« Les pleurs du sable » Martial ADJÉ

« Les pleurs du sable » Martial ADJÉ

<< La démocratie est un luxe pour les pays africains>> disait l’ancien Président français Jacques Chirac. Un luxe si cher à se payer qu’au lendemain des indépendances, les pays africains plongèrent dans les travers de l’autoritarisme avec à leur tête, pour certains, des dirigeants dictateurs et tyranniques. Les dérives de ces régimes, tel un tsunami, ravagent tout le système étatique et plonge les pays dans le désespoir. Une situation pareille dans un pays  imaginaire est exposée dans l’oeuvre « Les pleurs du sable«  de Martial ADJÉ, écrivain béninois qui en est à son premier roman. Rappelons que Martial ADJE est aussi auteur d’un recueil de nouvelles intitulé « Je vous offre mes testicules« . Mais quels mystères recouvre son roman « Les pleurs du sable »? Découvrons ensemble  ce roman au titre accrochant.

Résumé 

« Les pleurs du sable » nous retrace la mésaventure de Michel qui a eu le malheur de s’opposer au régime qui était en place dans son pays. Young Land of Democraty est un pays des << Soleils Ardents>> qui était sous le joug d’un régime dictatorial dirigé par le Président Papa République et son Ministre de l’intérieur, Rododo-le-Crapaud. Michel est un journaliste chroniqueur de son pays. Un matin après avoir présenté une chronique virulente envers le régime, il fut arrêté et conduit chez le Ministre de l’intérieur, Rododo-le-Crapaud. Celui-ci lui proposa d’être son attaché de presse. Mais Michel s’opposa avec véhémence et fustigea le mode de vie du Ministre. Rododo-le-Crapaud se mit en colère et le jeta dans une prison : Murs Noirs. Au-delà du nom déjà terrifiant, « Murs Noirs » est la photocopie conforme de l’enfer sur terre, vu la description qu’en a faite l’auteur. Dehors, dans les villes, surtout à Peurville, des regroupements hostiles au pouvoir sont organisés. Mais tous finissent en bain de sang. Koukouyi, responsable de la syndicale estudiantine, organisa une manifestation pour réclamer la démission du Président et de tous ses ministres. La recrudescence des mouvements finit par faire abdiquer le Président. Il annonça sa démission. Aussitôt, l’armée se saisit du pouvoir. Elle organisa les élections, libéra les prisonniers(par ricochet Michel) et amnistia les exilés politiques. Ces élections portèrent à la tête du pays…Djoyédo

Thèmes développés

La Dictature : Caractéristique fondamentale des régimes tyranniques, elle apparaît comme l’outil préféré du régime de Papa République avec son Ministre de l’intérieur. La dictature est développée par l’auteur à travers les exactions du pouvoir en place dans le pays. À Young Land of Democraty, <<les valeurs humaines, le respect de l’autre, la crainte du Tout Puissant, la justice équitable, la sécurité pour tous sont devenus lettres mortes>>.

La gabegie : L’auteur dévoile cette thématique par le biais du personnage de Rododo-le-Crapaud, ministre ventripotent qui vit dans un luxe insolent pendant que le peuple souffre pour trouver le minimum pour vivre, que dis-je? pour survivre. À travers lui, Martial Adjé dénonce le gaspillage financier des autorités politiques malgré les conditions de vie exécrables du peuple.

La Violence : Arme privilégiée des régimes autoritaires, elle est développée par l’abus de pouvoir, les arrestations massives et intempestives sans fondement juridique dont fait preuve le régime de Papa République.

Impressions personnelles 

Au fil des 116 pages de son oeuvre, Martial ADJÉ nous dévoile les exactions, le barbarisme des régimes dictatoriaux. En prenant les sentiers de la littérature engagée, il écrit et dénonce. Il dénonce l’abus du pouvoir, la gabegie, le népotisme et la tyrannie qui sont les traits caractéristiques de ces régimes. L’auteur peint son tableau littéraire avec un rouge, le « rouge-sang ». Mais reconnaissons lui le mérite d’avoir su faire preuve d’euphémisme afin de ne point choquer le lecteur.

Conclusion :

« Les pleurs du sable » est une oeuvre révolutionnaire qui en appelle aux principes basiques de la démocratie. Tel un bouée de sauvetage, la démocratie apparaît comme une panacée pour le développement… enfin aux dires de l’auteur bien sûr. Lisez le. Vous m’en direz des nouvelles.

GANGNI-AHOSSOU Polycarpe

 GANGNI-AHOSSOU Polycarpe est Etudiant en 2è année de Lettres Modernes à l’Ecole Normale Supérieure de Porto-Novo.

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