{"id":3435,"date":"2018-05-24T12:25:10","date_gmt":"2018-05-24T12:25:10","guid":{"rendered":"http:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?p=3435"},"modified":"2018-05-24T18:10:33","modified_gmt":"2018-05-24T18:10:33","slug":"pain-quotidien-camelle-adonon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/pain-quotidien-camelle-adonon\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Car je l&rsquo;aime\u00a0\u00bb,  Camelle ADONON"},"content":{"rendered":"<p>La fra\u00eecheur de la nuit battait son plein \u00e0 Kpokim\u00e8, village o\u00f9 je me suis retrouv\u00e9 apr\u00e8s mon \u00e9vasion de S\u00e9gbannan. Je marche \u00e0 travers les buissons \u00e0 la recherche d&rsquo;une cachette pour la nuit. J&rsquo;avais faim et soif. Je ne sais m\u00eame plus quand j&rsquo;ai eu \u00e0 manger pour la derni\u00e8re fois. Cela n\u2019est qu\u2019un d\u00e9tail. De toute fa\u00e7on, pour se sauver de la mort il faut oublier un tant soit peu son ventre. Cela est certain. L\u2019urgence de l\u2019heure, c\u2019\u00e9tait de prix m&rsquo;\u00e9loigner le plus possible de S\u00e9gbannan et surtout ne pas me faire rep\u00e9rer. Apr\u00e8s quelques minutes je trouvai enfin une cachette, sombre mais calme, l\u00e0 o\u00f9 personne ne pourra me retrouver. Un sommeil me prit et je d\u00e9cidai de m&rsquo;allonger dans les buissons, mais comme une mouche importune, la faim se remit \u00e0 aboyer dans mon ventre. C\u2019est donc vrai l\u2019adage : \u00ab\u00a0<em>Si le ventre ne dort pas les yeux ne dorment pas non plus<\/em>.\u00a0\u00bb de fa\u00e7on plus simple, si l&rsquo;on n&rsquo;est pas rassasi\u00e9, on n&rsquo;arrive jamais \u00e0 dormir. Alors comme je n&rsquo;arrivais plus \u00e0 discipliner mon ventre qui gazouillait depuis un moment, je d\u00e9cidai de chasser, mais je me ravisai \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que la chasse n&rsquo;\u00e9tait pas mon point fort. Je me rappelai \u00e0 l&rsquo;instant maman\u00a0; elle me disait qu&rsquo;il faut se nourrir \u00e0 la sueur de son front, mais moi j&rsquo;\u00e9tais plut\u00f4t paresseux. Je me rappelai aussi les gr\u00e8ves de faim que je d\u00e9cr\u00e9tais quand elle me faisait des reproches. Si seulement toutes ces nourritures savoureuses pouvaient se retrouver devant moi \u00e0 l&rsquo;instant, mais non tout \u00e7a faisait partir du pass\u00e9. Comme je n&rsquo;arrivais toujours pas \u00e0 dormir, mes pens\u00e9es se mirent \u00e0 fl\u00e2ner, \u00e0 voguer dans le temps et l\u2019espace. C\u2019est ainsi qu\u2019elles me ramen\u00e8rent sur ma vie \u00e0 la prison, cette prison o\u00f9 je devrais crever si par malchance le brigadier n&rsquo;avait pas fait l&rsquo;erreur de laisser la cellule ouverte cette nuit&#8230;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3437 aligncenter\" src=\"http:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/prison.jpg\" alt=\"\" width=\"572\" height=\"379\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La chaleur qui r\u00e9gnait dans la cellule, n&#8217;emp\u00eachait point mes confr\u00e8res \u00e0 dormir d&rsquo;un sommeil d&rsquo;ange. Allong\u00e9 \u00e0 m\u00eame le sol dans cette cellule puante, moi je ne dormais pas, j&rsquo;\u00e9tais soucieux, je ne voulais plus passer mon temps dans cette atmosph\u00e8re chiante. Cette cellule, je la partageais avec une vingtaine de personnes qui avaient chacune son histoire, son probl\u00e8me, mais on avait tous un probl\u00e8me bien s\u00e9rieux en commun, l&rsquo;odeur infernale, une odeur qui venait de nous-m\u00eames, du bidon en plastique d\u00e9pos\u00e9 dans un coin de la cellule et qui accueillait chaque jour nos d\u00e9chets organiques. \u00c7a puait vraiment et m\u00e9lang\u00e9e avec l&rsquo;odeur corporelle de chacun de nous, la cellule en d\u00e9gageait une odeur pire que celle d&rsquo;une toilette de cour commune. Les cellules de cette cat\u00e9gorie n&rsquo;accueillaient que les pauvres p\u00e9cheurs, les oubli\u00e9s, les riches p\u00e9cheurs \u00e9taient ailleurs, mieux log\u00e9s dans cette prison que nous dans nos maisons, que dis- je ? Nos taudis. Cette nuit o\u00f9 j&rsquo;eus la chance de m&rsquo;\u00e9vader, le vieux Janvier, un confr\u00e8re de la cellule venait de piquer une fois encore sa crise d&rsquo;\u00e9pilepsie. Et comme j&rsquo;\u00e9tais le seul en \u00e9veil j&rsquo;ai d\u00fb alerter par mes cris le brigadier qui \u00e9tait de garde. Il prit un temps fou avant de venir le chercher pour le sanatorium. Je pense bien \u00e0 raison qu&rsquo;il \u00e9tait en plein match au lit, il n&rsquo;avait m\u00eame pas referm\u00e9 sa braguette qui \u00e9cumait de rage. Quand il le prit pour l&rsquo;infirmerie, il oublia de refermer la cellule \u00e0 cl\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait la chance de ma vie, j&rsquo;eus peur au d\u00e9but puisque je ne savais pas si c&rsquo;\u00e9tait un pi\u00e8ge, mais il fallait que je tentasse ma chance pour fuir les punitions matinales, l&rsquo;odeur infernale, la chaleur d&rsquo;enfer\u00a0; alors il fallait tenter le tout pour le tout et c&rsquo;est ce que je fis. Je pense bien que l\u2019op\u00e9ration fut un succ\u00e8s, du moins pour le moment puisque je ne sais pas si je me ferai retrouver demain. J&rsquo;ai d\u00fb m&rsquo;assoupir un moment, puisqu&rsquo;\u00e0 mon r\u00e9veil il faisait d\u00e9j\u00e0 jour. Je constatai avec peur et panique que quelqu&rsquo;un m&rsquo;\u00e9piait, en fait j&rsquo;\u00e9tais dans un champ, quelle malchance moi qui pensais \u00eatre bien cach\u00e9, en s\u00e9curit\u00e9, non, je venais d&rsquo;\u00eatre rep\u00e9r\u00e9 par quelqu&rsquo;un qui se dirige maintenant vers moi. Court, gros et lent dans ses pas, il a plut\u00f4t l&rsquo;air inoffensif. Il me fit un sourire auquel je r\u00e9pondis avec un peu d&rsquo;assurance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone wp-image-3439 aligncenter\" src=\"http:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/rrrr.jpg\" alt=\"\" width=\"497\" height=\"333\" \/><\/p>\n<p>&#8211; Bonjour\u00a0!, me dit-il, en me tendant la main. Moi c&rsquo;est Kodio, je pense bien que vous devez avoir une terrible histoire vu votre air d\u00e9sastreux.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais sans voix, la gorge ass\u00e9ch\u00e9e. Il m\u2019adressa de nouveau la parole\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est mon champ ici, me dit- il en tendant sa petite main, trop petite pour son \u00e2ge vu son visage un peu rid\u00e9. Son visage d\u2019enfant me rassura et sans r\u00e9fl\u00e9chir, je lui fis confiance. Je me levai non sans difficult\u00e9 et le remerciai pour son aide. Il me fit signe de la main de le suivre, ce que je fis. Apr\u00e8s quelques minutes de marche, le trajet me parut interminable en raison de mon \u00e9tat faible. Nous nous retrouv\u00e2mes devant une petite case isol\u00e9e, le genre de case qu&rsquo;on retrouve dans les villages. Il me dit d&rsquo;entrer. J\u2019obtemp\u00e9rai. Il me donna un si\u00e8ge. Je m\u2019assis. La chambre \u00e9tait sombre. Il faisait pourtant jour. La case ne contenait qu&rsquo;une vieille natte, un petit tabouret en bois qui me servait de si\u00e8ge, un canari et des peaux d&rsquo;animaux accroch\u00e9es au mur l\u00e9zard\u00e9 de cette chaumi\u00e8re. L\u2019homme sortit et revint avec un petit bol qui contenait s\u00fbrement de l\u2019eau, il me le tendit et me dit boire le contenu. J\u2019eus peur mais il me dit : \u00ab\u00a0<em>Bois-le et qu&rsquo;il n&rsquo;en reste aucune goutte, cela te permettra de me dire certaine v\u00e9rit\u00e9 sans r\u00e9serve<\/em>.\u00a0\u00bb N&rsquo;ayant pas vraiment le choix, sachant que j&rsquo;\u00e9tais dans une situation d\u00e9licate, j&rsquo;ai d\u00fb boire le contenu comme il me l&rsquo;avait ordonn\u00e9.<\/p>\n<p>Je le regardai maintenant droit dans les yeux et lui demandai s&rsquo;il voulait m&rsquo;aider et que si c&rsquo;\u00e9tait son intention, il serait plus utile qu\u2019il commence par \u00e9couter les j\u00e9r\u00e9miades de mes visc\u00e8res. Il arbora un petit sourire au coin des l\u00e8vres et ressorti de la chambre. Je profitai de son absence pour m&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 m\u00eame le sol, la fatigue me prenait vraiment. Je n&rsquo;avais pas eu le temps de m&rsquo;assoupir un moment qu&rsquo;il revint et me tendit un plat de haricot \u00e0 l&rsquo;huile rouge m\u00e9lang\u00e9 avec du <em>gari,<\/em> comme je les aime et me dit : \u00ab\u00a0<em>Finis ton plat et tu me dis ce qui t&rsquo;a conduit dans mon champ<\/em>\u00ab\u00a0. Il ressortit et revint avec son plat \u00e0 lui. Je mangeais avec app\u00e9tit sous le regard interrogateur de mon sauveur. Quand nous fin\u00eemes nos plats, il alla d\u00e9poser les assiettes dans un coin de la chambre et revint s&rsquo;assoir en face de moi. Je savais bien au fond de moi que je lui devais toute la v\u00e9rit\u00e9, je le regardai et lui demandai de ne pas m&rsquo;interrompre au cours de mon histoire. Il hocha la t\u00eate en signe d&rsquo;approbation.<\/p>\n<p>&#8211; \u00c9l\u00e8ve, je n&rsquo;\u00e9tais pas tr\u00e8s intelligent ni travailleur, je ne faisais pas non plus d&rsquo;effort pour l&rsquo;\u00eatre un peu. J&rsquo;\u00e9tais dernier, et je luttais de toutes mes \u00e9nergies pour maintenir cette place. Je me voulais ind\u00e9tr\u00f4nable, et j&rsquo;ai r\u00e9ussi \u00e0 toujours garder cette place. \u00c9tant le seul enfant de ma m\u00e8re dans une famille polygamique, ma m\u00e8re voulait \u00e0 tout prix que je devienne \u00ab\u00a0un grand homme\u00a0\u00bb comme elle aimait \u00e0 le dire. Et \u00eatre un grand homme pour elle, c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;avoir des dipl\u00f4mes et de travailler dans un bureau comme son cousin Jacob qui vivait en ville. Et pour cela, elle mettait toutes ses \u00e9conomies de ma\u00efs grill\u00e9 dans ma scolarit\u00e9. Je ne faisais pourtant pas d&rsquo;effort pour r\u00e9aliser ce r\u00eave de ma m\u00e8re, moi je voulais vivre comme mes demi-fr\u00e8res, rebelles et ind\u00e9pendants. Leur vie me fascinait, car ils n&rsquo;avaient pas besoin, pour sortir, de l\u2019autorisation venant de notre p\u00e8re qui se saoulait \u00e0 longueur de journ\u00e9e chez papa Gabi ni de leur m\u00e8re r\u00e9put\u00e9e et redout\u00e9e pour sa violence et la qualit\u00e9 de ses coups de poings. J&rsquo;admirais le courage de Vincent, le fils a\u00een\u00e9 de mon p\u00e8re, il \u00e9tait le plus fort du quartier et son nom \u00e9tait cit\u00e9 dans toutes les bagarres du village et des hameaux environnants. Avec ses autres fr\u00e8res, il allait souvent \u00e0 la chasse ou \u00e0 des comp\u00e9titions de lutte. Moi j&rsquo;\u00e9tais le \u00ab\u00a0gar\u00e7on-fille\u00a0\u00bb de la maison, c&rsquo;\u00e9tait comme \u00e7a qu&rsquo;on me traitait et cela \u00e0 cause de ma m\u00e8re trop protectrice. Je n&rsquo;avais pas le droit de sortir de la chambre de ma m\u00e8re apr\u00e8s \u00eatre rentr\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cole, de peur de passer sous le nez des belles m\u00e8res sorci\u00e8res, comme me le disait maman.<\/p>\n<p>Ma m\u00e8re \u00e9tait plut\u00f4t trop croyante, ce qui faisait qu&rsquo;elle fr\u00e9quentait presque toutes les \u00e9glises \u00e0 la fois \u00e0 la recherche du \u00ab\u00a0salut\u00a0\u00bb. La nuit, on passait la moiti\u00e9 du temps qu&rsquo;il fallait pour un bon sommeil, \u00e0 prier. Ma m\u00e8re qui n&rsquo;avait jamais connu les portes d&rsquo;une classe d&rsquo;\u00e9cole, me donnait la Bible et je devais servir de lecteur. Les versets bibliques j&rsquo;en lisais beaucoup et ma m\u00e8re r\u00e9pondait \u00e0 chaque fin de verset amen, sans rien y comprendre. Elle me disait souvent que notre famille semblait envo\u00fbt\u00e9e puisque aucun de ses membres n&rsquo;\u00e9tait \u00e9panoui et elle voulait me pr\u00e9server de ce mauvais sort. Moi je ne croyais pas trop aux paroles de ma m\u00e8re, mais vu la situation de notre p\u00e8re, je me disais que la mal\u00e9diction \u00e9tait sur lui. Aucun \u00eatre normal, qui n&rsquo;est pas poss\u00e9d\u00e9 par des esprits mal\u00e9fiques, ne pouvait consommer autant de d\u00e9calitres de Sodabi en une journ\u00e9e. Mon p\u00e8re, je ne l&rsquo;aimais pas, que Dieu m&rsquo;en pardonne. Notre nom de famille faisait souvent la Une dans le village, pas parce que j&rsquo;ai des fr\u00e8res \u00e0 probl\u00e8me, ni un p\u00e8re comme grand saoulard du village, mais \u00e0 cause de mes demi-s\u0153urs, de vraies abonn\u00e9es du sexe. Elles passaient tout leur temps \u00e0 la maison sans rien faire et une fois sortie, c&rsquo;est pour arracher les maris des pauvres dames. Cela cr\u00e9ait chaque fois des disputes \u00e0 la maison, puisque les dames y d\u00e9barquaient en furie, la bouche pleine de menaces et de mal\u00e9dictions. Bella, la plus jeune, la plus belle aussi, s&rsquo;\u00e9tait lanc\u00e9e dans la vente de Gari (farine de manioc) en sachet apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9chec au CEP. La derni\u00e8re fois qu\u2019elle a pass\u00e9 cet examen, c\u2019\u00e9tait avec notre cousin Taklohoumigo qui \u00e9tait au CI quand elle allait au CEP pour la deuxi\u00e8me fois. Et aussi paradoxal que cela puisse \u00eatre, elle \u00e9tait la seule fille instruite dans la famille. Mais depuis ce fameux jour o\u00f9 le mouton noir de papa Gbossou avait bouff\u00e9 tous le gari qu&rsquo;elle vendait pour se faire d&rsquo;\u00e9conomie, elle s&rsquo;est lanc\u00e9e elle aussi dans le m\u00e9tier du sexe. Maligne qu&rsquo;elle \u00e9tait, elle voilait son m\u00e9tier par la vente de bouillie de soja les soirs, ce qui lui attirait beaucoup de clients dans ses deux m\u00e9tiers. Vous voyez bien que j&rsquo;ai une famille incroyable.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone wp-image-3440 aligncenter\" src=\"http:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/incendie.jpg\" alt=\"\" width=\"690\" height=\"436\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je marquai une pose et Kodio me demanda calmement\u00a0: \u00ab\u00a0<em>mais qu&rsquo;est ce qui a pu bien te conduire jusqu&rsquo;ici ?<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&#8211; Tout se passait comme d&rsquo;habitude, la routine quotidienne, on vivait comme toujours jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 maman Kponou vint crier dans notre cour qu&rsquo;il y avait des tonnes de sacs de Riz gratuit \u00e0 Dom\u00e8 et tout le monde y allait prendre. Cela r\u00e9jouissait toute la famille puisque du riz, on en prenait qu&rsquo;en occasion des f\u00eates. Alors ma m\u00e8re prit sa bassine et s&rsquo;en alla avec deux de ses co\u00e9pouses et leurs enfants. C&rsquo;\u00e9tait la derni\u00e8re fois que je la vis vivante, elle fut victime du drame de Tori Avam\u00e8 et je devins orphelin de m\u00e8re. Ses obs\u00e8ques eurent lieu sans tarder, elle n&rsquo;avait m\u00eame pas eu droit \u00e0 une messe pour le repos de son \u00e2me, elle ne payait pas les d\u00eemes et le pr\u00eatre ne la connaissait pas. Mon p\u00e8re me mit \u00e0 la charge de sa premi\u00e8re femme, la m\u00e8re de Vincent, mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Elle s&rsquo;occupait comme elle le pouvait de moi, mais l&rsquo;absence de ma m\u00e8re me pesait, ses repas savoureux accompagn\u00e9s de poissons me manquaient. Les repas de maman Vincent n&rsquo;\u00e9taient jamais accompagn\u00e9s de poissons ou plut\u00f4t ma part du repas ne connaissait jamais le go\u00fbt du poisson. Elle donnait comme excuse que mon saoulard de p\u00e8re ne lui a pas donn\u00e9 de l&rsquo;argent pour me nourrir et que si elle me donnait \u00e0 manger, c&rsquo;\u00e9tait par pure piti\u00e9. Le jour o\u00f9 elle me dit cela, je pleurai ma m\u00e8re et je compris qu&rsquo;avec elle je vivais le paradis.<\/p>\n<p>Depuis ce drame qui conduit ma pauvre m\u00e8re \u00e0 la mort, je voyais tr\u00e8s mal maman Kponou, puisque si elle n&rsquo;\u00e9tait pas venue annoncer cette nouvelle dans notre concession, personne d&rsquo;autre ne le ferait et ma m\u00e8re serait encore vivante. Je vous le dis, cette dame, c&rsquo;\u00e9tait notre journaliste du village, au parfum d&rsquo;une nouvelle elle l&rsquo;annon\u00e7ait de maison en maison. Kponou devrait manger et pour \u00e7a, sa paresseuse de m\u00e8re n&rsquo;avait pour travail que de passer de case en case annon\u00e7ant des nouvelles contre des miettes de repas. Je ne l&rsquo;aimais pas, elle \u00e9tait capable de troubler la paix et m\u00e9langer toute une famille juste pour se nourrir. Depuis la mort de maman, mon p\u00e8re ne restait plus le moins du monde \u00e0 la maison en journ\u00e9e, non pas qu&rsquo;il se saoulait n n\u00e9cessairement chez papa Gabi, mais il passait tout son temps au si\u00e8ge de l&rsquo;ONG \u00ab\u00a0Aide aux Personnes Affam\u00e9es et Gourmandes\u00a0\u00bb APAG. Papa y allait pleurer sa tendre femme et criait famine. Apr\u00e8s le drame qui a frapp\u00e9 la population de Togbam\u00e8, le Gouvernement de Nyinw\u00e8 Nyind\u00e9sou en partenariat avec des ONG avait \u0153uvr\u00e9 pour aider les victimes, alors il promit des sacs de Riz, des cartons de sucres et de lait, des bidons d&rsquo;huile aux familles des victimes. Au parfum de cette bonne nouvelle, mon p\u00e8re comme la majorit\u00e9 de la population de passait leurs journ\u00e9es au si\u00e8ge de l&rsquo;ONG attendant leur part du butin. Ceux qui n&rsquo;avaient m\u00eame pas perdu une aiguille dans le feu de Dom\u00e8, y allaient pour pleurer un enfant, une femme ou un fr\u00e8re mort dans l&rsquo;incendie. Chacun attendait avec impatience le grand jour de la distribution, mais ce jour ne venait jamais, ce jour ne vint pas. Les autorit\u00e9s charg\u00e9es de distribuer les kites avaient pris leur part, la population n&rsquo;eut rien, sauf mon p\u00e8re qui a eu quelques kilogrammes de riz, un bidon d&rsquo;huile, un carton de sucre et de lait gr\u00e2ce \u00e0 la gentillesse de mon oncle Jacob, le cousin de ma m\u00e8re. Quand mon p\u00e8re eut re\u00e7u tout \u00e7a, il s&rsquo;enferma dans sa chambre, cuisinait lui-m\u00eame et se faisait chaque jour un petit festin. Quand il fut en rupture de stock, il ressorti et reprit sa vie habituelle. Quand le Gouvernement fut au courant de la mauvaise action de ses collaborateurs, une enqu\u00eate fut ouverte et les coupables furent enferm\u00e9s. Oncle Jacob n&rsquo;\u00e9chappa pas \u00e0 la prison lui aussi, c&rsquo;est ainsi que ma vie d&rsquo;enfer commen\u00e7a, puisque je devrais continuer mes \u00e9tudes chez lui en ville selon les dires de mon p\u00e8re. \u00c0 la nouvelle rentr\u00e9e scolaire, je ne repris pas les cours, faute de moyen. Je passais mes journ\u00e9es dans les ruelles du village. Cette fois, maman n&rsquo;\u00e9tait plus pour m&rsquo;interdire quoi que ce soit. J&rsquo;allais voler des mangues dans les champs pour me nourrir en journ\u00e9e. \u00a0J&rsquo;avais int\u00e9gr\u00e9 un groupe de jeu avec des gar\u00e7ons de mon \u00e2ge, je faisais tout ce que maman n&rsquo;aurait pas voulu de son vivant. Je devenais peu \u00e0 peu un enfant de la rue, m\u00eame si l&rsquo;on dit que la rue est st\u00e9rile et ne fait pas d&rsquo;enfant, elle sait si bien l&rsquo;adopter. Personne ne se souciait de moi \u00e0 la maison et cela me rendait ind\u00e9pendant, je rentrais quand je voulais et ressortais quand l&rsquo;envie me prenait.<\/p>\n<p>Quatre ans apr\u00e8s la mort de maman, je venais de f\u00eater mes 18 ans et cela me r\u00e9jouit beaucoup. Je me sentais homme et j&rsquo;en \u00e9tais fier. Alors en un samedi de mi-d\u00e9cembre, la fra\u00eecheur me prit et une id\u00e9e pas tr\u00e8s catholique me traversa l&rsquo;esprit. Rita avait grandi, elle avait tout d&rsquo;une bonne femme malgr\u00e9 ses quatorze ans, elle \u00e9tait venue de la ville depuis un an et vivait chez sa tante, maman Kponou. Rita m&rsquo;aimait et Rita venait dans la chambre de ma d\u00e9funte m\u00e8re. L&rsquo;id\u00e9e de la voir nue ne m&rsquo;avait jamais travers\u00e9 l&rsquo;esprit jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour. Je voulais \u00e0 tout prix voir Rita, alors je l&rsquo;invitai chez moi dans la soir\u00e9e et je fis ce que je ne devrais pas faire avec une fille de son \u00e2ge. Rita l&rsquo;avait aim\u00e9 et Rita venait chaque jour me voir sur la natte que je partageais avec ma m\u00e8re, paix \u00e0 son \u00e2me. Je donnais du plaisir \u00e0 Rita et elle me donnait du plaisir \u00e0 chaque fois que l&rsquo;occasion s&rsquo;offrait \u00e0 nous. Tout allait bien et un jour tout bascula. Rita n&rsquo;avait pas ses menstrues depuis deux mois et maman Kponou s&rsquo;en aper\u00e7ut. Enqu\u00eate sur enqu\u00eate, on vint \u00e0 moi comme l&rsquo;auteur de l&rsquo;\u00e9tat de Rita. Mon p\u00e8re me battit \u00e0 mort, mais ce n\u2019\u00e9tait pas tout, les parents de Rita une fois au courant, se sont tourn\u00e9s vers la justice. Je fus enferm\u00e9 en prison. Je ne sais m\u00eame pas \u00e0 quand mon verdict puisque mon dossier, je pense qu&rsquo;il \u00e9tait perdu parmi tant d&rsquo;autres. Si seulement maman \u00e9tait vivante, si seulement mon p\u00e8re avait un peu de conscience&#8230;.<\/p>\n<p>Je tournai mon regard mais il n&rsquo;y avait plus Kodio. Je me r\u00e9veillai brusquement. Mon corps ruisselait de sueur. Je fis un tour dans la chambre de maman. Elle luttait entre la vie et la mort. L\u00e0 ce n\u2019\u00e9tait pas un cauchemar. En allant appeler mon p\u00e8re qui jouait au domino sur la place public, j\u2019aper\u00e7us Rita que battait sa m\u00e8re, lui demandant l\u2019auteur. Je ne sus de quel livre, mais je d\u00e9talai comme un \u00e9talon. Il faut que maman survive. J&rsquo;ai encore besoin d&rsquo;elle. Je ne sais pas si je lui ai jamais dit : \u00ab\u00a0Je t&rsquo;aime, maman\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Camelle ADONON<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-3436 aligncenter\" src=\"http:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/adonon-carmelle.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"960\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/adonon-carmelle.jpg 720w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/adonon-carmelle-225x300.jpg 225w\" sizes=\"(max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/p>\n<p><span class=\"_5yl5\">Camelle ADONON est \u00e9tudiante en premi\u00e8re ann\u00e9e de droit \u00e0 la Facult\u00e9 de Droit et de Sciences Politiques d&rsquo;Abomey calavi . 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