Vient de paraître, « Épiphanie de Porto-Novo,


 

L’éducation est en marche. Sa marche s’accélère au rythme de la famille du livre qui s’agrandit avec le lancement ce samedi 02 Décembre 2017 au centre Songhaï (Porto-Novo) de l’ouvrage « Épiphanie de Porto-Novo, textes, histoire et ethnologie« , paru aux Editions des Lagunes, d’Erwan Dianteill, professeur à la Sorbonne. Le soleil dardant ses derniers rayons du jour vit venir à 16 h15mn les derniers invités et connaissances attendus. Le Docteur Désiré Mindegnon eut la grâce de servir de protocole à la cérémonie. L’auteur, dans son intervention, fit la lumière sur le contexte d’émergence d’un tel document. « Ce livre est le résultat d’un long processus de collaboration avec les portonoviens: Jean Claude Dossa, Paulin Hountondji et Désiré Mindégnon« . Anthropologue de formation, Erwan Dianteill était venu au Bénin dans le cadre de ses recherches sur le vodoun et le Fâ. Mais une fois au Bénin, il découvrit la fête de l’Épiphanie. Une Épiphanie endogène. Du moins endogénéisée. Selon l’auteur, longtemps on a pensé que cette fête est catholique ici, comme ailleurs. Mais ce n’est pas tout à fait cela. Il pense en effet, que l’Épiphanie est une fête exceptionnelle, histoire de la rivalité qui opposa Porto-Novo à Abomey. Partant de cette observation, Hérode ici n’est personne d’autre que le Roi Behanzin et le bon Roi serait le Roi Toffa. Cela va encore au delà nous dira l’auteur. « Une lecture universelle fait voir la rivalité Père-Fils ». Hérode tue son fils. Une histoire qui mérite d’être mise en lumière. D’où l’idée de cet ouvrage. Dès lors s’engage une chasse au trésor pas comme les autres. De recherches en recherches, l’auteur ressuscita le texte original de la pièce théâtrale sur l’Épiphanie du Révérend Père Aupiais. Un dialogue entre le Père et le roi des portonoviens, Zounon Mêdjê. Ce qui est épatant, affirmait l’auteur, c’est que Zounon ne s’est pas converti jusqu’à la fin de ses jours. Il faut donc retenir qu’on n’a pas forcément besoin de se convertir au christianisme pour collaborer avec l’homme de Dieu. Zounon Mêdjê ici vu comme un gentil, un païen est un symbole parlant de l’Afrique qui se devait d’être « inattenduement debout » au dire d’Aimé Césaire.

Cerise sur le gâteau, l’ouvrage est entièrement traduit en langue Gun par Jean Claude Dossa, coauteur. Il est préfacé par l’éminent professeur agrégé de philosophie, Paulin Hountondji. La cérémonie connut également la présence du professeur Gad Abel Dideh. Ce parterre de philosophes suscite une question ultime qui force les lèvres pour se faire entendre: Quelle est la portée philosophique d’un tel ouvrage?.

Le professeur Désiré Mindégnon interviewé, disait : « A un certain stade de la recherche il n’y a plus de cloison entre les disciplines. L’on a toujours besoin d’un regard extérieur pour nous dire ce que nous sommes. » Il est alors clair que la conscience de soi ne peut garantir une entière connaissance de soi. Le regard de l’autrui s’avère aussi important. Et c’est ce qu’a fait le professeur Erwan Dianteill. Le livre est vendu à 5000f, sans bénéfice ni pour l’auteur, ni pour l’éditeur, parce-que édité aux éditions des lagunes, une maison d’édition qui a pour vocation d’investir les revenues de ses livres dans la publication d’autres ouvrages. Le prochain sera un dictionnaire Français-Gun.

La cérémonie prit fin avec les dédicaces et une collation.

Pour aller loin, il faut savoir qui on est. Savoir qui on est, c’est connaître son histoire. L’occasion nous est alors donnée. Achetons massivement cet ouvrage pour le seul plaisir du savoir et du faire-savoir et aussi pour notre ressourcement historico-culturel.

 

Cyriaque ADJAHO

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