{"id":1754,"date":"2018-01-25T00:09:02","date_gmt":"2018-01-25T00:09:02","guid":{"rendered":"http:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?p=1754"},"modified":"2018-04-18T08:35:45","modified_gmt":"2018-04-18T08:35:45","slug":"resilience-tranquillin-a-gbenontin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/","title":{"rendered":"\u00abMa R\u00e9silience\u00a0\u00bb,  Tranquillin A. GBENONTIN"},"content":{"rendered":"<p>Il est des r\u00e9alit\u00e9s qu&rsquo;on vit intrins\u00e8quement sans pouvoir en parler avec exactitude. Il en est d&rsquo;autres dont on peut rendre compte avec facilit\u00e9 et profusion. Je crois que ma lecture du roman \u00ab\u00a0<em><strong>Ma R\u00e9silience<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb fait partie des premi\u00e8res. Et cela est d&rsquo;autant plus bouleversant que je me suis demand\u00e9 : \u00ab\u00a0<em>Si Gustave Flaubert, dans la mesure o\u00f9 c&rsquo;est vrai, a dit : \u00ab\u00a0Madame Bovary, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb, Tranquillin GBENONTIN osera-t-il quant \u00e0 lui, confesser : \u00ab\u00a0Cossi, c&rsquo;est moi!<\/em>\u00ab\u00a0? Et dans mon trouble, je me suis dit, avec une sueur froide dans le dos, un petit cristal de larme dans les yeux et un peu de remue-m\u00e9nage dans mes m\u00e9ninges : \u00ab\u00a0<em>pourvu que ce ne soit un roman autobiographique<\/em>\u00ab\u00a0. Pour en avoir le c\u0153ur net, j&rsquo;appelai Tranquillin qui, dans un rire m\u00e9tallique, r\u00e9pondit de l&rsquo;autre bout du fil: \u00ab\u00a0<strong><em>Eh oui. C&rsquo;est une \u0153uvre autobiographique que j&rsquo;ai \u00e9crite apr\u00e8s une aventure rocambolesque authentiquement v\u00e9cue. R\u00e9alit\u00e9 pure. Histoire personnelle. Je l&rsquo;ai voulue sans fiction, ni fioriture, ni hyperbole, mais avec une petite once d&rsquo;euph\u00e9misme pour languir moins moi-m\u00eame. Roman cr\u00fb<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0. Et je l&rsquo;ai cru, abattu. Puis je me suis demand\u00e9 comment il a pu s&rsquo;en sortir, d&rsquo;o\u00f9 il a tir\u00e9 les ressources n\u00e9cessaires pour remonter la pente et se \u00ab\u00a0r\u00e9aliser\u00a0\u00bb sinon ex nihilo du moins \u00e0 partir de z\u00e9ro. C&rsquo;est alors que je me rappelai ce passage, point nodal de cette \u0153uvre qui vous oblige \u00e0 la lire d&rsquo;un trait : \u00a0\u00bb <strong><em>Ch\u00e8re Afrique, nous t&rsquo;aimons bien ; mais nous, nous pr\u00e9f\u00e9rons, malheureusement, aller ailleurs ; et tu sais bien pourquoi<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0. (Tranquillin A. GBENONTIN, \u00a0\u00bb <strong><em>Ma R\u00e9silience<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0, page 92). Elle est troublante cette r\u00e9v\u00e9lation. Elle est audacieuse, dira-t-on, traumatisante, cette assertion jaillie du ventre d&rsquo;un africain qui cherche sans trouver ici ce qu&rsquo;il veut, et qui se cherche sur le continent noir, esp\u00e9rant se retrouver sur le vieux continent!\u00a0 Mais en r\u00e9alit\u00e9, il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un cri de c\u0153ur, un cri de d\u00e9tresse aussi devant l&rsquo;impuissance de la volont\u00e9 sinon de transformer le rocher en source, du moins, de faire jaillir du d\u00e9sert des points d&rsquo;eau. De toute \u00e9vidence, la lecture de \u00ab\u00a0<strong><em>Ma R\u00e9silience<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb de Tranquillin A. GBENONTIN introduit le lecteur dans le jardin secret de cet auteur qui a voulu se livrer publiquement pour se d\u00e9livrer enfin d&rsquo;un fardeau apparemment trop lourd pour son jeune \u00e2ge et la fragilit\u00e9 de son cou et de ses \u00e9paules. Et \u00e0 travers cet auteur dont la force d&rsquo;\u00e2me rythme la cadence des phrases du livre et portraiture en filigrane un \u00ab\u00a0homme-airain\u00a0\u00bb qui refuse de se laisser briser par les \u00e9v\u00e9nements de la vie, fussent-ils d\u00e9sastreux et catastrophiques, c&rsquo;est toute la jeunesse africaine tent\u00e9e et app\u00e2t\u00e9e par le \u00ab\u00a0souffle de l&rsquo;ailleurs\u00a0\u00bb qui questionne l&rsquo;histoire du monde noir. Et la question qui jaillit tout de suite est de savoir ce qui a pouss\u00e9 cet africain \u00e0 choisir l&rsquo;exile. On peut aussi se demander si son aventure a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s ou si elle s&rsquo;est mu\u00e9e en drame ou en m\u00e9lodrame. Quel est le lien entre l&rsquo;exile et la r\u00e9silience? Commen\u00e7ons d&rsquo;abord par d\u00e9couvrir qui est Tranquillin A. GBENONTIN.<\/p>\n<p><strong><u>1- De l&rsquo;auteur<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Il s&rsquo;appelle Tranquillin. Mais est-il tranquille? Il a l&rsquo;air cool, plut\u00f4t timide et fort r\u00e9serv\u00e9. Voici ce qu&rsquo;il dit de lui-m\u00eame, comme avant go\u00fbt de l&rsquo;interview qu&rsquo;il nous accordera tr\u00e8s prochainement :\u00a0\u00bb <em>Journaliste-Ecrivain. Cotonou, 1982. C\u2019est l\u00e0 que je suis n\u00e9. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment le 05 septembre. Je compte donc \u00e0 ce jour 35 ann\u00e9es et 05 mois. Me r\u00e9soudre \u00e0 \u00e9crire ma biographie a \u00e9t\u00e9 tout sauf, une simple d\u00e9cision que l\u2019on prend sans r\u00e9ellement trop y penser. Ma d\u00e9cision r\u00e9side dans cette envie aussi lancinante que pressante d\u2019emprisonner ces 35 ann\u00e9es et plus \u00e9coul\u00e9es et qui ne sont \u00e0 mes yeux, pour la majeure partie, qu\u2019un lot de souffrances. Si comme BAUDELAIRE dans \u00ab\u00a0<strong>Les Fleurs du mal<\/strong>\u00ab\u00a0, ma vie jusque l\u00e0 \u00ab n\u2019a \u00e9t\u00e9 qu\u2019un t\u00e9n\u00e9breux orage travers\u00e9e \u00e7a et l\u00e0 par de brillants soleils \u00bb, aujourd\u2019hui, je me d\u00e9cide \u00e0 tourner la page. Au sens propre et au sens figur\u00e9. Je me tourne vers des lendemains heureux et d\u00e9cide d\u2019enfermer mes malheurs dans ce livre. Ma m\u00e9saventure, je la d\u00e9pose ici, entre ces pages, comme on se d\u00e9barrasse d\u2019un sac trop lourd \u00e0 porter dans un d\u00e9sert, apr\u00e8s une tr\u00e8s longue route\u2026 Oui, je me sens d\u00e9j\u00e0 bien plus l\u00e9ger \u00e0 la seule pens\u00e9e de reprendre le chemin. On me nomme Tranquillin Arcade GBENONTIN. J\u2019ai donc 35 ans et poussi\u00e8res mais j\u2019ai la folle impression d\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu une dizaine de vie. Si je devais me d\u00e9crire, je dirai que j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 un homme un peu mal dans sa peau face \u00e0 l\u2019intol\u00e9rance humaine, la violence gratuite et la cruelle froideur d\u2019un proche. Je suis pour ainsi dire quelqu\u2019un de gentil, g\u00e9n\u00e9reux et sensible. Beaucoup de c\u0153ur m\u2019habite m\u00eame si parfois, je suis fragile, r\u00e9serv\u00e9, tr\u00e8s anxieux et changeant. Je viens d\u2019une famille nombreuse. Une famille recompos\u00e9e o\u00f9 la r\u00e8gle est celle de \u2019\u2019combattre seul ou p\u00e9rir\u2019\u2019. Je me suis alors fais une carapace de dur r\u00e9aliste. Ce qui m\u2019a permis de m\u00fbrir tr\u00e8s vite pour m\u2019en sortir comptant sur mes maigres moyens. J\u2019ai d\u00fb sauter des \u00e9tapes pour survivre. Je n\u2019avais h\u00e9las pas le choix. Tr\u00e8s t\u00f4t donc, j\u2019ai fais mon entr\u00e9e dans le monde des m\u00e9dias en tant que journaliste pr\u00e9sentateur \u00e0 la Radio w\u00eak\u00ea apr\u00e8s l\u2019obtention du Bac en 2004. Dans la qu\u00eate du mieux, je d\u00e9cidai en 2008 de tenter mes chances du c\u00f4t\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision. Tentative couronn\u00e9e de r\u00e9ussite puisque je fus engag\u00e9 par La Cha\u00eene 2 (lc2) respectivement au poste de journaliste pr\u00e9sentateur et de Secr\u00e9taire de R\u00e9daction. Chemin faisant, ma route croisa en 2016 celle d\u2019EDEN TV o\u00f9 j\u2019occupe encore le poste de Directeur de l\u2019information et des Programmes sans omettre mes consultations priv\u00e9es. Nanti d\u2019un Master en Communication et Marketing, je peux \u00eatre fier aujourd\u2019hui d\u2019avoir rattrap\u00e9 le parcours universitaire sacrifi\u00e9 au tout d\u00e9but pour survivre. \u00ab\u00a0<strong>Ma<\/strong> <strong>R\u00e9silience<\/strong>\u00ab\u00a0, est mon tout premier essai romanesque. En plus de ce que je souhaite qu\u2019il abreuve mes lecteurs des d\u00e9boires et exp\u00e9riences de la vie, je voudrais sans modestie qu\u2019il p\u00e9n\u00e8tre dans leurs souvenirs comme une \u0153uvre qui aura marqu\u00e9 une \u00e9poque.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1756\" src=\"http:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tranquillin-arcade.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"960\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tranquillin-arcade.jpg 640w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/tranquillin-arcade-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/p>\n<p><strong><u>2- De l&rsquo;\u0153uvre<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Cossi est un jeune b\u00e9ninois. Apr\u00e8s son baccalaur\u00e9at, il s&rsquo;essaie au journalisme. Ses talents bruts font parler de lui. Rapidement, Radio New Voice de Porto-Novo l&rsquo;adopte. Il cr\u00e9e des \u00e9missions culturelles, invite les musiciens \u00e0 se produire en live devant des foules en d\u00e9lire. Sa c\u00f4te de popularit\u00e9 s&rsquo;accro\u00eet de fa\u00e7on vertigineuse. Il encha\u00eene succ\u00e8s sur succ\u00e8s. Mais derri\u00e8re les succ\u00e8s du lendemain, se trouve la recherche et la course aux sponsors et aux m\u00e9c\u00e8nes. Qui con\u00e7oit une \u00e9mission-spectacle s&rsquo;en charge personnellement, m\u00eame si la gloire rejaillit incontestablement sur la Radio. Un soir, sur les lieux du spectacle alors que, vann\u00e9 et plong\u00e9 dans ses r\u00e9flexions, il pense \u00e0 quelle porte frapper pour soutenir l&rsquo;\u00e9mission prochaine, une silhouette se rapproche de lui et se propose de l&rsquo;aider. Ils ne se connaissaient gu\u00e8re. Elle s&rsquo;appelle Bernardine. Elle habite aux Etats-Unis et promet \u00e0 Cossi de l&rsquo;y faire voyager afin qu&rsquo;au Pays de l&rsquo;Oncle Sam, il puisse faire valoir ses talents et vivre beaucoup plus d\u00e9cemment de son art m\u00e9connu et m\u00e9sus\u00e9 ici. Les propos de Bernadette enflamment un d\u00e9sir latent qui couvait sous la cendre de l&rsquo;ind\u00e9cision : partir. Cossi est pr\u00eat \u00e0 faire le pas. Une strat\u00e9gie est mise au point : il doit passer pour l&rsquo;\u00e9poux d&rsquo;une certaine camerounaise. Cela faciliterait les proc\u00e9dures d&rsquo;obtention du visa. La camerounaise se d\u00e9siste, mais non sans empocher l&rsquo;argent du pauvre Cossi qui a vendu tout ce qu&rsquo;il poss\u00e9dait pour rassembler la somme requise. Le pauvre pr\u00e9sentateur sur Watch TV o\u00f9 il officie d\u00e9sormais se d\u00e9pouille, en vain. Il refuse d&rsquo;abandonner. Il d\u00e9cide alors de tenter l&rsquo;aventure en passant par les voies l\u00e9gales. Il se rend \u00e0 l&rsquo;Ambassade des USA. Tout est planifi\u00e9 pour qu&rsquo;il atterrisse aux USA. Mais au hasard d&rsquo;une rencontre, il rencontre Fr\u00e9jus, un artiste revenu fra\u00eechement du Canada. Ils sympathisent. Le journaliste fait la promotion de l&rsquo;artiste. Fr\u00e9jus le convainc de faire voile vers le Canada o\u00f9 il pourrait l&rsquo;aider \u00e0 s&rsquo;installer plus confortablement. L&rsquo;id\u00e9e s\u00e9duit Cossi. Folie de l&rsquo;exile. Le cap est mis sur Ouagadougou o\u00f9 ils devraient obtenir le visa au lieu de se rendre \u00e0 Accra. Cossi est d\u00e9cid\u00e9: il veut sortir sa m\u00e8re de la mis\u00e8re et des eaux. Celle-ci se laisse convaincre de donner sa b\u00e9n\u00e9diction en d\u00e9pit de ses craintes : son fils ain\u00e9 Comlan n&rsquo;a jamais donn\u00e9 de ses nouvelles depuis le jour o\u00f9 il a gliss\u00e9 son voile sous le vent de l&rsquo;ailleurs. Les s\u0153urs de Cossi, r\u00e9ticentes, finissent tout de m\u00eame par l&rsquo;accompagner financi\u00e8rement et moralement dans cette entreprise. Le journaliste demande et obtient un long temps de cong\u00e9s. Il vend tout ce qu&rsquo;il poss\u00e8de et avec l&rsquo;aide des siens, r\u00e9ussit \u00e0 rassembler plus d&rsquo;un million de francs cfa qu&rsquo;il remit \u00e0 Fr\u00e9jus, l&rsquo;homme de son destin : Bienvenue \u00e0 Ouagadougou pour le d\u00e9p\u00f4t des dossiers. Les attitudes de Fr\u00e9jus ne sont pas totalement rassurantes. Cossi retourne \u00e0 Cotonou seul, avec la promesse que son ami lui fera signe d\u00e8s que les papiers seraient pr\u00eats. Un long temps d&rsquo;attente. Plus de communication. Et si Fr\u00e9jus avait disparu avec son argent? Un jour, il re\u00e7oit son passeport avec l&rsquo;interdiction d&rsquo;ouvrir l&rsquo;enveloppe. Plus tard, Fr\u00e9jus r\u00e9appara\u00eet. Deuxi\u00e8me tour \u00e0 Ouagadougou. But : voyage. Au-revoir \u00e0 la mis\u00e8re d&rsquo;Afrique. A quelques heures du vol, Fr\u00e9jus lui remet un talisman dont il devrait se ceindre la hanche. Cossi ne s&rsquo;ex\u00e9cute pas. Il r\u00e9alise dans les instants qui suivent que Fr\u00e9jus s&rsquo;est volatilis\u00e9 dans la nature. Sans trace. Il vient de se faire enfariner, rouler dans la poussi\u00e8re de l&rsquo;arnaque. Il vient de se faire avoir. Retour \u00e0 la case d\u00e9part. Tout est \u00e0 refaire. Douleurs. Cris. Larmes. D\u00e9sillusions. Que lui arriverait-il s&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait ceint la hanche avec le talisman? Il revient \u00e0 Cotonou dans des conditions pitoyables. Il reprend son boulot. Sans domicile fixe. Descente aux enfers. Mais progressivement, il se r\u00e9alise et se refait une nouvelle vie en s&rsquo;accrochant \u00e0 la foi et l&rsquo;esp\u00e9rance, refusant de se laisser d\u00e9molir par ce drame o\u00f9 il a failli perdre sa vie. Il s&rsquo;inscrit aux cours du soir. A quelques mois de sa soutenance, sa m\u00e8re fait ses adieux \u00e0 la vie.<\/p>\n<p><strong><u>3- <\/u><\/strong><strong><u>De l&rsquo;exile<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Nous ne saurons aborder la th\u00e9matique de l&rsquo;exile sans relire \u00e0 frais nouveaux ce passage central de l&rsquo;\u0153uvre : \u00a0\u00bb <em>Ch\u00e8re Afrique, nous t&rsquo;aimons bien ; mais nous, nous pr\u00e9f\u00e9rons, malheureusement, aller ailleurs ; et tu sais bien pourquoi<\/em>\u00ab\u00a0. (Page 92). Quand on \u00e9tudie un peu la psychologie de Cossi dans l&rsquo;\u0153uvre, on constate que l&rsquo;appel de l&rsquo;exile r\u00e9sonne au c\u0153ur des jeunes africains quand ils ont le sentiment que leur terre ne leur reconna\u00eet pas \u00e0 sa juste valeur leur investissement, leur talent. Et d\u00e8s qu&rsquo;ils ont l&rsquo;impression qu&rsquo;ils peuvent fleurir ailleurs, irr\u00e9sistible devient alors leur envie de partir. Cela nait aussi des frustrations et des injustices subies ici. On le voit bien \u00e0 travers ces propos de Cossi, convaincu par Bernardine que sa place n&rsquo;est pas sous les tropiques : \u00ab\u00a0<strong><em>Le B\u00e9nin ne m&rsquo;apportait pas ce que j&rsquo;attendais. C&rsquo;\u00e9tait comme demander un peu trop \u00e0 quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;a rien \u00e0 offrir<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb (P. 33) Quand le salaire est minable, les travailleurs pay\u00e9s en-de\u00e7\u00e0 du minimum requis, et que l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique, pour le m\u00eame travail, les autres sont pay\u00e9s dix fois mieux, il n&rsquo;est certainement pas ais\u00e9 de ne pas se demander : \u00ab\u00a0Et si j&rsquo;allais tenter ma chance de l&rsquo;autre-c\u00f4t\u00e9?\u00a0\u00bb. Cossi a \u00e9t\u00e9 en proie \u00e0 toutes ces questions surtout quand il r\u00e9alise le noble et imp\u00e9rieux devoir de prendre soin de sa m\u00e8re et de la sortir de la mis\u00e8re et des bas-fonds de Cotonou o\u00f9 elle dispute l&rsquo;espace vital avec les batraciens et autre ma\u00eetres du monde aquatique : \u00ab\u00a0<strong><em>\u00catre journaliste au B\u00e9nin et penser en vivre convenablement est une sotte id\u00e9e. Non seulement le salaire est insuffisant, mais aussi le travail est \u00e9puisant et ne nous laisse pas vraiment le temps de vous consacrer \u00e0 autre chose.<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb (PP 32-33). Progressivement, Cossi est tendu vers l&rsquo;exode et eu \u00e9gard aux all\u00e9chantes propositions de Bernardine, le pas est fait : \u00a0\u00bb <strong><em>Ailleurs, c&rsquo;est peut-\u00eatre diff\u00e9rent\u2026 c&rsquo;est s\u00fbrement diff\u00e9rent<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb (P 85). On le voit, si toutes les conditions \u00e9taient remplies au pays, Cossi ne serait jamais tent\u00e9 par l&rsquo;aventure. Il n&rsquo;aurait jamais entonn\u00e9 l&rsquo;hymne de la d\u00e9solation : \u00ab\u00a0<em style=\"font-weight: inherit;\"><strong>Mourir comme un chien dans son pays n\u2019est pas une bonne mort<\/strong><\/em>.\u00a0\u00bb (Tokpo Pelphide, <em><strong>Les voyagistes<\/strong><\/em>, in Au nom de tous ces cons, Editions Plurielles, Cotonou,2017. p 245.)<\/p>\n<p>La part de l&rsquo;Afrique dans l&rsquo;exile de ses enfants n&rsquo;est pas n\u00e9gligeable, du moins, la responsabilit\u00e9 de ceux qui gouvernent. A la v\u00e9rit\u00e9, ainsi qu&rsquo;on peut le lire sur un mur de Facebook : \u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est aussi notre responsabilit\u00e9 commune de prot\u00e9ger cette jeunesse en commen\u00e7ant par d\u00e9mythologiser le mythe de l&rsquo;Europe, et cela passe par l&rsquo;\u00e9ducation, cela n\u00e9cessite aussi\u00a0<\/em>que\u00a0nous rendions ici habitable et enviable. Mais tant\u00a0que\u00a0seul un \u00eelot de parvenus sera toujours l\u00e0 \u00e0 siphonner les ressources nationales et \u00e0 priver\u00a0la\u00a0jeunesse de l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;emploi, je crois\u00a0que\u00a0nous ne nous en sortirons\u00a0pas. Encourager l&rsquo;auto-emploi par des discours et des exemples de r\u00e9ussite dans d&rsquo;autres pays, c&rsquo;est tr\u00e8s bien, mais poser les bases \u00e9ducationnelles et structurelles pour\u00a0que\u00a0ce r\u00eave devienne r\u00e9alit\u00e9 et\u00a0que\u00a0chaque jeune du continent le plus riche du monde, puisse se r\u00e9aliser et vivre dignement, c&rsquo;est encore mieux.\u00a0\u00bb ( <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/search\/top\/?q=la%20vie%20humaine%20nest%20pas%20que%20chair\">https:\/\/www.facebook.com\/search\/top\/?q=la%20vie%20humaine%20nest%20pas%20que%20chair<\/a>). R\u00e9sorber cette saign\u00e9e de l&rsquo;immigration, c&rsquo;est pouvoir r\u00e9ussir \u00e0 convaincre la jeunesse qu&rsquo;ailleurs n&rsquo;est pas toujours meilleurs. Le bonheur ne se trouve n\u00e9cessairement pas sur les chemins d&rsquo;Europe. De toute \u00e9vidence, de nombreux jeunes sont d\u00e9cid\u00e9s, qui veulent se r\u00e9aliser ailleurs, puisqu&rsquo;ici ne leur permet pas de r\u00e9aliser leurs r\u00eaves et ambitions. Et si on rendait ici habitable? Et si de nos d\u00e9serts d&rsquo;ici, nous faisions poindre des oasis? Et de nos rochers ici, nous faisions jaillir des sources d&rsquo;eau vive. Et si la prosp\u00e9rit\u00e9 partag\u00e9e cessait d&rsquo;\u00eatre une propagande d\u00e9magogique pour s&rsquo;ins\u00e9rer dans le d\u00e9bat d\u00e9mographique et social qui engage le destin de tout le continent africain? Et si ce qui est obtenu apr\u00e8s avoir \u00a0\u00bb fatigu\u00e9 les chiffres\u00a0\u00bb \u00e9tait vers\u00e9 au contribuable pour relever le niveau de vie des citoyens, le d\u00e9sir de l&rsquo;exile ne s&rsquo;atti\u00e9dirait pas quelque peu? Mesurons-nous toujours les dangers encourus?<\/p>\n<p>On est toujours dans l&rsquo;\u00e9tonnement en lisant le livre: \u00a0comment se relever quand l&rsquo;aventure se fait m\u00e9saventure? Comment relever la t\u00eate quand on a tout perdu, victime d&rsquo;escroquerie et d&rsquo;arnaque? Comment repartir de z\u00e9ro dans ce m\u00eame pays \u00e0 qui on a fait ses adieux et dans lequel on est tenu de revenir quand on a cogn\u00e9 le nez contre la dure r\u00e9alit\u00e9 de la vie?<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>4- De la r\u00e9silience<\/strong><\/span><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La\u00a0r\u00e9silience\u00a0d\u00e9signe la r\u00e9sistance d&rsquo;un mat\u00e9riau aux choc ; (le \u00ab\u00a0fait de rebondir\u00a0\u00bb, du latin\u00a0resilientia, de\u00a0resiliens)\u00a0: la capacit\u00e9 d&rsquo;un corps, d&rsquo;un organisme, d&rsquo;une esp\u00e8ce, d&rsquo;un syst\u00e8me \u00e0 surmonter une alt\u00e9ration de son environnement.\u00a0\u00bb (<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9silienc\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/R%C3%A9silienc<\/a>e ). Il est int\u00e9ressant d&rsquo;y lire le verbe \u00ab\u00a0rebondir\u00a0\u00bb. Rebondir, c&rsquo;est aussi se redresser, refuser de se laisser tordre. On peut ployer, on peut \u00eatre pli\u00e9, \u00a0mais il est important de se relever, de ne pas se laisser aplatir dans la fange de l&rsquo;inanit\u00e9 et de la fatalit\u00e9. L&rsquo;\u00eatre humain a en soi les \u00e9nergies n\u00e9cessaires pour se relever. Bersgson a dit que l&rsquo;homme intelligent, c&rsquo;est l&rsquo;homme capable d&rsquo;adaptation. Les h\u00e9ros qu&rsquo;on chante aujourd&rsquo;hui: Gandhi, Mandela, ont cru en eux-m\u00eames, ont su qu&rsquo;il y a en eux un moteur que rien ne saurait d\u00e9monter, un brasier de courage que rien ne saurait \u00e9teindre. C&rsquo;est un peu ce qui a manqu\u00e9 \u00e0 Ahouna, cette force de caract\u00e8re pour faire des d\u00e9boires le pieu sur lequel il pourrait s&rsquo;arcbouter pour se relever, contrairement \u00e0 Sogolon Djata. On se souvient de ce chant de sa m\u00e8re :<\/p>\n<p><strong><em>Prends ton arc, Simbon,<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Prends ton arc et allons-y. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Prends ton arc Sogolon<\/em><\/strong> <strong><em>Djata<\/em><\/strong>.<\/p>\n<h6>(<em><strong>Soundiata ou l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e mandingue, <\/strong><\/em><strong>Djibril Tamsir Niane (d&rsquo;apr\u00e8s le griot Mamadou Kouyat\u00e9), \u00e9d. Pr\u00e9sence africaine, 1960, p.\u00a046<\/strong>)<\/h6>\n<p>Dans \u00ab\u00a0<em><strong>Ma R\u00e9silience<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb on a est t\u00e9moin d&rsquo;une avalanche de malheurs perl\u00e9s qui s&rsquo;abattent sur Cossi. De l&rsquo;escroquerie de Fr\u00e9jus \u00e0 son humiliation par le chef d&rsquo;agence de voyage en passant par le braquage, toute sa vie a \u00e9t\u00e9 un chapelet de mis\u00e8res. On l&rsquo;a vu Sans Domicile Fixe, errant. On l&rsquo;a vu se jouer de son malheur en transformant son lieu de travail en dortoir, du retour de son odyss\u00e9e \u00e0 Ouagadougou. Et c&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side sa force : faire de chaque occasion de chute, son lieu de rel\u00e8vement. Accepter de recevoir les coups que la vie lui ass\u00e8ne, mais aussi apprendre \u00e0 en donner \u00e0 la vie quand il en a l&rsquo;occasion en prenant sa revanche sur elle. Et c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;aune de cette pugnacit\u00e9 de Cossi que s&rsquo;\u00e9claire l&rsquo;\u00e9nigme du titre qui n&rsquo;a rien de hautain ni d&rsquo;altier. La r\u00e9silience, c&rsquo;est quand on int\u00e8gre cette logique de Victor Hugo : \u00ab\u00a0Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent\u00a0\u00bb. Rien n&rsquo;est jamais gagn\u00e9 d&rsquo;avance. Vivre, c&rsquo;est accepter de mourir au quotidien, mais pour ressusciter plus fort pour vaincre les turpitudes et les vicissitudes de l&rsquo;existence. La r\u00e9silience, c&rsquo;est entrer dans la dynamique du ph\u00e9nix : \u00ab\u00a0<strong><em>Rena\u00eetre de ses cendres<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p><strong><u>Conclusion<\/u><\/strong><\/p>\n<p>La lecture de \u00ab\u00a0<strong><em>Ma R\u00e9silience<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb nous a permis d&rsquo;entrer dans l&rsquo;horizon interne d&rsquo;une volont\u00e9 de \u00ab\u00a0se dire et de s&rsquo;\u00e9crire au monde\u00a0\u00bb sans faux-fuyant, ni gant, ni pincette. Il faut \u00eatre courageux pour rendre publiques des r\u00e9alit\u00e9s qu&rsquo;on aurait voulu garder dans le jardin secret de l&rsquo;intimit\u00e9. Augustin et Rousseau ont \u00e9crit leurs Confessions. D&rsquo;autres auteurs ont \u00e9crit leurs m\u00e9moires. On se souvient toujours des M\u00e9moires d&rsquo;outre -tombe de Chateaubriand, et plus pr\u00e8s de nous de <strong><em>EL-YA, UNE MISSION ENTAM\u00c9E<\/em><\/strong> de \u00a0<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/lissabeauty?fref=mentions\">Marielle Mahul\u00e9 Degboe<\/a> paru r\u00e9cemment aux Editions Plurielles. Il est heureux de se plonger dans ces autobiographies pour apprendre des autres comment ils ont pu remonter la pente. Bel exemple pour la jeunesse. Il faut oser croire que tout n&rsquo;est pas perdu, et que le soleil finira par se lever aussi longue et noire que soit la nuit. Croire en soi, c&rsquo;est cro\u00eetre. Le livre de Tranquillin A. GBENONTIN, tel un fleuve tranquille, charrie des troncs de vie et d&rsquo;histoires bouleversantes et d\u00e9capantes. Le ton direct adopt\u00e9 par l&rsquo;auteur, rend compte de son \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me d&rsquo;homme pourchass\u00e9 par une b\u00eate, qui s&rsquo;\u00e9chappe et s&rsquo;\u00e9panche, essouffl\u00e9, ahanant, \u00e9tant encore sous le choc du drame v\u00e9cu. La question que je me suis pos\u00e9e en fermant le livre est la suivante : \u00ab\u00a0<em>Que fera-t-il \u00e0 Fr\u00e9jus quand il le reverra?<\/em>\u00ab\u00a0. En attendant d&rsquo;y r\u00e9pondre, je comprends que l&rsquo;\u00e9criture a une fonction cathartique et th\u00e9rapeutique: c&rsquo;est ce que d\u00e9montre Tranquillin A. GBENONTIN.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Destin Mahulolo<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Livre<\/strong> : Ma R\u00e9silience<\/p>\n<p><strong>Auteur<\/strong> :\u00a0Tranquillin A. GBENONTIN<\/p>\n<p><strong>Edition<\/strong> : Les Savanes, Cotonou, D\u00e9cembre 2017<\/p>\n<p><strong>Nombre de page<\/strong>s : 164 pages<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est des r\u00e9alit\u00e9s qu&rsquo;on vit intrins\u00e8quement sans pouvoir en parler avec exactitude. Il en est d&rsquo;autres dont on peut rendre compte avec facilit\u00e9 et profusion. Je crois que ma lecture du roman \u00ab\u00a0Ma R\u00e9silience\u00a0\u00bb fait partie des premi\u00e8res. Et cela est d&rsquo;autant plus bouleversant que je me suis demand\u00e9 : \u00ab\u00a0Si Gustave Flaubert, dans [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1755,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[10],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v19.0 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>\u00abMa R\u00e9silience&quot;, Tranquillin A. GBENONTIN - Biscottes Litt\u00e9raires<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"\u00abMa R\u00e9silience&quot;, Tranquillin A. GBENONTIN - Biscottes Litt\u00e9raires\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Il est des r\u00e9alit\u00e9s qu&rsquo;on vit intrins\u00e8quement sans pouvoir en parler avec exactitude. Il en est d&rsquo;autres dont on peut rendre compte avec facilit\u00e9 et profusion. Je crois que ma lecture du roman \u00ab\u00a0Ma R\u00e9silience\u00a0\u00bb fait partie des premi\u00e8res. Et cela est d&rsquo;autant plus bouleversant que je me suis demand\u00e9 : \u00ab\u00a0Si Gustave Flaubert, dans [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Biscottes Litt\u00e9raires\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2018-01-25T00:09:02+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2018-04-18T08:35:45+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"640\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"960\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"biscotteslitteraires\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"17 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization\",\"name\":\"Biscottes Litt\u00e9raires\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/\",\"sameAs\":[\"https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin\"],\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg\",\"width\":960,\"height\":960,\"caption\":\"Biscottes Litt\u00e9raires\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/\"}},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/\",\"name\":\"Biscottes Litt\u00e9raires\",\"description\":\"Ici nous voyagerons dans les lignes, explorerons les interlignes.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg\",\"width\":640,\"height\":960},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#webpage\",\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/\",\"name\":\"\u00abMa R\u00e9silience\\\", Tranquillin A. GBENONTIN - Biscottes Litt\u00e9raires\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#primaryimage\"},\"datePublished\":\"2018-01-25T00:09:02+00:00\",\"dateModified\":\"2018-04-18T08:35:45+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"\u00abMa R\u00e9silience\u00a0\u00bb, Tranquillin A. GBENONTIN\"}]},{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#webpage\"},\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946\"},\"headline\":\"\u00abMa R\u00e9silience\u00a0\u00bb, Tranquillin A. GBENONTIN\",\"datePublished\":\"2018-01-25T00:09:02+00:00\",\"dateModified\":\"2018-04-18T08:35:45+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#webpage\"},\"wordCount\":3420,\"commentCount\":11,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg\",\"articleSection\":[\"lupourvous\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#respond\"]}]},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946\",\"name\":\"biscotteslitteraires\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"biscotteslitteraires\"},\"url\":\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/author\/admin\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"\u00abMa R\u00e9silience\", Tranquillin A. GBENONTIN - Biscottes Litt\u00e9raires","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"\u00abMa R\u00e9silience\", Tranquillin A. GBENONTIN - Biscottes Litt\u00e9raires","og_description":"Il est des r\u00e9alit\u00e9s qu&rsquo;on vit intrins\u00e8quement sans pouvoir en parler avec exactitude. Il en est d&rsquo;autres dont on peut rendre compte avec facilit\u00e9 et profusion. Je crois que ma lecture du roman \u00ab\u00a0Ma R\u00e9silience\u00a0\u00bb fait partie des premi\u00e8res. Et cela est d&rsquo;autant plus bouleversant que je me suis demand\u00e9 : \u00ab\u00a0Si Gustave Flaubert, dans [&hellip;]","og_url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/","og_site_name":"Biscottes Litt\u00e9raires","article_publisher":"https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin","article_published_time":"2018-01-25T00:09:02+00:00","article_modified_time":"2018-04-18T08:35:45+00:00","og_image":[{"width":640,"height":960,"url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg","type":"image\/jpeg"}],"twitter_card":"summary","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"biscotteslitteraires","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"17 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization","name":"Biscottes Litt\u00e9raires","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/","sameAs":["https:\/\/facebook.com\/biscotteslitterairesbenin"],"logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg","contentUrl":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/cropped-LOGO-BL-e1630101307137.jpg","width":960,"height":960,"caption":"Biscottes Litt\u00e9raires"},"image":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/","name":"Biscottes Litt\u00e9raires","description":"Ici nous voyagerons dans les lignes, explorerons les interlignes.","publisher":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#primaryimage","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg","contentUrl":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg","width":640,"height":960},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#webpage","url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/","name":"\u00abMa R\u00e9silience\", Tranquillin A. GBENONTIN - Biscottes Litt\u00e9raires","isPartOf":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#primaryimage"},"datePublished":"2018-01-25T00:09:02+00:00","dateModified":"2018-04-18T08:35:45+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"\u00abMa R\u00e9silience\u00a0\u00bb, Tranquillin A. GBENONTIN"}]},{"@type":"Article","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#webpage"},"author":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946"},"headline":"\u00abMa R\u00e9silience\u00a0\u00bb, Tranquillin A. GBENONTIN","datePublished":"2018-01-25T00:09:02+00:00","dateModified":"2018-04-18T08:35:45+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#webpage"},"wordCount":3420,"commentCount":11,"publisher":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/ma-r\u00e9silience.jpg","articleSection":["lupourvous"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/resilience-tranquillin-a-gbenontin\/#respond"]}]},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/a7786cb98c76c568669b36d299731946","name":"biscotteslitteraires","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/94320ea752b93453cb48b1b2d71ada12?s=96&d=mm&r=g","caption":"biscotteslitteraires"},"url":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/author\/admin\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1754"}],"collection":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1754"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1754\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3136,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1754\/revisions\/3136"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1755"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}