{"id":8711,"date":"2020-12-01T08:14:13","date_gmt":"2020-12-01T08:14:13","guid":{"rendered":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/?p=8711"},"modified":"2020-12-02T16:13:07","modified_gmt":"2020-12-02T16:13:07","slug":"axelle-kabou-lexcommuniee-elgas-les-damnes-de-leur-terre-n1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/axelle-kabou-lexcommuniee-elgas-les-damnes-de-leur-terre-n1\/","title":{"rendered":"\u00ab Axelle Kabou, l\u2019excommuni\u00e9e \u00bb Elgas : \u00ab\u00a0Les damn\u00e9s de leur terre N\u00b01)"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Dans le cadre des chroniques litt\u00e9raires sur notre blog, Elgas nous propose cinq portraits d&rsquo;auteurs ayant fait l&rsquo;exp\u00e9rience de ce qu&rsquo;il appelle \u00ab\u00a0<span class=\"tojvnm2t a6sixzi8 abs2jz4q a8s20v7p t1p8iaqh k5wvi7nf q3lfd5jv pk4s997a bipmatt0 cebpdrjk qowsmv63 owwhemhu dp1hu0rb dhp61c6y iyyx5f41\">l&rsquo;am\u00e8re saveur de la libert\u00e9<\/span>\u00ab\u00a0. Ces auteurs ont pour noms: \u00ab\u00a0<span class=\"tojvnm2t a6sixzi8 abs2jz4q a8s20v7p t1p8iaqh k5wvi7nf q3lfd5jv pk4s997a bipmatt0 cebpdrjk qowsmv63 owwhemhu dp1hu0rb dhp61c6y iyyx5f41\">Axelle Kabou, l&rsquo;excommuni\u00e9e\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Sassine, le rire grave\u00a0\u00bb,\u00a0 \u00ab\u00a0Baenga, l&rsquo;Asie majeure\u00a0\u00bb,\u00a0 \u00ab\u00a0Mongo B\u00e9ti, le pauvre Christ d&rsquo;Akom\u00e9tam\u00a0\u00bb\u00a0 \u00ab\u00a0Senghor, le pair n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb. Il r\u00e9unit ces portraits sous le vocable : \u00ab\u00a0<em>Les damn\u00e9s de leur terre<\/em>\u00ab\u00a0. La premi\u00e8re s\u00e9rie des \u00ab\u00a0damn\u00e9s de leur terre\u00a0\u00bb est consacr\u00e9e \u00e0 Axelle Kabou. Bonne d\u00e9couverte \u00e0 vous!<\/span><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-8712\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/axell.jpg\" alt=\"\" width=\"207\" height=\"244\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un dr\u00f4le de voyage, pratiquement sans destination, peut-\u00eatre sans but formel, mais qui ne manque pourtant pas d\u2019int\u00e9r\u00eat. Aller \u00e0 la recherche d\u2019Axelle Kabou, intellectuelle d\u2019origine camerounaise et de nationalit\u00e9 franco-s\u00e9n\u00e9galaise d\u2019une soixantaine d\u2019ann\u00e9es aujourd\u2019hui, qui s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e dans le silence depuis de longues ann\u00e9es, c\u2019est l\u2019esp\u00e9rer furtivement, sur la pointe bretonne, au d\u00e9tour d\u2019un indice num\u00e9rique. La perdre. Finir par ravaler sa frustration, et se soumettre au myst\u00e8re. Le coffre-fort, semble-t-il, est bien scell\u00e9, rien ne s\u2019\u00e9bruite m\u00eame en tambourinant de mani\u00e8re fr\u00e9n\u00e9tique \u00e0 la porte du secret. Il y a dans le silence de cette pr\u00e9retrait\u00e9e forc\u00e9e, les m\u00eames reflux amers que ceux de Yambo Ouologuem, autre sublime pestif\u00e9r\u00e9 des <em>Lettres africaines<\/em>, dont le mutisme enclos \u00e0 S\u00e9var\u00e9, est rest\u00e9 incorruptible jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 2016, laissant le mythe entier\u00a0; le myst\u00e8re encore plus enivrant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le myst\u00e8re pas si myst\u00e9rieux d\u2019une retraite<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Axelle Kabou, on peut bien gloser, \u00e9chafauder des plans, avancer des hypoth\u00e8ses, n\u2019emp\u00eache, les indices sont maigres, et sauf \u00e0 faire parler les t\u00e9moins, les indiscrets, et interm\u00e9diaires &#8211; dont les propos sont parfois sinon toujours sujets \u00e0 caution &#8211; il serait imprudent de la ventriloquer de loin. Plus sage sans doute, est-il, d\u2019exploiter les documents ou pi\u00e8ces \u00e0 convictions disponibles. A l\u2019inventaire, il reste deux livres, une dizaine d\u2019interviews, des recensions dans les travaux universitaires, des critiques\u00a0; mais surtout, de tout ceci, retenir\u00a0: une r\u00e9putation qui essaime encore, de colloques en conf\u00e9rences, o\u00f9 des ann\u00e9es apr\u00e8s son retrait du monde, la rancune contre elle reste tenace. Elle occupe le mauvais r\u00f4le\u00a0: celui de tra\u00eetre. Comme traces d\u2019une vie litt\u00e9raire, m\u00eame courte, on aura sans doute vu beaucoup plus fourni et plus bienveillant. Et la question assassine intervient d\u00e8s lors tr\u00e8s vite\u00a0: pourquoi\u00a0? Pour y r\u00e9pondre sans gager d\u2019\u00eatre convainquant, ni promettre la \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb,\u00a0il faut brosser l\u2019image d\u2019un demi-si\u00e8cle de d\u00e9bats intellectuels couleur afro, o\u00f9 une jeune femme de trente ans, avec insolence, et un talent s\u00fbr, probablement une certaine candeur, et sans doute bien des imperfections, a jet\u00e9 un inconfort inhabituel dans les perceptions africaines de soi\u00a0; inconfort dont les traits proph\u00e9tiques, aujourd\u2019hui encore, d\u00e9fient ses contempteurs et le temps.<img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8713\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/et-si-lafrique-refusait-le-d\u00e9veloppement-189x300.jpg\" alt=\"\" width=\"189\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/et-si-lafrique-refusait-le-d\u00e9veloppement-189x300.jpg 189w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/et-si-lafrique-refusait-le-d\u00e9veloppement.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 189px) 100vw, 189px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un contexte et un livre, le d\u00e9but de la tourmente<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout commence par un cri de naissance, 1991. Un livre inattendu par lequel arrive la d\u00e9flagration. Le contexte africain n\u2019est pas reluisant. Guerres, famines, horizons chaotiques, le tableau est sombre. Les promesses des ind\u00e9pendances s\u2019ensablent dans la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un devenir ennuag\u00e9\u00a0; et au chevet du continent s\u2019empressent bailleurs \u00e9touffants, institutions lib\u00e9rales carnassi\u00e8res, charognards en qu\u00eate de pitance cadav\u00e9rique, \u00e9namour\u00e9s en qu\u00eate d\u2019exotisme, et vendeurs enivr\u00e9s de cercueils. La seule v\u00e9rit\u00e9 pourtant, c\u2019est que les r\u00e9dactions occidentales et leurs antennes puissantes, de Paris \u00e0 Londres, peignent un continent \u00e0 l\u2019agonie, et il se dit m\u00eame, dans les discrets t\u00e9l\u00e9grammes du cabinet de Bill Clinton, que <em>rayer ce continent de la surface du globe, ne se ferait ressentir<\/em>. Mais de ces grandes messes basses, plut\u00f4t communes en ce temps, racistes de surcro\u00eet, peine \u00e0 \u00e9merger un propos rationnel pour expliquer, sans \u0153ill\u00e8res ni lorgnettes, comment on en est arriv\u00e9 l\u00e0. L\u2019image des r\u00e9fugi\u00e9s, baluchons sur l\u2019\u00e9paule, des enfants malnutris, des crimes politiques, des maladies, des dictateurs d\u00e9coup\u00e9s dans les rues, est obs\u00e9dante et peint le continent en trag\u00e9die chronique. D\u2019autant plus que ce r\u00e9cit m\u00e9diatique apocalyptique a cohabit\u00e9 sans heurts majeurs avec le registre \u00e9logieux des tiers-mondistes, majoritairement blancs qui, au m\u00e9pris de toute \u00e9tude s\u00e9rieuse, faisaient d\u00e9j\u00e0 entendre le refrain un poil paternaliste qui fait la paire avec le racisme n\u00e9gatif \u2013 avec la pr\u00e9valence toutefois chez eux de la responsabilit\u00e9 occidentale dans le drame africain. Ce propos vire vite en cat\u00e9chisme et la d\u00e9colonisation sublime (Fanon, Bandoeng, Alg\u00e9rie\u2026) \u00e0 la mode aidant, cette id\u00e9e devient paradigmatique. <em>La faute \u00e0 la colonisation <\/em>s\u2019impose tr\u00e8s vite comme le paradigme. En somme, la banni\u00e8re de ralliement, du nord au sud, qui, sur la base du sentimentalisme, plus que sur des bases factuelles, f\u00e9d\u00e8re des acteurs pluriels. Publier donc, dans cette p\u00e9riode, \u00ab\u00a0<strong><em>Et si l\u2019Afrique refusait le d\u00e9veloppement<\/em> ?<\/strong>\u00a0\u00bb avec ce titre faussement na\u00eff, prenant \u00e0 rebours les th\u00e8ses les plus \u00e9tablies, legs des farouches luttes anticoloniales, c\u2019\u00e9tait se livrer \u00e0 un jeu de massacre. Axelle Kabou en fit (et en fait) les frais.<img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8714\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/kakouaxelle2-176x300.jpg\" alt=\"\" width=\"176\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/kakouaxelle2-176x300.jpg 176w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/kakouaxelle2.jpg 294w\" sizes=\"(max-width: 176px) 100vw, 176px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un essai \u00e0 rebours des th\u00e8ses dominantes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle a alors une trentaine d\u2019ann\u00e9es. Est totalement m\u00e9connue du s\u00e9rail. Elle ne se d\u00e9monte pas, et sa th\u00e8se est simple\u00a0: les causes des probl\u00e8mes africains sont \u00e0 chercher dans un refus du d\u00e9veloppement, consid\u00e9r\u00e9 comme une injonction exog\u00e8ne et que\u00a0tout dans la structure des soci\u00e9t\u00e9s africaines m\u00e9conna\u00eet. Dans ses mots, cela donne\u00a0: \u00ab\u00a0<strong><em>L\u2019Afrique doit \u00eatre invit\u00e9e \u00e0 repenser ses choix id\u00e9ologiques et sociaux, \u00eatre amen\u00e9e \u00e0 comprendre clairement pourquoi le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 ne peut aboutir qu\u2019\u00e0 une catastrophe. En d\u2019autres termes, au lieu d\u2019inciter les africains \u00e0 s\u2019entre-\u00e9gorger par programmes d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de privation interpos\u00e9s, il faudrait d\u2019abord chercher \u00e0 savoir pourquoi l\u2019audace, l\u2019imagination, l\u2019inventivit\u00e9, restent des denr\u00e9es rares chez eux, au bout de trente ann\u00e9es d\u2019ind\u00e9pendance.\u00a0Il faut, en un mot, se rendre compte que l\u2019Afrique a mis autour d\u2019elle-m\u00eame un puissant dispositif culturel permettant de d\u00e9primer \u00e0 la base tout d\u00e9sir de cr\u00e9ativit\u00e9.<\/em><\/strong><em>\u00bb (Kabou, 1991\u00a0: 84)<\/em>. Voici pour le constat sans d\u00e9tour. La devise du livre, des pages avant, annon\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 comme promesse\u00a0:<em>\u00ab\u00a0<strong>A ce titre, ce livre est bien celui d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration, objectivement priv\u00e9e d\u2019avenir, qui a tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 travailler \u00e0 l\u2019effondrement des nationalismes \u00e9troits des ind\u00e9pendances, et \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019une Afrique large, forte et digne.<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb (p.14) Ce constat fondateur m\u00e8ne \u00e0 une analyse document\u00e9e, transversale, volontiers bagarreuse, \u00e0 la langue chatoyante, et d\u00e9j\u00e0 \u00e0 un amour de la formule qui fait mouche. Pour ne rien arranger, l\u2019auteure fait appel, d\u00e9j\u00e0 en exergue du texte avec deux citations malicieuses, \u00e0 Edem Kodjo et \u00e0 Albert Memmi, incontournables auteurs de la d\u00e9colonisation sous le mentorat desquels elle s\u2019abrite, et souvent \u00e0 propos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8716\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/citationskabou-225x300.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus loin, le catalogue des r\u00e9f\u00e9rences s\u2019\u00e9toffe\u00a0: du Cheikh Anta Diop \u00e0 foison, qu\u2019elle semble admirer, Julius Nyerere, Fanon&#8230; Elle chasse sur les terres de ses d\u00e9tracteurs potentiels et pioche dans l\u2019h\u00e9ritage panafricain qui reste une source commune quand elle ne tombe pas en coupe r\u00e9gl\u00e9e des sectarismes. En plus, elle a bachot\u00e9\u00a0: des coupures de presses, une bibliographie impressionnante, une hargne dans les r\u00e9f\u00e9rences, des citations, viennent pr\u00e9venir les proc\u00e8s probables en l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. C\u2019est un vrai essai, dans la tradition de la col\u00e8re sublime, avec ses envol\u00e9es emphatiques comme ses faiblesses r\u00e9p\u00e9titives, propres aux \u00e9panchements indign\u00e9s. La man\u0153uvre est habile de sa part et l\u2019ensemble est entrainant. Mais quelques extraits mal d\u00e9grossis sont du pain b\u00e9nit pour ses ennemis. En effet, le langage aux codes racialistes ne passe pas, surtout au vu du pass\u00e9, du passif, de l\u2019estime de soi mise \u00e0 rude \u00e9preuve par les parenth\u00e8ses esclavage\/colonisation et leurs s\u00e9quelles\u00a0; tout cela venant d\u2019une fille du continent. Un crime de l\u00e8se-m\u00e9lanine\u00a0! Impardonnable\u00a0! Voil\u00e0 une accumulation qui rend les r\u00e9actions \u00e9pidermiques, car la plume est partie trop loin dans la plaie, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os, sinon au c\u0153ur. Elle charrie des blessures li\u00e9es au refoulement\u00a0de cette histoire encore trop fra\u00eeche ; ce crime de r\u00e9v\u00e9lation du sacr\u00e9 que ne pardonnent que tr\u00e8s peu les siens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bilan\u00a0: assez de tares pour appara\u00eetre comme la figure m\u00eame de la f\u00e9lonie. Quand on remonte cette p\u00e9riode, la r\u00e9ception du livre se fait en deux temps\u00a0: l\u2019essai est salu\u00e9, la sc\u00e8ne m\u00e9diatique s\u2019embrase, la nouveaut\u00e9 intrigue, l\u2019originalit\u00e9 est piquante. \u00ab\u00a0<em>Qui est cette jeune femme\u00a0?<\/em>\u00ab\u00a0, formule-t-on, <em>in petto<\/em>, avec un m\u00e9lange de curiosit\u00e9 saine et de voyeurisme. Le livre se diffuse et fige chacune des chapelles dans ses certitudes. C\u2019est un objet br\u00fblant que chacun se repasse. Mais tr\u00e8s vite arrive la deuxi\u00e8me lame, pour contrer l\u2019enthousiasme qui commence \u00e0 \u00e9paissir. Le crash succ\u00e8de \u00e0 l\u2019envol. Le livre devient un ph\u00e9nom\u00e8ne malodorant\u00a0: du souffre brut. Comme toujours, peu importe qu\u2019il soit lu, ses th\u00e8ses, ramen\u00e9es \u00e0 l\u2019os, les d\u00e9coupes malhonn\u00eates de son propos, les interpr\u00e9tations malveillantes, font flores. Et les critiques abondent. Il est \u00e9tonnant, \u00e0 les recenser, de voir le nombre de textes qui se sont \u00e9lev\u00e9s dans les revues contre cet essai rapidement disqualifi\u00e9 pour ses charges qualifi\u00e9es d\u2019\u00ab\u00a0excessives\u00a0\u00bb\u00a0! Jean-Fran\u00e7ois Revel, auteur du pamphlet \u00ab\u00a0<strong><em>Pourquoi des philosophes\u00a0<\/em>?<\/strong>\u00a0\u00bb (1957) l\u2019annon\u00e7ait pour se d\u00e9fendre contre les attaques\u00a0: la meilleure mani\u00e8re de tenter de disqualifier un livre, c\u2019est de le qualifier de pamphlet. Car cela suppose l\u2019excessif donc l\u2019insignifiant. Mais il s\u2019empressait d\u2019ajouter que la v\u00e9rit\u00e9 est toujours \u00ab\u00a0<em>excessive parce qu\u2019insupportable<\/em>.\u00a0\u00bb Axelle Kabou, grande lectrice d\u2019essais, a sans doute lu Revel, mais elle ne d\u00e9joue pas pour autant le pi\u00e8ge qui se referme sur elle.<img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8719\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/004042012161719000000axellekabouokip-300x171.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"171\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/004042012161719000000axellekabouokip-300x171.jpg 300w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/004042012161719000000axellekabouokip.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le processus de la quarantaine<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des deux c\u00f4t\u00e9s des relations post-coloniales, elle est prise en \u00e9tau. R\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par les paternalistes n\u00e9grophobes\u00a0; vilipend\u00e9e par les <em>maternalistes<\/em> n\u00e9grophiles\u00a0! Tous parisiens. Pas s\u00fbr qu\u2019au fond du Cameroun, on e\u00fbt ainsi la chance de se faire une id\u00e9e\u2026Mais peu importe. Son discours n\u2019est ni souhaitable, ni d\u00e9fendable, il vient faire grincer le r\u00e9cit porteur de la d\u00e9colonisation, et qu\u2019\u00e0 ce titre, le b\u00e2illon est l\u2019instrument efficace. Vient ensuite le temps des attaques personnelles, sur un texte <em>qu\u2019elle n\u2019aurait pas \u00e9crit<\/em>, sur son ascendance familiale qui ent\u00e9rinerait son statut d\u2019\u00a0\u00bb<em>uncle Tom<\/em>\u00a0\u00bb, sur ses complexes biologiques. On d\u00e9gaine Frantz Fanon pour lui pr\u00eater un <em>masque blanc <\/em>et la maintenir en distanciation sociale et litt\u00e9raire. On note alors le nombre impressionnant d\u2019\u00e9crivains et d\u2019intellectuels qui m\u00e8nent le front pour la d\u00e9busquer en termes peu am\u00e8nes. Finalement, de d\u00e9bats sur l\u2019essentiel, tr\u00e8s peu. Celle qui est fonctionnaire internationale repart dans sa tani\u00e8re. Elle ne s\u2019\u00e9panche que tr\u00e8s peu sur les attaques et consent \u00e0 un silence, sans jamais renier, au fil des ann\u00e9es son livre incrimin\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la m\u00e9canique de sa mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, il y a tout ou presque du rituel de l\u2019excommunication\u00a0: le blasph\u00e8me originel, le rejet fanatique et fatalement le silence. C\u2019est un mauvais filon que d\u2019essayer dans son \u0153uvre de responsabiliser les africains en termes crus et sans imputer la responsabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019ailleurs. Ceux qui s\u2019y risquent ont souvent des fusils \u00e0 une munition. M\u00eame habile, un tir esseul\u00e9 dans la cible et c\u2019est plus ou moins la fin de partie. Jean-Paul Ngoupande et Moussa Konat\u00e9 en sont d\u2019autres exemples avec des fortunes plus ou moins similaires. Cette ligne de cr\u00eate est \u00e0 risque, et tomber du mauvais c\u00f4t\u00e9 de la barri\u00e8re, celui o\u00f9 le <em>reniement de soi (th\u00e8se offensive d\u2019un essai de Bourahima Ouattara paru en 2017 chez Pr\u00e9sence africaine)<\/em> condamne \u00e0 la solitude. M\u00eame AyiKwei Armah, auteur du merveilleux et sombre <em>The Beautyful Ones Are Not Yet Born <\/em>(1968), lui qu\u2019on ne suspecte d\u2019\u00eatre un ren\u00e9gat, a d\u00fb endurer que le pape Chinua Achebe attaque son livre comme pr\u00eat de flanc \u00e0 l\u2019ennemi. De Ren\u00e9 Dumont \u00e0 Stephen Smith, de \u00ab\u00a0<em><strong>L\u2019Afrique noire est mal partie<\/strong>\u00a0\u00bb (1962) <\/em>\u00e0 la \u00ab\u00a0<em><strong>N\u00e9grologie<\/strong>\u00a0\u00bb (2003)<\/em>, il s\u2019est \u00e9coul\u00e9 un douloureux temps, trois d\u00e9cennies, o\u00f9 tout ce qui s\u2019apparente \u00e0 une critique des dispositions endog\u00e8nes africaines, vous faisait remonter \u00e0 l\u2019ascendance du conte Arthur de Gobineau et \u00e0 ses tristes d\u00e9lires raciaux. Comment faire la part des choses\u00a0? Entre un racisme \u00e9vident, condescendant, et la parole intellectuelle libre, critique, radicale, comme contribution \u00e0 la controverse continentale et au-del\u00e0\u00a0? Peut-on sacrifier un esprit, un talent, pour la simple et bonne raison, d\u2019un blasph\u00e8me premier contre un ordre, qui plus est relatif\u00a0? Quid du d\u00e9bat, comme fondement acad\u00e9mique, mani\u00e8re presque unique de tester la v\u00e9rit\u00e9, de la confronter, d\u2019\u00e9prouver sa solidit\u00e9 et sa r\u00e9sistance ? Quid de l\u2019exigence de sc\u00e8nes ouvertes repr\u00e9sentatives de la diversit\u00e9 des opinions\u00a0pour ne pas nourrir des marges d\u00e9j\u00e0 acquises aux marchands d\u2019espoir qui conchient la culture ? Des questions sans doute vaines, id\u00e9alistes, mais essentielles. Aujourd\u2019hui, Axelle Kabou ne parle plus. On s\u2019empressera pour objecter que rien ne l\u2019emp\u00eache de parler. Objection sans doute recevable, mais c\u2019est oublier, la violence d\u2019une s\u00e9quence et le refuge que peut \u00eatre la volont\u00e9 de la <em>tabula rasa<\/em>. Malgr\u00e9 tout l\u2019hygi\u00e9nisme qui jav\u00e9lise les propos estim\u00e9s inconvenants, les probl\u00e8mes sont rest\u00e9s les m\u00eames et comme un pied-de-nez, il n\u2019est pas s\u00fbr, qu\u2019elle e\u00fbt franchement tort.<img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8715\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Comment-lAfrique-en-est-arriv\u00e9e-l\u00e0_axelle-kabou-194x300.jpg\" alt=\"\" width=\"194\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Comment-lAfrique-en-est-arriv\u00e9e-l\u00e0_axelle-kabou-194x300.jpg 194w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Comment-lAfrique-en-est-arriv\u00e9e-l\u00e0_axelle-kabou.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 194px) 100vw, 194px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le bref retour avant la retraite d\u00e9finitive\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">20 ans apr\u00e8s \u00ab\u00a0<strong><em>Et si l\u2019Afrique refusait le d\u00e9veloppement<\/em> ?<\/strong>\u00a0\u00bb Axelle Kabou est revenue sur la sc\u00e8ne, avec un livre historique ambitieux, \u00ab\u00a0<strong><em>\u00ab\u00a0Comment l&rsquo;Afrique en est arriv\u00e9e l\u00e0<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0, publi\u00e9 en 2010. Fresque impressionnante qui redresse l\u2019histoire du continent. Moins pol\u00e9mique, tout en gardant son rythme, son \u00e9rudition, sa densit\u00e9, le livre est pass\u00e9 relativement inaper\u00e7u. Comme si le mal \u00e9tait fait et que la r\u00e9putation sulfureuse avait glac\u00e9 les int\u00e9r\u00eats, ce volume, essentielle contribution \u00e0 la discussion, est marginalis\u00e9, frapp\u00e9 par la mal\u00e9diction. Les structures hi\u00e9rarchiques, qu\u2019elles soient religieuses ou traditionnelles et leur aura dans le continent, ont fig\u00e9, de concert ou \u00e0 la suite du temps colonial, les sc\u00e8nes africaines dans des postures immobiles. Le monde intellectuel, au lieu d\u2019y faire entendre une note dissonante, y a apport\u00e9 une certaine caution, dont le d\u00e9veloppement tardif est pr\u00e9occupant. Il fut un temps, pas si vieux, par revues interpos\u00e9es, Senghor et Mongo B\u00e9ti pour ne citer qu\u2019eux, pouvaient s\u2019invectiver en termes tr\u00e8s verts, sans pour autant que la disqualification ne vienne jeter l\u2019opprobre sur l\u2019un des protagonistes. Il semble que ce souffle d\u2019\u00e9changes contradictoires et vifs, qui a \u00e9t\u00e9 actif dans une certaine mesure chez les a\u00een\u00e9s, n\u2019infuse pas assez dans les temples actuels, o\u00f9 le nettoyage num\u00e9rique des r\u00e9seaux sociaux &#8211; et pas qu\u2019eux &#8211; n\u2019aidant pas, le d\u00e9saccord finit toujours dans l\u2019hostilit\u00e9. Peut-\u00eatre est-ce, pour le travail de l\u2019esprit et l\u2019univers litt\u00e9raire, dont l\u2019\u00e9change \u00e9pique est l\u2019\u00e9nergie principale, la plus mauvaise des nouvelles\u00a0: une apathie doucereuse, signe le plus clinique de l\u2019extinction prochaine. Un calme relatif o\u00f9 la qualit\u00e9 des textes ne fait plus les hommes, mais les qualit\u00e9s morales des hommes, font les textes.<img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8718\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/comment-kabou-193x300.jpg\" alt=\"\" width=\"193\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/comment-kabou-193x300.jpg 193w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/comment-kabou.jpg 316w\" sizes=\"(max-width: 193px) 100vw, 193px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ceci ne fait, bien s\u00fbr, nullement d\u2019Axelle Kabou une sainte. Le statut d\u2019exclue ne garantit pas le martyre, et fort heureusement. Une victime n\u2019est pas une immacul\u00e9e. Le statut de victime n\u2019ouvre qu\u2019un droit\u00a0: celui \u00e0 la justice. Il n\u2019est pas un privil\u00e8ge. Inutile par cons\u00e9quent de demander sa canonisation &#8211; elle s\u2019y opposerait du reste &#8211; mais seulement souhaiter qu\u2019une culture de la controverse saine viennent qui rendre lui hommage pour \u00e9viter d\u2019autres g\u00e2chis. L\u2019histoire litt\u00e9raire du monde regorge d\u2019exemples d\u2019auteurs crucifi\u00e9s, d\u2019\u00e9toiles filantes, d\u2019\u0153uvres <em>monolivresques, <\/em>d\u2019injustices, mais cela fait partie du deal\u00a0; il faut consentir aux lois d\u2019un monde marchand o\u00f9 la caducit\u00e9 peut frapper jusqu\u2019au talent car rien n\u2019est acquis, pour un lectorat qui change, et un commerce qui s\u2019adapte \u00e0 la cruelle loi de la mode. A ce titre, il n\u2019est nullement besoin de se p\u00e2mer ou d\u2019\u00eatre b\u00e9at, face \u00e0 Axelle Kabou. Ni d\u2019entretenir l\u2019image de l\u2019\u00e9crivain maudit, d\u00e9chu, contre une caste dor\u00e9e. Ce serait b\u00eatement renverser l\u2019accusation et barboter dans les passions tristes. On se souviendra de l\u2019enqu\u00eate fouill\u00e9e<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[i]<\/a> et inestimable de Jean-Pierre Orban, sur Yambo Ouologuem mort en 2017 et de son manuscrit \u00ab\u00a0<strong><em>Le devoir de violence<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb. O\u00f9 on apprend qu\u2019il est souvent bien cavalier d\u2019\u00e9riger rapidement des h\u00e9ros en martyrs victimes pures d\u2019injustices, car les p\u00e9rip\u00e9ties sont souvent bien plus complexes et on y est toujours, m\u00eame pour peu, dans son malheur. Ses livres sont discutables. Il faut les discuter donc et non les br\u00fbler dans ces autodaf\u00e9s chics qui caract\u00e9risent notre \u00e9poque. Voil\u00e0 la seule requ\u00eate. L\u2019\u00e9change comme filtre, pour ne pas nourrir les marges et leur app\u00e9tence \u00e0 la conspiration. Cette logique acad\u00e9mique de la contradiction est la perte originelle du continent, o\u00f9 l\u2019absence de sc\u00e8ne locale, de fait momifi\u00e9e ou interdite, d\u00e9porte les discussions ailleurs, pour rejoindre la terrible extraversion des ressources\u00a0: humaines, \u00e9conomiques et id\u00e9ologiques. Et Axelle Kabou le note si bien dans, sans doute, le flair le plus inspir\u00e9 de son livre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Boniface Mongo-Mboussa qui fut l\u2019un des derniers \u00e0 recueillir son propos \u00e0 la sortie de son dernier livre, dans un remarquable entretien<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[ii]<\/a>, fleuve mais riche, se souvient d\u2019une femme obs\u00e9d\u00e9e par le travail et bless\u00e9e. La d\u00e9fendre, c\u2019est prendre le risque de porter une part de son opprobre sur soi. Et c\u2019est lourd. Elle qui ne se consid\u00e8re pas comme \u00ab\u00a0\u00e9crivain\u00a0\u00bb, y donne les clefs de son travail d\u2019essayiste scrupuleuse et bosseuse. Le propos est vaste, vertigineux et tire \u00e0 grands traits le portrait de ce myst\u00e8re, sur lequel chaque partie, \u00e0 coups de ragots, \u00e9met des hypoth\u00e8ses sans jamais percer \u00e0 jour les v\u00e9rit\u00e9s. Victime z\u00e9ro de la nouvelle \u00e8re des excommuni\u00e9es, Axelle Kabou peut s\u2019honorer d\u2019avoir sem\u00e9 une graine. Celle dont ni l\u2019excommunication, ni les brimades, ne peuvent emp\u00eacher la lente et inexorable floraison. Dans l\u2019histoire, les censeurs ont toujours perdu en bout de course. Des victoires \u2013 et encore \u2013 imm\u00e9diates, pour des d\u00e9faites au long cours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>ELGAS<img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-8717\" src=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/elgas_bl-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/elgas_bl-300x300.jpg 300w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/elgas_bl-150x150.jpg 150w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/elgas_bl-768x768.jpg 768w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/elgas_bl-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/elgas_bl-90x90.jpg 90w, https:\/\/biscotteslitteraires.com\/2021\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/elgas_bl.jpg 1600w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0<em>Et si l&rsquo;Afrique refusait le d\u00e9veloppement\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb (L&rsquo;Harmattan, 1991)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>\u00ab\u00a0Comment l&rsquo;Afrique en est arriv\u00e9e l\u00e0<\/em>\u00a0\u00bb (L&rsquo;Harmattan 2011)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a>https:\/\/journals.openedition.org\/coma\/1189<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a>http:\/\/africultures.com\/comment-lafrique-en-est-arrivee-la-9916\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans le cadre des chroniques litt\u00e9raires sur notre blog, Elgas nous propose cinq portraits d&rsquo;auteurs ayant fait l&rsquo;exp\u00e9rience de ce qu&rsquo;il appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;am\u00e8re saveur de la libert\u00e9\u00ab\u00a0. Ces auteurs ont pour noms: \u00ab\u00a0Axelle Kabou, l&rsquo;excommuni\u00e9e\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0Sassine, le rire grave\u00a0\u00bb,\u00a0 \u00ab\u00a0Baenga, l&rsquo;Asie majeure\u00a0\u00bb,\u00a0 \u00ab\u00a0Mongo B\u00e9ti, le pauvre Christ d&rsquo;Akom\u00e9tam\u00a0\u00bb\u00a0 \u00ab\u00a0Senghor, le pair n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb. 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