» Écrire est le résultat de ma passion première qui est la lecture » Danielle GONAÏ

 » Écrire est le résultat de ma passion première qui est la lecture » Danielle GONAÏ

Bonjour les amis. Nous recevons pour vous une jeune écrivaine ivoirienne, Danielle Gonaï :  » La justice sous nos cieux est parfois sur mesure au regard de qui est avec toi. C’est dire que parfois les plus faibles perdent avant d’avoir pu se battre. C’est déplorable. »

BL: Bonjour madame  Danielle Gonaï. Nous sommes heureux de vous recevoir sur notre blog. Veuillez vous présenter, s’il vous plaît.

DG: Je suis l’auteure Danielle Gonaï. Ivoirienne et résident en Côte d’Ivoire. Je me présente comme une Passionnée sans expertise guidée par la volonté de se libérer en écrivant. Je suis également promotrice littéraire et pendant  huit années j’ai fait partie de la cellule organisatrice du festival ivoirien de la création poétique chez les jeunes. Je suis auteure de 3 ouvrages dont deux romans et un recueil de poésie.

BL: Votre  quatrième de couverture vous présente comme Coordinatrice service dans une multinationale.  Comment êtes-vous venue à l’écriture ?

DG: Merci. Écrire n’est pourtant pas ma passion première. C’est l’apprentissage et la découverte constante qui est mon passe temps favori. Et ce depuis ma tendre enfance. Mon père a juste choisi le livre comme moyen d’apprentissage parce qu’à côté de cela, je m’essayais au dessin, au chant. Par le biais de mon père donc, le livre, les lettres ont dominé. Par la suite, rencontrer dans des ouvrages des choses expressives a créé un déclic en moi. Et ce déclic, c’est une imagination débordante. Une porte ouverte sur un monde fantastique. Écrire est le résultat de ma passion première qui est la lecture.

BL: Vous venez de publier chez les Editions Paraclet, votre troisième œuvre intitulée « Jugé coupable ». Comment le projet de ce livre est-il né pour vous ?

DG: Ce projet semble nouveau mais ne vous y trompez pas. Il est sur papier depuis que je suis en classe de première. Donc au lycée de jeunes filles de Bingerville. Il s’est bonifié juste et se découvre officiellement maintenant. C’est un défi pour moi. Celui de sortir de ma zone de confort d’écrivains romantique pour embrasser un autre genre.

BL: Le titre de votre œuvre fait étrangement allusion à un procès sans appel. Jugé coupable. Mais j’ai envie de vous demander : que voulez-vous révéler véritablement à travers un tel titre ?

DG: Merci. Ce titre, à ce jour a eu tellement d’interprétations, du plus probable au plus improbable. Les lecteurs sont tout simplement géniaux de par leur capacité d’interprétation et de questionnement. Personnellement, Le titre est l’expression d’une culpabilité commune avec des responsabilités partagées.

BL: Je retourne à la présentation à votre sujet, Vous êtes à votre troisième ouvrage qui est un roman. Il semble que vous êtes également auteure d’un recueil de poésie et d’un roman à l’eau de rose. Quelle polyvalence ! Ou est-ce le fait que vous n’ayez pas encore trouvé votre place.

DG: (Rire), Écrire c’est de l’art.  L’art nous emmène où il veut. Je me surprends moi-même à la production de mes récits parce qu’en réalité, je suis plus poétique que romanesque.

La poésie me permet d’être smart et précise. En plus c’est rapide. Mais voilà que l’art a ses raisons que l’écrivain ignore. Disons donc que c’est  la grâce de la polyvalence et qui sait si demain je me retrouve dans du théâtre ou de l’écriture pour enfants ?

BL: Voulez-vous bien dire en quelques lignes, pour les lecteurs d’ici et d’ailleurs, ce dont il est question dans votre pièce ?

DG: « Jugé coupable » : les divers tableaux dépeints dans cette histoire rappellent la responsabilité de tous les personnages dans la culpabilité du personnage principal qui est Nick et de tous les personnages secondaires qui ont eu affaire à la justice. Il est présenté l’image d’une société laxiste, d’une justice incompétente par endroit, des parents indécis. Voilà ce que je peux dire brièvement par rapport à l’ouvrage.

BL: Quand on lit votre roman, on se rend compte que vous avez fait un travail de recherche. Vous y teniez vraiment alors que vous n’avez pas fait d’étude de juriste selon votre biographie. Quel est votre intérêt à ce sujet?

DG: En effet, c’était un défi personnel. Je n’ai pas fait d’étude de droit en dehors du peu de droit commercial incontournable dans l’enseignement supérieur technique. Je me suis faite aider et ai fait des recherches. Je remercie au passage toutes ces personnes.

Le tout est un prétexte : une histoire fictive pour dévoiler un système carcéral réel et une procédure pénale non fictive (à la lumière du code pénal ivoirien) par contre. Un jeune ou une jeune juriste peut y trouver matière à mesurer des connaissances. Quand bien même il y aurait matière à critiquer. La critique fait grandir dans tous les cas. C’est une oeuvre qui se veut didactique.

BL: La justice, la vérité, l’honnêteté,  l’amitié, la famille, on voit bien que toutes ces thématiques sont déployées dans votre production. Y aurait-il un message particulier derrière ?

DG: Oui, beaucoup. Lire pour moi c’est se détendre et mes productions donnent à chacun l’opportunité de suivre un fil, celui dans lequel chaque lecteur se sentira le mieux. Et cela m’aide à alléger le récit et le rendre digeste. Après tout, il n’y a pas de multiples vies séparées… Nous vivons une seule vie avec plusieurs épisodes dans celle-ci.

BL: Dans votre Roman, le personnage principal Nick est un étudiant, un artiste peintre en fin de cycle. Enfant unique dont le père n’est plus et que la mère veuve essaie de protéger. Il y a t-il une explication à la construction de ce personnage ?

DG: Oui, C’est une figure fragilisée, non avantagée. A côté de cela une femme qui fera tout pour sauver ce qu’il lui reste. La justice sous nos cieux est parfois sur mesure au regard de qui est avec toi. C’est dire que parfois les plus faibles perdent avant d’avoir pu se battre. C’est déplorable.

BL: Pensez-vous, comme l’avocat de Nick que la justice sous nos cieux est complètement pourrie?

DG Complètement : non. Il y a encore des personnes honnêtes qui savent faire honneur à leur serment. C’est justement pour cela que l’histoire a connu le dénouement que vous connaissez.

BL: Sinon, croyez-vous que la prison a eu un impact sur la vie de Nick? De même pensez-vous que l’univers carcéral ivoirien change positivement toutes ces personnes  qui en ressortent?

DG: Nick s’est exprimé dans une lettre en disant :  » la prison ne change pas les gens« .

C’est une position au vu de ce qu’il a remarqué, vécu, et observé chez les autres détenus et de la réalité carcérale. C’est un point de vue. Nick a appris le self-defense par exemple à son avantage. Mais quand il renconte le gouvernement qui existe en prison c’est un duplicata de la vie nocturne combattue au dehors. Je pense que nos prisons n’ont pas encore tous les acquis pour réellement équilibrer les gens après un séjour carcéral. Il y’a des associations qui essaient bénévolement (PSF- Prisonnier sans frontière) mais il ya encore beaucoup de travail à faire.

BL: Votre mot de la fin.

DG: Mes sincères remerciements à Biscottes Littéraires, c’est un plaisir pour moi d’être sur votre Site de promotion littéraire aujourd’hui.

Merci à vous-même Grégoire Folly pour le grand cet interview.

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