dans le bruit.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Paris attendra, <a href=\"https:\/\/sparticulture.com\/2026\/05\/08\/litterature-paris-attendra-dezin-pierre-dognon-desormais-disponible-un-roman-entre-injustice-exil-et-espoir\/\">Ezin P. Dognon<\/a>, c\u2019est principalement l\u2019axe Paris-Abidjan avec des \u00e9vocations rapides d\u2019autres villes. Dans la politique culturelle coloniale et postcoloniale de l\u2019Afrique francophone, cet axe n\u2019est pas du tout anodin. Un message subliminal pour d\u00e9montrer que le cordon ombilical colonial n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0coup\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Il faut faire attention avec ce genre de lecture. Parce que tr\u00e8s vite, on veut voir du \u00ab\u00a0subliminal\u00a0\u00bb partout, comme si l\u2019\u00e9crivain avan\u00e7ait masqu\u00e9, alors que parfois, il montre simplement ce qui est l\u00e0, sous nos yeux. L\u2019axe Paris\u2013Abidjan, ce n\u2019est pas une invention litt\u00e9raire. Ce n\u2019est pas un code secret. C\u2019est une r\u00e9alit\u00e9. Une r\u00e9alit\u00e9 historique, culturelle, humaine, qui existe depuis longtemps et qui continue de produire des effets aujourd\u2019hui. Donc moi, je ne \u00ab\u00a0d\u00e9montre\u00a0\u00bb pas que le cordon ombilical colonial n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 coup\u00e9. Je prends cette r\u00e9alit\u00e9-l\u00e0, et je la transforme en mati\u00e8re litt\u00e9raire. C\u2019est diff\u00e9rent. Parce que si on est honn\u00eate, cet axe, il est vivant. Il bouge. Il respire. Il ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9 en 1960 avec les ind\u00e9pendances. Il s\u2019est transform\u00e9. Il s\u2019est d\u00e9plac\u00e9. Il s\u2019est compliqu\u00e9. Et c\u2019est l\u00e0 que \u00e7a devient int\u00e9ressant. C\u2019est comme ce que disait Achille Mbembe : on est dans des espaces de recomposition permanente. Rien n\u2019est fig\u00e9. Rien n\u2019est stable. Et \u00e7a, c\u2019est fondamental. Donc dans <em>Paris attendra<\/em>, je ne suis pas en train de faire un discours politique fig\u00e9, un truc scolaire qui dirait \u00ab\u00a0voil\u00e0 la situation, point final\u00a0\u00bb. Non. Le roman, lui, travaille la tension. Il montre les circulations. Les allers-retours. Les contradictions aussi. Parce que oui, il y a du lien. Oui, il y a de l\u2019histoire. Mais il y a aussi du mouvement, de l\u2019invention, de la r\u00e9appropriation. Et l\u00e0, il faut dire quelque chose que beaucoup \u00e9vitent : le danger, ce n\u2019est pas l\u2019existence de cet axe. C\u2019est la mani\u00e8re dont on le regarde. Soit on le fige dans une lecture nostalgique ou accusatrice\u2026 soit on accepte qu\u2019il soit un terrain de jeu, un espace de friction, un lieu o\u00f9 se fabrique du nouveau. Moi, j\u2019ai choisi la deuxi\u00e8me option. Parce que l\u2019\u00e9crivain, il n\u2019est pas l\u00e0 pour couper les cordons \u00e0 coups de slogans. Il est l\u00e0 pour montrer comment les fils s\u2019entrem\u00ealent, comment ils se tendent, comment parfois ils se d\u00e9chirent, et comment, malgr\u00e9 tout, quelque chose continue de circuler. Et \u00e7a, ce n\u2019est pas subliminal. C\u2019est vivant.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Dans \u00ab\u00a0Paris attendra\u00a0\u00bb, on est frapp\u00e9 par Maccabi, que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019ange de la mort. Son accusation fait prendre au manuscrit une allure non plus vraiment de fiction, mais d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 dont l\u2019auteur rend compte. En plus, l\u2019auteur est \u00e9crivain et slameur comme le narrateur accus\u00e9 et transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la maison d\u2019arr\u00eat d\u2019Abidjan. Le narrateur serait-il l\u2019auteur\u00a0? Serions-nous face \u00e0 une autobiographie d\u00e9guis\u00e9e\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> \u00c7a, c\u2019est la question que tout le monde se pose, mais que peu osent formuler comme \u00e7a. \u00ab\u00a0Est-ce que c\u2019est lui ? Est-ce qu\u2019il raconte sa vie ? Est-ce que Maccabi, ce n\u2019est pas un bout de r\u00e9el qui a d\u00e9bord\u00e9 ?\u00a0\u00bb Bon, on va arr\u00eater de tourner autour. D\u00e9j\u00e0, il faut dire une chose simple, et l\u00e0, je parle \u00e0 tout le monde, pas seulement aux \u00ab\u00a0grands lecteurs\u00a0\u00bb : d\u00e8s qu\u2019un texte sonne juste, d\u00e8s qu\u2019il fait un peu mal, d\u00e8s qu\u2019il ressemble trop \u00e0 la vie, on dit \u00ab\u00a0c\u2019est vrai\u00a0\u00bb. On ne dit plus \u00ab\u00a0c\u2019est \u00e9crit\u00a0\u00bb, on dit \u00ab\u00a0\u00e7a s\u2019est pass\u00e9\u00a0\u00bb. Pourquoi ? Parce qu\u2019on reconna\u00eet quelque chose. Et \u00e7a, ce n\u2019est pas un hasard. Je vais illustrer mes propos en citant Gustave Flaubert, et l\u00e0, ce n\u2019est pas une citation pour faire joli, quand il dit \u00ab\u00a0Madame Bovary, c\u2019est moi\u00a0\u00bb, il ne dit pas qu\u2019il est une femme, qu\u2019il a v\u00e9cu exactement sa vie, non. Il dit autre chose : il dit que l\u2019\u00e9crivain met de lui partout. Partout. M\u00eame l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attend pas. Donc moi, je vais \u00eatre tr\u00e8s clair : le narrateur, De Meideros partage des \u00e9l\u00e9ments avec moi. \u00c9videmment. Je suis \u00e9crivain, je suis slameur\u2026 je connais les espaces, les tensions, les faits, je sais ce que c\u2019est qu\u2019\u00eatre regard\u00e9, jug\u00e9, d\u00e9plac\u00e9. Donc oui, il y a du moi. Mais dire que \u00ab\u00a0c\u2019est moi\u00a0\u00bb, ce serait trop simple. Trop rapide. Et surtout faux. Parce que la fiction, ce n\u2019est pas un miroir plat. Ce n\u2019est pas une cam\u00e9ra cach\u00e9e. Ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0je raconte ma vie et je change les pr\u00e9noms\u00a0\u00bb. \u00c7a, c\u2019est ce que font beaucoup et c\u2019est pour \u00e7a que beaucoup de livres se ressemblent (il faut le dire aussi). Moi, je fais autre chose. Je prends du r\u00e9el. Je le d\u00e9place. Je le tords. Je le pousse un peu plus loin que l\u00e0 o\u00f9 il \u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il devienne autre chose. Et l\u00e0, on entre dans la fiction. Maccabi, par exemple (et l\u00e0, on touche quelque chose de sensible) ce personnage, il d\u00e9range. Parce qu\u2019il a cette pr\u00e9sence, presque froide, presque in\u00e9vitable, comme quelqu\u2019un qu\u2019on ne peut pas contourner. Certains comme vous vont dire \u00ab\u00a0ange de la mort\u00a0\u00bb d\u2019autres vont dire \u00ab\u00a0figure symbolique\u00a0\u00bb mais en r\u00e9alit\u00e9, il fait une chose tr\u00e8s simple : il oblige \u00e0 regarder. Et \u00e7a, c\u2019est insupportable pour beaucoup. Parce que regarder, vraiment regarder, \u00e7a veut dire accepter que la fronti\u00e8re entre fiction et r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas aussi nette qu\u2019on le croit. Et c\u2019est l\u00e0 que le trouble commence. Le lecteur se dit : \u00ab\u00a0Mais attends si \u00e7a ressemble autant au r\u00e9el, alors o\u00f9 est la limite ?\u00a0\u00bb. Et moi, je veux exactement cet endroit-l\u00e0. Pas pour pi\u00e9ger. Pas pour tromper. Mais pour faire comprendre une chose tr\u00e8s simple, et l\u00e0, je reviens \u00e0 quelque chose de presque populaire : la vie n\u2019est pas une histoire bien rang\u00e9e. Elle d\u00e9borde. Elle m\u00e9lange. Elle brouille les pistes. Donc non, ce n\u2019est pas une autobiographie d\u00e9guis\u00e9e. Mais ce n\u2019est pas non plus une fiction hors-sol. C\u2019est un espace entre les deux. Un espace o\u00f9 le r\u00e9el passe par le feu de l\u2019\u00e9criture, et ressort transform\u00e9. Et l\u00e0, il faut \u00eatre honn\u00eate jusqu\u2019au bout : un \u00e9crivain qui ne met rien de lui dans ce qu\u2019il \u00e9crit, il n\u2019\u00e9crit pas. Il fabrique. Et moi, je ne fabrique pas.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Yolande et son mari dans le livre ne semblent pas tr\u00e8s diff\u00e9rents de Maccabi, dans leur volont\u00e9 froide et presque d\u00e9sinvolte de d\u00e9truire de Medeiros. Comment vit-on la trahison des proches\u00a0? Est-ce qu\u2019on s\u2019en remet vraiment\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> La trahison des proches, \u00e7a, on ne va pas en parler comme d\u2019un concept. Parce que d\u00e8s que tu mets des mots trop propres dessus, tu mens d\u00e9j\u00e0 un peu. La trahison, surtout quand elle vient de ceux qui te connaissent, elle ne se \u00ab\u00a0vit\u00a0\u00bb pas tranquillement. Elle traverse. Elle coupe. Elle d\u00e9place quelque chose en toi. Et il faut \u00eatre honn\u00eate, vraiment honn\u00eate, ce n\u2019est pas la m\u00eame chose quand \u00e7a vient d\u2019un inconnu. Un inconnu peut te blesser, mais il ne te conna\u00eet pas assez pour t\u2019atteindre en profondeur. Un proche, lui, il sait o\u00f9 frapper. Il conna\u00eet les angles morts. Il conna\u00eet les silences. Il conna\u00eet m\u00eame ce que toi, tu n\u2019oses pas regarder. Donc dans <em>Paris attendra<\/em>, quand Yolande et son mari agissent comme \u00e7a, avec cette froideur presque normale, presque quotidienne, ce n\u2019est pas exag\u00e9r\u00e9. C\u2019est m\u00eame \u00e7a qui fait peur. Ce n\u2019est pas le geste spectaculaire. C\u2019est le geste banal. Le geste pos\u00e9, presque tranquille, comme si d\u00e9truire quelqu\u2019un faisait partie des choses possibles. Et l\u00e0, il faut dire quelque chose que beaucoup \u00e9vitent : la trahison, ce n\u2019est pas un accident. C\u2019est un passage. Lisez <em>Le Comte de Monte-Cristo<\/em>. Regardez <em>la trag\u00e9die antique<\/em>. Ce n\u2019est jamais \u00ab\u00a0juste\u00a0\u00bb une trahison. C\u2019est un point de bascule. Un moment o\u00f9 tout change. O\u00f9 le personnage n\u2019est plus le m\u00eame apr\u00e8s. Et \u00e7a, \u00e7a nous concerne tous. Parce que la vraie question, ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0est-ce qu\u2019on s\u2019en remet ?\u00a0\u00bb. La vraie question, c\u2019est : \u00ab\u00a0qu\u2019est-ce que \u00e7a fait de nous ?\u00a0\u00bb. Et l\u00e0, je vais \u00eatre direct : on ne s\u2019en remet jamais compl\u00e8tement. Il reste toujours quelque chose. Une vigilance. Une distance. Parfois m\u00eame un silence qui s\u2019installe l\u00e0 o\u00f9 il y avait de la confiance. Mais, (et c\u2019est l\u00e0 que \u00e7a devient int\u00e9ressant) on peut en faire une force. Pas une force na\u00efve, pas un truc de d\u00e9veloppement personnel qu\u2019on r\u00e9cite, non. Une force lucide. Une force qui te fait comprendre que tout le monde n\u2019a pas acc\u00e8s \u00e0 toi. Que la proximit\u00e9, \u00e7a se m\u00e9rite. Que la confiance, ce n\u2019est pas un acquis, c\u2019est une construction. Et surtout, (il faut le dire aussi), \u00e7a t\u2019oblige \u00e0 te red\u00e9finir. Parce qu\u2019apr\u00e8s la trahison, tu ne regardes plus le monde de la m\u00eame mani\u00e8re. Tu vois mieux. Parfois trop. Mais entre voir trop, et ne rien voir du tout, moi, j\u2019ai choisi. Et au fond, c\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a le vrai passage : passer de l\u2019innocence, \u00e0 la conscience.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Le lecteur d\u00e9couvre les rouages de l\u2019univers du showbiz, \u00e0 travers les portraits psychologiques de Romario et Loupeda, respectivement et agent photographe de De Meideros. A quoi \u00e7a sert alors d\u2019avoir un agent s\u2019il ne satisfait pas aux exigences juridiques requises pour la protection de son prot\u00e9g\u00e9 ou client\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Alors l\u00e0, on entre dans quelque chose de tr\u00e8s concret, presque brut. Parce que la question, elle est simple en apparence. \u00c0 quoi \u00e7a sert d\u2019avoir un agent s\u2019il ne prot\u00e8ge pas. Mais derri\u00e8re cette question, il y a une r\u00e9alit\u00e9 que beaucoup refusent de voir. Le monde artistique, ce n\u2019est pas seulement du talent, de l\u2019inspiration, de la sc\u00e8ne et des projecteurs. C\u2019est aussi un terrain de rapports de force. Un terrain o\u00f9 tout le monde ne joue pas avec les m\u00eames armes. Pierre Bourdieu l\u2019\u00e9voquait d\u00e9j\u00e0 dans <em>Les R\u00e8gles de l\u2019art<\/em>. Le champ artistique est travers\u00e9 par des logiques de pouvoir. Ce n\u2019est pas un espace pur. Ce n\u2019est pas un espace innocent. Il y a des int\u00e9r\u00eats, des positions, des strat\u00e9gies. Et dans cet espace-l\u00e0, l\u2019artiste est souvent le plus expos\u00e9. Pourquoi. Parce qu\u2019il produit. Parce qu\u2019il cr\u00e9e. Mais il ne ma\u00eetrise pas toujours les r\u00e8gles du jeu. Donc l\u2019agent, en th\u00e9orie, il est l\u00e0 pour \u00e7a. Il est l\u00e0 pour faire tampon. Il est l\u00e0 pour prot\u00e9ger. Il est l\u00e0 pour traduire le langage du droit, du contrat, du march\u00e9. Il est l\u00e0 pour \u00e9viter que l\u2019artiste se fasse d\u00e9poss\u00e9der de ce qu\u2019il a produit. Maintenant, nous le constatons. Dans la r\u00e9alit\u00e9, tout le monde n\u2019est pas \u00e0 la hauteur de ce r\u00f4le. Et c\u2019est l\u00e0 que la tension appara\u00eet. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, vous avez la cr\u00e9ation. Quelque chose de fragile, de vivant, de mouvant. De l\u2019autre, vous avez la structure. Le droit, les contrats, les obligations. Et entre les deux, il y a l\u2019agent. Sauf que si cet agent ne tient pas sa place, s\u2019il ne comprend pas les enjeux juridiques, s\u2019il ne prot\u00e8ge pas, alors il devient quoi. Un point de faiblesse. Et l\u00e0, c\u2019est dangereux. Parce qu\u2019un artiste mal prot\u00e9g\u00e9, c\u2019est un artiste vuln\u00e9rable. Un artiste vuln\u00e9rable, c\u2019est un artiste qu\u2019on peut exploiter. Et un artiste exploit\u00e9, c\u2019est une \u0153uvre qui lui \u00e9chappe. Dans <em>Paris attendra<\/em>, Romario et Loupeda, ce n\u2019est pas juste des personnages. Ce sont des figures qu\u2019on retrouve partout. Des gens qui gravitent autour de l\u2019artiste, qui ont une fonction, un r\u00f4le, une responsabilit\u00e9. Mais qui, parfois, ne mesurent pas ce que \u00e7a implique r\u00e9ellement. Et l\u00e0, il faut dire quelque chose que beaucoup n\u2019aiment pas entendre. Le talent ne prot\u00e8ge pas. Le talent attire. Et ce qu\u2019il attire, ce n\u2019est pas toujours bienveillant. Donc \u00e0 quoi \u00e7a sert d\u2019avoir un agent. \u00c7a sert \u00e0 ne pas \u00eatre seul. Mais encore faut-il que celui qui est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de vous sache pourquoi il est l\u00e0. Sinon, ce n\u2019est plus une protection. C\u2019est une illusion.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>\u00ab\u00a0Paris attendra\u00a0\u00bb est port\u00e9 par le souffle de la musique, de l\u2019art. On sent un De Medeiros tr\u00e8s ancr\u00e9 dans le bouillon culturel. M\u00eame dans sa prison, il ne peut se passer d\u2019articuler sa vie et toute la trame du livre autour de cet univers des muses. Serait-ce r\u00e9ducteur de dire que \u00ab\u00a0Paris attendra\u00a0\u00bb est une ode \u00e0 la cr\u00e9ation artistique\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Dire que <em>Paris attendra<\/em> est une ode \u00e0 la cr\u00e9ation artistique, ce n\u2019est pas faux. Mais ce n\u2019est pas suffisant. Et m\u00eame, soyons honn\u00eates, c\u2019est un peu court. Parce que quand on parle d\u2019ode, on imagine quelque chose de beau, d\u2019\u00e9lev\u00e9, presque d\u00e9coratif. Un hommage. Quelque chose qu\u2019on regarde de loin. Or ici, on n\u2019est pas dans la contemplation. On est dans la n\u00e9cessit\u00e9. Il faut dire les choses simplement. De Medeiros, m\u00eame enferm\u00e9, m\u00eame coup\u00e9 du monde, il ne peut pas arr\u00eater. Il pense en artiste. Il respire en artiste. Il organise sa vie \u00e0 travers \u00e7a. Ce n\u2019est pas un choix de confort. Ce n\u2019est pas un hobby. C\u2019est une condition. Comme l\u2019\u00e9crivain Franz Kafka. Chez lui, \u00e9crire, ce n\u2019est pas un luxe. Ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0quand j\u2019ai le temps\u00a0\u00bb. C\u2019est vital. C\u2019est presque une question de survie int\u00e9rieure. Si \u00e7a s\u2019arr\u00eate, quelque chose s\u2019effondre. Dans <em>Paris attendra<\/em>, c\u2019est exactement \u00e7a. L\u2019art n\u2019est pas un th\u00e8me pos\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019histoire, comme un d\u00e9cor qu\u2019on pourrait enlever sans que \u00e7a change grand-chose. Non. Si vous retirez l\u2019art, il ne reste rien. Le personnage ne tient plus. Le r\u00e9cit ne tient plus. M\u00eame la mani\u00e8re de raconter s\u2019effondre. Et l\u00e0, il faut faire attention \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue. Beaucoup pensent que l\u2019art, c\u2019est une \u00e9chappatoire. Une mani\u00e8re de fuir la r\u00e9alit\u00e9. Moi, je dis l\u2019inverse. L\u2019art, c\u2019est ce qui oblige \u00e0 affronter la r\u00e9alit\u00e9. \u00c0 la regarder. \u00c0 la transformer. \u00c0 la supporter aussi. Donc oui, on peut dire que c\u2019est une ode. Mais une ode qui travaille. Une ode qui lutte. Une ode qui ne se contente pas de c\u00e9l\u00e9brer, mais qui tient debout face \u00e0 ce qui pourrait faire tomber. Et au fond, c\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a le point le plus important. L\u2019art, ici, ce n\u2019est pas ce qui embellit la vie. C\u2019est ce qui permet de la traverser. Sans \u00e7a, il n\u2019y a pas de r\u00e9cit. Sans \u00e7a, il n\u2019y a m\u00eame plus de personnage. Il n\u2019y a plus rien.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:image {\"align\":\"center\",\"id\":12922,\"sizeSlug\":\"large\",\"linkDestination\":\"none\"} --><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"717\" height=\"1024\" class=\"wp-image-12922\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-717x1024.jpg\" alt=\"Interview Ezin P. Dognon \u2013 Autour de Paris attendra\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-717x1024.jpg 717w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-210x300.jpg 210w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-768x1096.jpg 768w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1076x1536.jpg 1076w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1-1435x2048.jpg 1435w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg 1654w\" sizes=\"(max-width: 717px) 100vw, 717px\" \/>\n<p>Interview Ezin P. Dognon \u2013 Autour de Paris attendra<\/p>\n<\/figure>\n<\/div>\n<p><!-- \/wp:image --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Au-del\u00e0 d\u2019une simple accusation port\u00e9e par Maccabi, il y a aussi les prises de positions de De Meideros qui veut rester logique en ad\u00e9quation avec sa conscience. Il a d\u00e9nonc\u00e9 le quatri\u00e8me mandat. Et c\u2019est aussi l\u00e0 l\u2019autre \u00e9l\u00e9ment du manuscrit\u00a0: la libert\u00e9 de conscience et de parole. La libert\u00e9 de conscience \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 contest\u00e9e \u00e0 De Meideros par Yolande qui estimait qu\u2019il aurait d\u00fb \u00ab\u00a0faire comme tout le monde\u00a0\u00bb \u00e0 son arriv\u00e9e en France au lieu de se tracer son propre chemin. La libert\u00e9 d\u2019expression et de pens\u00e9e lui est reproch\u00e9e tacitement par son agent. Que signifie \u00eatre artiste dans un pays d\u00e9mocratique s\u2019il doit le payer de sa vie ou au prix de son honneur\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Cette question m\u2019am\u00e8ne \u00e0 \u00e9voquer quelque chose que beaucoup pr\u00e9f\u00e8rent contourner. Parce que dire \u00ab\u00a0libert\u00e9 de conscience\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0libert\u00e9 d\u2019expression\u00a0\u00bb, \u00e7a sonne bien. \u00c7a passe dans les discours. \u00c7a rassure. Mais la vraie question, elle est ailleurs. Elle est simple. Est-ce que tu es pr\u00eat \u00e0 payer ce que tu dis. De Medeiros, le personnage principal de <em>Paris attendra<\/em> lui, il ne fait pas semblant. Il parle. Il prend position. Il d\u00e9nonce. Et tout de suite, \u00e7a d\u00e9range. Pas seulement les institutions. Les proches aussi. Yolande qui dit \u00ab\u00a0fais comme tout le monde\u00a0\u00bb. L\u2019agent qui, sans le dire clairement, fait comprendre que certaines paroles co\u00fbtent trop cher. Donc on est o\u00f9, l\u00e0. Dans un pays d\u00e9mocratique, oui. Mais dans une d\u00e9mocratie qui a ses limites invisibles. Ses lignes qu\u2019on ne doit pas franchir. Et c\u2019est l\u00e0 que la question devient s\u00e9rieuse. \u00catre artiste, \u00e7a veut dire quoi dans ce contexte. Quand Albert Camus parle de libert\u00e9, il ne parle pas d\u2019un droit confortable. Il parle d\u2019un engagement. Il parle d\u2019une responsabilit\u00e9. La libert\u00e9, ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0je dis ce que je veux et tout va bien\u00a0\u00bb. Non. La libert\u00e9, c\u2019est \u00ab\u00a0je dis ce que je pense et j\u2019assume ce que \u00e7a d\u00e9clenche\u00a0\u00bb. Et l\u00e0, beaucoup reculent. Parce que tant que la parole ne co\u00fbte rien, tout le monde parle. Mais d\u00e8s que \u00e7a commence \u00e0 toucher \u00e0 la place, \u00e0 l\u2019image, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, le silence revient. Le calcul revient. La prudence revient. De Medeiros, lui, il refuse \u00e7a. Et c\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il devient dangereux. Pas parce qu\u2019il est violent. Pas parce qu\u2019il est extr\u00eame. Mais parce qu\u2019il est coh\u00e9rent. Il dit ce qu\u2019il pense et il reste align\u00e9. Et \u00e7a, dans n\u2019importe quel syst\u00e8me, m\u00eame d\u00e9mocratique, \u00e7a d\u00e9range. Donc \u00eatre artiste, dans ce contexte, ce n\u2019est pas seulement cr\u00e9er. Ce n\u2019est pas seulement produire des \u0153uvres. C\u2019est tenir une ligne. Une ligne int\u00e9rieure. Une ligne qui ne se n\u00e9gocie pas \u00e0 chaque pression. Et il faut dire les choses clairement. Cette ligne, elle a un prix. Parfois, c\u2019est l\u2019isolement. Parfois, c\u2019est la perte de certaines opportunit\u00e9s. Parfois, c\u2019est plus dur encore. Donc la vraie question, ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0est-ce qu\u2019on peut parler\u00a0\u00bb. La vraie question, c\u2019est \u00ab\u00a0est-ce qu\u2019on accepte les cons\u00e9quences de ce qu\u2019on dit\u00a0\u00bb. Et l\u00e0, chacun fait son choix. Mais il faut arr\u00eater de croire qu\u2019on peut \u00eatre libre, sans jamais payer le prix de cette libert\u00e9.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u> Paris attendra, cher Ezin P. Dognon, c\u2019est avant tout une correspondance entre De Meideros et Samira. Doit-on le lire comme une histoire d\u2019amour inabouti\u00a0? L\u2019\u00e9chec d\u2019une vie\u00a0?&#8230;<\/em><\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Je vous donne raison. On dit \u00ab\u00a0correspondance\u00a0\u00bb, mais en r\u00e9alit\u00e9, il n\u2019y a pas de correspondance. Il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9change. Il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse. Samira ne parle pas. Elle ne r\u00e9pond pas. Elle est l\u00e0 mais elle se tait. Et \u00e7a, ce n\u2019est pas un d\u00e9tail. C\u2019est le c\u0153ur m\u00eame du dispositif. Prenons par exemple <em>Les Liaisons dangereuses<\/em>, ce Roman de Pierre Choderlos de Laclos. La lettre, ce n\u2019est pas juste un support. C\u2019est un champ de bataille. On y dit. On y cache. On y construit. On y d\u00e9truit. Dans <em>Paris attendra<\/em>, c\u2019est pareil, mais avec une autre intensit\u00e9. Parce que la correspondance est emp\u00each\u00e9e. Emp\u00each\u00e9e par la distance. Emp\u00each\u00e9e par la situation. Emp\u00each\u00e9e par tout ce qui vient peser sur les deux personnages. Sauf qu\u2019ici, il y a un basculement. Parce que m\u00eame ce champ de bataille, il n\u2019est pas \u00e9quilibr\u00e9. Il n\u2019y a qu\u2019une seule voix. Donc la question \u00ab\u00a0histoire d\u2019amour inabouti\u00a0\u00bb oui, mais \u00e0 condition de comprendre ce que \u00e7a veut dire ici. Ce n\u2019est pas une histoire qui \u00e9choue parce qu\u2019elle n\u2019arrive pas \u00e0 son terme. C\u2019est une histoire qui se construit dans un d\u00e9s\u00e9quilibre total. Une pr\u00e9sence d\u2019un c\u00f4t\u00e9. Une absence de l\u2019autre. Et l\u00e0, il faut dire quelque chose que tout le monde comprend, m\u00eame sans th\u00e9orie. Dans la vie, il y a des silences qui parlent plus que des discours. Des silences qui ferment. Des silences qui condamnent. Des silences qui disent \u201cil n\u2019y a plus rien \u00e0 attendre\u00a0\u00bb, sans jamais prononcer la phrase. Samira, elle existe. Elle est r\u00e9elle. Mais elle est hors d\u2019atteinte. Et ce qui est fort, c\u2019est que ce n\u2019est pas son absence qui structure le lien, c\u2019est son silence. Pourquoi la rendre muette. Parce que son silence dit tout. Il dit la distance. Il dit l\u2019impossibilit\u00e9. Il dit peut-\u00eatre aussi une forme de refus, ou une fatigue, ou une rupture qu\u2019on ne veut pas formuler. Et De Medeiros, lui, il parle dans ce vide. Il parle sans retour. Il parle sans garantie. Il parle comme quelqu\u2019un qui continue, m\u00eame quand il n\u2019y a plus de r\u00e9ponse. Et l\u00e0, on touche quelque chose de tr\u00e8s simple, presque brutal. L\u2019amour, ici, ce n\u2019est pas un dialogue. Ce n\u2019est pas un \u00e9quilibre. C\u2019est une projection. C\u2019est une tension vers quelqu\u2019un qui ne renvoie plus rien. Donc non, ce n\u2019est pas seulement une histoire inaboutie. Ce n\u2019est pas seulement un \u00e9chec. C\u2019est une relation suspendu, maintenue par une seule voix. Et au fond, ce genre de relation, tout le monde l\u2019a d\u00e9j\u00e0 peut-\u00eatre crois\u00e9. Quelqu\u2019un qui ne r\u00e9pond plus. Quelqu\u2019un qui s\u2019\u00e9loigne sans expliquer. Et l\u2019autre qui continue, parce qu\u2019il n\u2019a pas encore renonc\u00e9. Et c\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a le point le plus dur. Ce n\u2019est pas l\u2019absence de l\u2019autre. C\u2019est son silence.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u> Le lecteur ferme Paris attendra sur un regret, une attende non combl\u00e9e\u00a0: la voix de Samira. On aurait aim\u00e9 que l\u2019auteur lui e\u00fbt donn\u00e9 la parole\u2026 mais, h\u00e9las\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Je vais vous donner le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone de Samira (Rire.). Non, plus s\u00e9rieusement, il faut accepter une chose. Tout ne doit pas \u00eatre dit. Et m\u00eame, parfois, dire serait trahir. Parce que dans l\u2019imaginaire du lecteur, cette voix existe d\u00e9j\u00e0. Elle prend forme. Elle se fabrique. Elle se devine entre les lignes. Si je la fixe, si je lui donne des mots, une tonalit\u00e9, un discours, je ferme quelque chose. Et moi, je ne veux pas fermer. Je pr\u00e9f\u00e8re laisser cet espace ouvert. Un espace o\u00f9 chacun entend \u00ab\u00a0sa Samira\u00a0\u00bb. Pas la mienne. Pas une version officielle. La sienne. Et l\u00e0, on revient \u00e0 quelque chose de tr\u00e8s ancien. J\u2019illustre ici mes propos en citant \u00e0 nouveau Jean Racine. Chez lui, ce qui n\u2019est pas dit est souvent plus violent que ce qui est prononc\u00e9. Le silence, ce n\u2019est pas un vide. C\u2019est une tension. C\u2019est m\u00eame parfois le lieu exact o\u00f9 le drame se construit. Donc oui, le lecteur reste avec une attente non combl\u00e9e. Mais cette attente, elle fait partie du livre. Elle prolonge le texte apr\u00e8s la derni\u00e8re page. Elle oblige \u00e0 y revenir. Elle emp\u00eache de refermer compl\u00e8tement. Et \u00e0 vrai dire, une voix qu\u2019on n\u2019entend pas, c\u2019est parfois celle qu\u2019on \u00e9coute le plus longtemps.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Le lecteur est surpris de voir de la publicit\u00e9 dans Paris attendra. Cela ouvre un chapitre int\u00e9ressant qui pr\u00e9sente le livre comme un v\u00e9hicule et un produit commercial. Mais consacrer des pages \u00e0 la publicit\u00e9, au c\u0153ur m\u00eame du d\u00e9roulement des actions, comme une page publicitaire lors d\u2019une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9, cela ne semble pas r\u00e9current. Comment l\u2019expliquez-vous\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> C\u2019est vrai, \u00e7a surprend. Et c\u2019est normal. Le lecteur ouvre un livre. Il s\u2019attend \u00e0 une histoire. Pas \u00e0 voir surgir quelque chose qui ressemble \u00e0 de la publicit\u00e9. Et tout de suite, il se dit \u00ab\u00a0attends, qu\u2019est-ce que \u00e7a fait l\u00e0 ?\u00a0\u00bb. Mais la vraie question, elle est ailleurs. Pourquoi \u00e7a ne devrait pas \u00eatre l\u00e0. Parce que le monde dans lequel on vit, il ressemble \u00e0 quoi. Des marques partout. Des \u00e9crans partout. Des messages partout. On ne traverse pas une journ\u00e9e sans \u00eatre sollicit\u00e9. Et la litt\u00e9rature, elle ferait comme si \u00e7a n\u2019existait pas.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>Comme si le livre \u00e9tait un espace pur, prot\u00e9g\u00e9, hors du r\u00e9el. Non. Moi, je fais l\u2019inverse.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p>J\u2019inscris le r\u00e9el dans la fiction. Tel qu\u2019il est. Pas tel qu\u2019on aimerait qu\u2019il soit. Donc oui, il y a de la publicit\u00e9 dans le livre. Oui, elle appara\u00eet au c\u0153ur du r\u00e9cit. Oui, elle d\u00e9range un peu. Mais c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le but. Parce que dans la vie, \u00e7a d\u00e9range aussi. Tu regardes un film, coupure. Tu \u00e9coutes une musique, interruption. Tu lis un article, \u00a0banni\u00e8re. Pourquoi le roman serait le seul espace \u00e9pargn\u00e9. Et l\u00e0, on arrive au point central. Le Narrative Placement\u2122 que je consid\u00e8re comme une r\u00e9ponse contemporaine. Ce n\u2019est pas un gadget. Ce n\u2019est pas un coup marketing pos\u00e9 l\u00e0 pour faire parler de notre partenaire visionnaire, Les livres Vidol\u00e9. C\u2019est une mani\u00e8re de dire que le livre n\u2019est pas en dehors du monde \u00e9conomique. Qu\u2019il en fait partie. Qu\u2019il circule dedans. Et il faut dire quelque chose que beaucoup n\u2019aiment pas entendre. Le livre est aussi un produit. \u00c7a ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00eatre une \u0153uvre. Mais \u00e7a l\u2019oblige \u00e0 se confronter au r\u00e9el. Donc au fond, qu\u2019est-ce que \u00e7a produit. Un l\u00e9ger inconfort. Une rupture dans la lecture. Un moment o\u00f9 le lecteur sort de l\u2019histoire, puis y revient autrement. Et c\u2019est l\u00e0 que \u00e7a devient int\u00e9ressant. Parce que cette rupture, elle oblige \u00e0 prendre conscience. \u00c0 voir le livre non seulement comme un r\u00e9cit, mais comme un objet dans un syst\u00e8me. Et moi, \u00e7a m\u2019int\u00e9resse. Pas de prot\u00e9ger le lecteur. Mais de le r\u00e9veiller un peu.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Le livre est r\u00e9alis\u00e9 gr\u00e2ce au partenariat avec \u00ab\u00a0Les livres Vidol\u00e9\u00a0\u00bb. Pourriez-vous nous en dire plus\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Le partenariat avec <em>Les Livres Vidol\u00e9<\/em>, ce n\u2019est pas une id\u00e9e abstraite. Ce n\u2019est pas \u00ab\u00a0on partage une vision\u00a0\u00bb et on s\u2019arr\u00eate l\u00e0. Non. \u00c7a se voit dans le livre. \u00c7a s\u2019exp\u00e9rimente. Prenez les pages 73 \u00e0 75. L\u00e0, on ne discute plus, on regarde ce qui se passe. \u00c0 un moment pr\u00e9cis, l\u2019histoire s\u2019arr\u00eate. Pas parce qu\u2019elle est finie. Parce qu\u2019on d\u00e9cide de la suspendre. Et l\u00e0, on dit au lecteur \u00ab\u00a0\u00e0 toi d\u2019\u00e9crire\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est pas une formule. C\u2019est r\u00e9el. Il peut prendre la place de l\u2019auteur. Il peut continuer l\u2019histoire. Il peut envoyer sa version. Donc on n\u2019est plus dans un lecteur passif. On n\u2019est plus dans quelqu\u2019un qui consomme une histoire. On est dans quelqu\u2019un qui entre dedans. Qui participe. Qui devient acteur. Et \u00e7a, c\u2019est exactement l\u2019ADN de notre partenaire <em>Les Livres Vidol\u00e9<\/em>. Ils ne font pas juste des livres. Ils fabriquent une exp\u00e9rience. Un enfant devient le h\u00e9ros de sa propre histoire. Son pr\u00e9nom. Son visage. Son univers. On ne lui raconte plus une histoire. On lui montre qu\u2019il en a une. Et \u00e7a change tout. Parce que l\u00e0, on parle de transmission. On parle d\u2019identit\u00e9. On parle d\u2019h\u00e9ritage. On parle d\u2019ouverture au monde. Ce ne sont pas des mots marketing. C\u2019est ce qu\u2019on voit concr\u00e8tement dans les pages. Donc quand ce partenariat arrive dans <em>Paris attendra<\/em>, il ne tombe pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du livre. Il entre dans le livre. Il modifie la lecture. Il casse le rythme. Il oblige \u00e0 se repositionner. Et l\u00e0, il faut dire quelque chose de simple. Beaucoup parlent d\u2019innovation. Peu acceptent de d\u00e9placer vraiment la place du lecteur. Ici, on le fait. On lui dit \u00ab\u00a0tu ne regardes plus seulement, tu fais partie.\u00a0\u00bb Donc ce partenariat, ce n\u2019est pas une signature en bas de page. C\u2019est une intervention dans le r\u00e9cit. Une mani\u00e8re de dire que le livre peut encore \u00e9voluer. Qu\u2019il peut encore surprendre. Et surtout, qu\u2019il peut encore appartenir \u00e0 celui qui le lit. Et \u00e7a, aujourd\u2019hui, ce n\u2019est pas courant.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><em> <strong>Apr\u00e8s Paris attendra, quels sont les prochains grands chantiers ou rendez-vous auxquels nous devons-nous nous attendre\u00a0?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Les murs ont des oreilles. Et les projets aiment le silence avant d\u2019exister.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><em><u>BL\u00a0:<\/u><\/em><\/strong><strong><em> Votre mot de la fin<\/em><\/strong><\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\n<p><!-- wp:paragraph --><\/p>\n<p><strong><u>EPD\u00a0:<\/u><\/strong> Je vous donne encore la moiti\u00e9 de mes pens\u00e9es. Parce que ce qui reste \u00e0 dire est toujours plus important que ce qui a \u00e9t\u00e9 dit.<\/p>\n<p><!-- \/wp:paragraph --><\/p>\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans cette interview consacr\u00e9e \u00e0 Paris attendra Ezin P. Dognon revient sur son parcours entre litt\u00e9rature, musique et performance sc\u00e9nique. Il \u00e9voque son lien avec Olympe Bh\u00ealy\u2011Quenum, sa vision de l\u2019\u00e9criture, la mani\u00e8re dont il habite la langue et l\u2019ambition esth\u00e9tique derri\u00e8re son nouveau livre Paris attendra. Une parole libre, exigeante, qui interroge la cr\u00e9ation, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":12922,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[14],"tags":[39,35,38,37,36],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v19.0 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Paris attendra Ezin P. Dognon<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Paris attendra Ezin P. Dognon explore le parcours, la voix et les enjeux litt\u00e9raires d\u2019un auteur en mouvement, entre \u00e9criture et m\u00e9moire\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Paris attendra Ezin P. Dognon\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Paris attendra Ezin P. Dognon explore le parcours, la voix et les enjeux litt\u00e9raires d\u2019un auteur en mouvement, entre \u00e9criture et m\u00e9moire\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Biscottes Litt\u00e9raires\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2026-05-16T23:59:00+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-17T16:28:40+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1654\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"2361\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"biscotteslitteraires\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"39 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization\",\"name\":\"Biscottes Litt\u00e9raires\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/\",\"sameAs\":[\"https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin\"],\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg\",\"width\":960,\"height\":960,\"caption\":\"Biscottes Litt\u00e9raires\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/\"}},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/\",\"name\":\"Biscottes Litt\u00e9raires\",\"description\":\"Ici nous voyagerons dans les lignes, explorerons les interlignes.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg\",\"width\":1654,\"height\":2361},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#webpage\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/\",\"name\":\"Paris attendra Ezin P. Dognon\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#primaryimage\"},\"datePublished\":\"2026-05-16T23:59:00+00:00\",\"dateModified\":\"2026-05-17T16:28:40+00:00\",\"description\":\"Paris attendra Ezin P. Dognon explore le parcours, la voix et les enjeux litt\u00e9raires d\u2019un auteur en mouvement, entre \u00e9criture et m\u00e9moire\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Paris attendra Ezin P. Dognon: interview\"}]},{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#webpage\"},\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946\"},\"headline\":\"Paris attendra Ezin P. Dognon: interview\",\"datePublished\":\"2026-05-16T23:59:00+00:00\",\"dateModified\":\"2026-05-17T16:28:40+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#webpage\"},\"wordCount\":8499,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg\",\"keywords\":[\"Biscottes Litt\u00e9raires\",\"Ezin P. Dognon\",\"Litt\u00e9rature b\u00e9ninoise\",\"Olympe Bh\u00ealy\u2011Quenum\",\"Paris attendra\"],\"articleSection\":[\"interview\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#respond\"]}]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946\",\"name\":\"biscotteslitteraires\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"biscotteslitteraires\"},\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/author\/admin\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Paris attendra Ezin P. Dognon","description":"Paris attendra Ezin P. Dognon explore le parcours, la voix et les enjeux litt\u00e9raires d\u2019un auteur en mouvement, entre \u00e9criture et m\u00e9moire","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Paris attendra Ezin P. Dognon","og_description":"Paris attendra Ezin P. Dognon explore le parcours, la voix et les enjeux litt\u00e9raires d\u2019un auteur en mouvement, entre \u00e9criture et m\u00e9moire","og_url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/","og_site_name":"Biscottes Litt\u00e9raires","article_publisher":"https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin","article_published_time":"2026-05-16T23:59:00+00:00","article_modified_time":"2026-05-17T16:28:40+00:00","og_image":[{"width":1654,"height":2361,"url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"biscotteslitteraires","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"39 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization","name":"Biscottes Litt\u00e9raires","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/","sameAs":["https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin"],"logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg","contentUrl":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg","width":960,"height":960,"caption":"Biscottes Litt\u00e9raires"},"image":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/","name":"Biscottes Litt\u00e9raires","description":"Ici nous voyagerons dans les lignes, explorerons les interlignes.","publisher":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#primaryimage","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg","contentUrl":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg","width":1654,"height":2361},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#webpage","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/","name":"Paris attendra Ezin P. Dognon","isPartOf":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#primaryimage"},"datePublished":"2026-05-16T23:59:00+00:00","dateModified":"2026-05-17T16:28:40+00:00","description":"Paris attendra Ezin P. Dognon explore le parcours, la voix et les enjeux litt\u00e9raires d\u2019un auteur en mouvement, entre \u00e9criture et m\u00e9moire","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Paris attendra Ezin P. Dognon: interview"}]},{"@type":"Article","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#webpage"},"author":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946"},"headline":"Paris attendra Ezin P. Dognon: interview","datePublished":"2026-05-16T23:59:00+00:00","dateModified":"2026-05-17T16:28:40+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#webpage"},"wordCount":8499,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/PARIS-ATTENDRA-PREMIERE_COUVERTURE-1.jpg","keywords":["Biscottes Litt\u00e9raires","Ezin P. Dognon","Litt\u00e9rature b\u00e9ninoise","Olympe Bh\u00ealy\u2011Quenum","Paris attendra"],"articleSection":["interview"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/paris-attendra-ezin-p-dognon-interview\/#respond"]}]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946","name":"biscotteslitteraires","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g","caption":"biscotteslitteraires"},"url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12921"}],"collection":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12921"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12921\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13162,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12921\/revisions\/13162"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12922"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12921"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12921"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12921"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}