MEMOIRES D’UN NORMALIEN 1/4

MEMOIRES D’UN NORMALIEN 1/4

-Gbètô do guélémin gbô dou gbadé, disait XY. Malgré la présence humaine dans le champ de maïs, le mouton réussit à y faire son festin. Quel type d’humain pourrait laisser faire pareille chose ? Cela relève de l’absurdité. Un épouvantail aurait une allure plus dissuasive.
Cette expression imagée était la préférée de XY. L’entendement humain ne saurait prêter flanc à pareil dérèglement, fustigeait-il. Encore moins des étudiants-penseurs, amis de la sagesse. Nous sommes à l’école normale supérieure de Porto-Novo. La haute école d’excellence. C’est ici que les futurs enseignants des temps à venir se font former disent-ils, les excellents professeurs d’université du Pays. La plupart viennent de l’autre côté du pont de Porto-Novo. Ce sont les vacataires. Pour ceux qui ne sont jamais venus à Porto-Novo, c’est une ville comme les autres. Rien de céleste. Elle est mise en valeur par le tristement célèbre chantier de l’Assemblée Nationale, une annexe de Poudlard, l’école des sorciers. Pour ceux de nos professeurs résidant de ce côté du pont c’est plus ou moins la classe. Ce sont les permanents. Ce sont eux qui pour la plupart du temps font mumuse avec l’administration sur des terrains de jeux pour adultes. En ce qui me concerne je suis au bas de l’échelle. Je suis un élève-professeur. Mais pas n’importe lequel. Je suis disent-ils, un apprenti philosophe. Franchement nous autres apprentis-philosophes n’avons rien à offrir de plus que les autres élèves-professeurs. Nous sommes les plus débraillés dit-on et nous sommes souvent en baisse de tension. Ou mieux encore en quête permanente d’une vérité qui ne saute pas aux yeux de tous. Pour vous la faire courte, nous sommes les fêlés de la maison. Le vers dans le fruit ou le fruit dans le vers. Chacun y prend de la graine selon qu’il soit ouvert d’esprit, logé à la gauche ou à la droite de la statue de Félicien Nadjo. Les uns sont comme des ninjas Japonais prêts au combat. Les autres, des pacifistes déguisés. De tous les excellents professeurs que nous avions un seul faisait figure de Goliath dans la troupe. Le tout puissant XY. Il était impressionnant. C’est le moins qu’on puisse dire. XY inspirait crainte et admiration. En sa présence le mouton ne pourrait donner festin dans le champ de maïs. De quelle brebis serait-il la progéniture ! Il avait pris l’habitude de ruminer cette expression qu’il en a fait un leitmotiv de l’élève-professeur apprenti philosophe. Mes collègues pourraient me lancer la première contradiction s’ils en jugent autrement. Anicette ADOUNKPE ? Altesse MENSANH ? Elsie KOCOU ? Léa De SOUZA ? Ou Junior VINOU ?

 

 

Cyriaque ADJAHO

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