« Le secret de mon échec », de Kelly YEMDJI « L’audace d’une teenager« . Cet opus est, à la différence des écrits de Léonora MIANO ou encore de Calixthe BEYALA, l’expression du quotidien vu d’ici de la gent féminine, exprimée dans un langage digeste et à la beauté extraordinaire dont la simplicité ne phagocyte nullement le style légendaire, enraciné au cœur d’un réalisme proprement camerounais.

INTRODUCTION

Il n’y a pas d’âge pour s’indigner. Il n’y a pas d’âge pour prendre position. Il n’y a pas non plus d’âge pour dire ce qu’on pense de toutes les situations désastreuses que vit la société. Et pour parler, point n’est besoin de savoir si l’on est de sexe masculin ou non. Et en ces heures de lutte pour l’émancipation de la femme, écrire sur la femme pour restaurer l’image de la femme, ne sera ni superflue ni une gageure. Et comme on peut le remarquer, l’œuvre de Kelly YEMDJI, « Le secret de mon échec »  intervient dans un contexte où les scandales de harcèlement sexuel de la femme font couler beaucoup d’encre et de salive dans le monde, même si en Afrique en général et au Cameroun en particulier, ce phénomène reste encore tabou ; il ne bénéficie donc pas suffisamment d’une attention préventive des autorités. En effet quand on sait que la place de la femme dans la société Africaine, est de rester dans l’arrière maison à faire les tâches ménagères et s’occuper des enfants, des voix s’élèvent pour sonner le glas, tirer la sonnette d’alarme. Il faut croire que Kelly YEMDJI est de ceux-là qui s’inscrivent en faux face à cette interprétation peu valorisante du rôle de la femme, pourtant mère de l’humanité. On a longtemps été habitué à des auteures telles que Léonora MIANO, Calixthe BEYALA, Chimamanda NGOZI ou encore des Fatou DIOME, aujourd’hui on en a une parmi nous, Kelly YEMDJI qui s’inscrit non pas seulement dans la suite de ses idoles que voici, mais aussi dans un style langagier et stylistique dont elle seule a le secret, et qui finalement fait sa particularité, sa première force étant sa jeunesse : elle n’a que 22 ans ! Sans aucun doute, elle est pour l’instant la seule à avoir produit un aussi gros volume à cet âge et dans ce courant particulier :le féminisme. On n’en trouve, nulle part au monde !

PRESENTATION DE L’AUTEURE 

Kelly YEMDJI est une jeune écrivaine Camerounaise âgée de 22 ans, titulaire d’une licence en mathématiques-informatiques option informatique qu’elle a obtenue à l’université de Dschang où elle prépare cette année, une licence professionnelle en communication pour la gouvernance locale et le développement. Ce n’est nullement par hasard qu’elle  suit cette formation. Le développement étant l’épanouissement d’une population dès la base, cette jeune femme s’est fixée pour mission d’œuvrer pour un meilleur épanouissement de la jeunesse, principalement de la gent féminine. D’ailleurs, son poste de Secrétaire général au sein de l’association« l’Élite au féminin », ses différentes prises de positions orientées vers la sensibilisation du genre féminin, couplés à la mise en circulation de cet opus, font de cette féministe engagée un véritable rayon de soleil qui vient illuminer l’univers très souvent obscur qu’est la vie de femme, plus encore celle de jeunes adolescentes en proie à de multiples traumatismes et qui finalement peinent à trouver leur voie. De par son penchant féministe, l’auteure s’inscrit dans la très grande famille des combattants pour les droits de la femme. Cependant, notons que sa particularité est bel et bien sa jeunesse. Celle-ci constitue d’ores et déjà un avantage  énorme qui sans doute, aidera à hisser cette perle au sommet de la pyramide littéraire féminine africaine et pourquoi pas mondiale !

PRESENTATION DE L’OUVRAGE

De prime abord, « Le secret de mon échec » est un roman féministe écrit sur 333 pages subdivisées 54 tableaux. L’œuvre est paru à Dschang (Cameroun) chez les Editions Élite d’Afrique en 2020. Ce roman s’intéresse à la problématique du harcèlement sexuel des jeunes filles en milieu scolaire, qui plus est, par ceux-là même qui sont censés leur apporter une éducation de qualité ! Quelle absurdité ! C’est d’ailleurs dans ce dessein que notre auteure met en avant des personnages principalement jeunes, ce qui lui permet pour ainsi dire de reconstituer avec une précision millimétrée, ces différentes scènes macabres qui meublent le quotidien de nos  jeunes cadettes dans nos lycées et collèges, détournées dans leurs études par des bourreaux sans foi ni lois qui balaient du revers de la main, la conscience professionnelle et les bonnes mœurs, opérant parfois avec la bénédiction de l’administration qui ne fait rien pour stopper ce massacre du « fer de lance de la nation ». Kelly YEMDJI écrit pour dénoncer cela.

Cependant, notre jeune écrivaine par ailleurs passionnée de lecture – et nous pouvons le voir dans le texte avec la pléthore de références intertextuelles qui sans doute situent ses influences dans ce domaine– ne dénonce pas seulement le harcèlement, elle fustige aussi toutes ces inégalités et ces frustrations qui trop souvent, constituent des pavés qui préparent tout bonnement le terrain à cet inconfort de la jeune fille. C’est le cas par exemple de la violence conjugale (le père de Daphy le personnage principal est un père et un mari violent qui ne manque pas d’excuse pour crier et battre sur sa femme pourtant éprise d’amour pour lui). C’est cette violence conjugale qui va frustrer les enfants, créant ainsi en eux une instabilité mentale qui se manifeste à travers la tristesse constante, de mauvais résultats scolaires et parfois même la délinquance. Il n’y a qu’à voir le comportement de Claude-Ray, cadet de Daphy, qui non seulement redouble la classe de troisième et plus loin, est surpris en train de fumer, voler etc. cette même violence pousse la maman de Daphy à se réfugier dans la dépigmentation. L’auteure du 333 plaint ainsi une jeunesse qui a perdu ses repères, une jeunesse en constante dépravation, une jeunesse abandonnée à elle-même du fait de la mal gouvernance, de l’irresponsabilité parentale, etc. Face à cette multitude des thèmes développés, on en vient quand même à se demander s’il n’aurait pas fallu parler plutôt de « Le secret de mon échec », vu que c’est toute une batterie d’obstacles qui, réunis comme dans un système d’engrenage, constituent un frein, que dis-je, une totale négation à la réussite de la jeune teenager –comme disent les anglo-saxons.

Le fond violet qu’arbore la couverture de ce roman n’est donc pas un hasard. Cela traduit bien cet univers de deuil perpétuel dans lequel est renfermée chaque jour celle-là qui est pourtant la mère de l’humanité. Alors que le titre « Le secret de mon échec » est marqué tout en noir, la couleur blanche avec laquelle apparaît le nom de l’auteure nous la présente comme cette lueur d’espoir qui, telle une lanterne, saura éclairer, illuminer la nuit noire d’injustice perpétuelle dans laquelle beigne la gent féminine, attirant ainsi l’attention de l’opinion publique sur l’urgence d’une réaction, afin que jamais plus de telles atrocités ne se reproduisent. Ces atrocités nous les observons à la première de couverture où le gros plan du visage éploré d’une jeune fillette, la mine triste, les yeux rougis et le visage raillé de multiples traits de larmes, regarde avec désespoir vers un avenir incertain, malgré les scènes de violence et d’obscénité qui se déroulent sous ses yeux. Il ne serait donc pas exagéré, à mon sens,  de présenter cette boussole littéraire ainsi que son auteure comme ce Messie-là qui est  venu essuyer les larmes de cette élite, la jeune femme, qui très souvent ignore le secret de ses échecs. Ceci est une lampe aux pieds de de toutes les filles harcelées, de toutes les femmes battues, une voix qui vient dire « ne t’arrête pas, le combat continue ».

SYNTHESE ET ANALYSE

1- Synthèse

Le décor de cette œuvre digne de figurer au programme dans nos lycées et collèges, est planté par une enseignante avertie, lectrice expérimentée, féministe engagée, GUIMFACK Gaëlle par ailleurs présidente de l’association « l’Élite au féminin ». Cette dame voit en Kelly YEMDJI une Mariama BÂ qui tire la sonnette d’alarme afin que cesse le harcèlement sexuel en milieu scolaire.  L’œuvre nous l’avons dit, est  présentée en 54 Tableaux :

Les tableaux 1er et 2ème sont en effet une sorte d’introduction à travers laquelle l’auteure situe dans les détails les plus complets, le cadre autour duquel tourne principalement le roman. On peut d’ailleurs lire dès la page 12 au tableau 1er :

« Oh ! Qu’ils étaient joviaux dans leur uniforme d’azur (…). Ces tout-petits franchissaient pour la première fois l’entrée du lycée ! (…) On pénétrait le lycée ensemble, mais je les plaignais du haut de ma classe de Terminale A4 Espagnol. Les pauvres, ils n’avaient aucune idée de ce qui les attendait…

(…) l’établissement n’avait en fait rien de particulier. Pourtant, il était en ces temps, le meilleur des trois seuls lycées que connaissait la « presque ville » de Banyo ».

Avant les retrouvailles du début d’année scolaire de Terminale, Kelly YEMDJI nous relate assez brièvement le parcours du jeune protagoniste Daphy (de son nom complet NGNINGAA Daphné Daphy) qui depuis la classe de sixième, fréquente dans ce même lycée de Banyo. Le tableau deuxième quant à lui est beaucoup plus axé sur un récit du premier jour de rentrée scolaire. Cependant, dès ce deuxième tableau la frustration du personnage principal se fait ressentir. Daphy est en effet tenue de garder le silence alors qu’elle aurait bien voulu partager son expérience avec ses camarades, mais hélas, elle est vouée au silence, de peur d’être tournée au ridicule.

Tandis que le tableau 3ème fait état de la première  rencontre du personnage principal avec ses enseignants –Messieurs ADJOU et EWOLO en l’occurrence – et que le Tableau 4èmedonne un aperçu de la généalogie de la jeune Daphné, le tableau 5ème lui fait un rétropédalage pour revenir à la rencontre qui a unie la jeunette à son amoureux, le jeune Willy.

Les tableaux 6,7 et 8 quant à eux, après avoir déballé tout d’abord la situation géographique du domicile où loge la famille du personnage principal, puis à propos de cette famille justement, l’auteur nous étale le climat sombre et lourd d’instabilité qui anime la vie quotidienne de cette famille. Les titres sont d’ailleurs fort évocateurs : « Le malheureux mariage de mes parents ! » ; « Mon père est devenu fou ! » À ces tableaux, viennent s’ajouter plusieurs autres tableaux davantage évocateurs qui contribuent finalement à présenter tant les dérives d’une jeunesse mal partie, que les interrogations de cette même jeunesse qui voit son avenir hypothéqué face à l’irresponsabilité ambiante de ces éducateurs, cette race de « chiens-porcs » qui se transforment en bourreaux, arrachant ainsi son épanouissement à cet échec qui parfois est complice de son échec : c’est en fait ce que présente la narratrice à travers les différents tableaux que nous préférons ne pas citer de façon exhaustive.

2- Analyse

L’œuvre commence par une présentation générale de la « presque ville » de Banyo et de son lycée. Banyo manquait cruellement d’eau, cette dernière (l’eau) étant la  vie, Banyo manquait de vie, il est donc à juste titre comparable à  un « enfer » dans lequel on ne vit pas, on survit : coupure intempestives d’électricité, poussière puis boue à couper le souffle, routes tortueuses et pas bitumées, soleil cuisant, relief ferrugineux. Cette hostilité du milieu laissait déjà présager quelque chose, un nuage lourd qui pèse sur Daphydont le père n’est pas le plus riche du monde, mais qui plus est, n’est qu’un irresponsable et violent qui a la main légère et n’hésite pas à accomplir sa sale besogne devant les enfants, pauvres innocents. Ceci constitue déjà un assez grand facteur traumatisant qui concoure à installer chez le personnage principal, un inconfort qui ne lui facilite pas du tout  l’épanouissement, Elle nous l’avoue d’ailleurs au dernier paragraphe de la page 238, lorsqu’elle dit : « je souhaitais vivement en finir avec la terminale pour enfin m’enfuir de cette maison qui  était plus une geôle tourmentante qu’un abri ». Le climat de conflit perpétuel qui règne à la maison n’est pas de nature à motiver les enfants, mais l’auteure va plus loin. Quand bien même notre jeune narratrice essaye tant bien que mal de s’épanouir en milieu scolaire question d’oublier un tant soit peu l’ambiance familiale, elle sera confrontée à une situation de harcèlement à double axes. Le premier cas de harcèlement est celui des camarades qui s’acharnent sur la jeune fille tels des charognards sur une carcasse en plein désert. Ceux-ci lui attribuent des surnoms ironiques (la demoiselle de paris), se livrent à des railleries à son sujet, notamment en ce qui concerne le fait qu’elle ne va jamais au-delà du périmètre de Banyo : c’est du harcèlement moral. Ensuite, la deuxième forme de harcèlement à laquelle sera confrontée notre jeune teenager, c’est bel et bien le harcèlement sexuel, qui malheureusement est fait par ses enseignants de français et de mathématiques, messieurs ADJOU et EWOLO qui se font déjà insupportables dans un premier temps, et qui iront jusqu’à proférer des menaces, menaces qu’ils mettront finalement à exécution au grand regret de leur proie, Daphy, qui va en payer le prix, par l’échec à son examen. Willy lui aussi va en payer le prix. Ce harcèlement qui se fait insupportable et assez frustrant, occasionnera lui aussi un inconfort qui se fera ressentir à travers une baisse du rendement scolaire de la jeunette.

Les thèmes de l’amour ne sont pas non plus à négliger, eux qui, l’on a le mérite de l’observer, constituent cette lueur d’espoir qui redonne du goût, devrais-je plutôt dire qui pimente de temps à autre la vie totalement vide de sens de la narratrice dont la crise existentielle va provoquer une envie de suicide. Elle le dit d’ailleurs en ces termes à la page 301 : « Mon cœur mélancolique ne battait plus que péniblement, n’en pouvant plus de vivre. J’en arrivais à penser au suicide, pour enfin réparer le tort que ma venue engendré. Puisque j’avais eu le déveine de n’avoir pas une « bonne famille » ». C’est ainsi qu’éprise d’amour, elle va s’attacher tout au long de l’œuvre à son Willy qui sera finalement pour elle, ce repère là qu’elle n’a pas au sein de sa famille.

L’acte de dépigmentation corporelle de la mère, le « djansang » – comme la société appelle cela – rejoint la perte des valeurs culturelles qui se caractérise par un non-retour au village natal de la famille. Cela pourrait être vu comme une « dépossession de l’identité naturelle »,signe par excellence d’un désencrage sans pareil : la mère perd sa mélanine qui fut son premier marqueur identitaire, la fille ne sait pas parler sa langue maternelle, elle ne sait donc pas d’où elle vient, elle n’a pas de repère culturel, il lui est donc  impossible de se faire une idée claire  de ce qu’elle prévoit pour son avenir, cela transparait justement dans ses propos lorsqu’elle s’interroge quelque part : « le BAC d’abord et après quoi ? ».  Cette dépossession de son identité, la narratrice nous la présente comme étant la faute d’un père irresponsable qui lui a volé l’amour maternel, la faute d’une mère protectrice qui l’a privée de sa jeunesse, la faute d’un gouvernement corrompu où  la médiocrité dicte sa lois lorsque la méritocratie a foutu le camp, la faute d’une jeunesse sans repère qui semble elle aussi avoir choisi le chemin de l’irresponsabilité, de la dépravation des mœurs –dire qu’il s’agit du fer de lance d’une nation ! Bon Dieu !

Ainsi, « Le secret de mon échec« :

C’est la violence conjugale ;

C’est l’irresponsabilité parentale ;

C’est la mal gouvernance ;

C’est l’irresponsabilité d’une jeunesse qui ne jure que par sexe et drogue ;

C’est l’alcool et la cigarette d’un père qui a des maîtresses ;

C’est la dépigmentation, la jalousie et le commérage ;

C’est le tribalisme et la cupidité, etc. (la liste est loin d’être exhaustive)

                                               CONCLUSION

Ce que ce roman n’est pas : un roman de plus dans la littérature féministe francophone. Ce qu’il est : Le roman déclencheur d’une nouvelle ère féministe responsable et engagée. Il prône un féminisme militant aux côtés des hommes, hand in gloove pour un rehaussement, une meilleure sensibilisation et lutte contre le harcèlement sexuel en milieu scolaire, les violences faites aux femmes, le viol etc.

En définitive, le roman « Le secret de mon échec » de Kelly YEMDJI  est une production novatrice qui vient « condimenter » l’univers littéraire féministe camerounais, africain francophone et pourquoi pas mondial !  Cet opus est ainsi, à la différence des écrits de Léonora MIANO ou encore de Calixthe BEYALA, l’expression du quotidien vu d’ici de la gent féminine, exprimée dans un langage digeste et à la beauté extraordinaire dont la simplicité ne phagocyte nullement le style légendaire, enraciné au cœur d’un réalisme proprement camerounais. Ceci est une bouteille jetée à la mer, dont le message transculturel transcende les frontières. Ceci est un appel à la vigilance de tous, mais aussi une parole d’espoir à l’endroit de toutes les femmes battues, de toutes les filles harcelées chaque jours dans nos lycées et collèges, et qui ne peuvent pas en parler en famille, car la violence qui y a fait sa demeure les en empêche. Ceci est une voix qui dans le silence se fait entendre. Ceci est un rayon lumineux qui de l’obscurité scintille. Ceci est le livre de vérité qui vient affranchir ceux-là qui jusqu’ici étaient encore ignorants de la souffrance de la jeune fille et de la femme. Partant de cet argumentaire que nous estimons non pas exhaustif mais suffisant et dans un élan d’humilité que notre jeune écrivaine incarne sans aucune faille, nous pouvons affirmer que cette dernière a effectivement tenu sa promesse  de départ, à savoir éclairer les yeux du monde.

Cet ouvrage – que je n’ai pas fait que lire, mais que j’ai carrément dévoré avec un appétit d’ogre – j’en suis convaincu, fera changer positivement les mentalités, et seulement l’ayant lues, les jeunes filles pourront alors se dire « il est temps de se lever et de dénoncer comme Kelly YEMDJI l’a fait !» ; des enseignants jadis prédateurs sexuels se diront « mais tiens, qu’est-ce-que je fais, il est temps d’arrêter d’être un frein à l’éducation de cette jeunesse fer de lance de la nation ! » ; des parents violents et irresponsables se diront « mais tiens ! Que fais-je ? Il est temps de cesser toutes violences, d’incarner l’exemple et le modèle que je suis censé être pour ma progéniture ! » Il est temps que le gouvernement prenne ses responsabilités en main et inscrive  au programme des lycées et collèges cette œuvre qui sied parfaitement avec le contexte Camerounais, afin que plus jamais cela ne se répète. Et seulement là, l’auteure sans toutefois  cesser de produire, pourra dire comme Mongo Béti : « Mission Terminée ».

Cette œuvre pourrait d’ores et déjà faire l’objet d’un corpus pour des études menées dans des perspectives de post colonialisme, de féminisme engagé, d’Eco-poétique et éco-critique, d’interculturalité et intermédialité.

Personnellement, c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai dégusté ce roman qu’une féministe engagée a bien voulu nous concocter dans la scène littéraire Camerounaise. J’avoue avoir été plus que jamais édifié en ce qui concerne les problématiques liées au genre, notamment la violence, le harcèlement etc. Le texte est d’autant plus intéressant qu’il emprunte pour ce dessein à nos réalités, des réalités de chez nous que nous connaissons et comprenons aisément,  chose qui me manquait énormément tant chez Fatou que chez Léonora et Calixthe. À regarder son âge (22 ans), quelque part on a quand même envie de dire : « mais quelle audace !!! ».

 

Romel NGOUAJIO, Journaliste citoyen.

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