« Pour une poignée de gombos »: un pot pourri?

« Pour une poignée de gombos »: un pot pourri?

Juliette tourna dos à sa petite famille et rejoignit le domicile de son époux. Sa sœur Régissette décida de les suivre dans l’idée de passer quelques jours avec sa sœur afin de l’aider.

Pour une poignée de gombos est un roman-miroir écrit par l’auteure franco-béninoise Sophie ADONON où se mêlent haine, jalousie ; vengeances et règlements de comptes, et les faits se déroulent en Afrique, au Bénin, précisément à Abomey. L’auteure, dans ce chef-d’œuvre, dépeint les réalités de la société.

Envoyée par sa mère à la recherche du gombo dans le champ de son oncle, Juliette tomba sur son destin à l’exécution de cette tâche. Un train venant de Parakou connut une panne. Les voyageurs descendirent afin de dégourdir les jambes avant que la marche ne soit reprise. Dans le rang des voyageurs, figure un homme prénommé Tony, d’une taille de guêpe. Ses yeux tombèrent sur une fille qui, dans ses mains, tenait des gombos. De l’autre côté, la même scène fut observée et laconiquement, les deux s’éprennent l’un de l’autre. Mais, avant qu’ils ne se présentassent amplement, le train reprit son souffle. Tony n’avait le choix que de s’en aller, gardant uniquement son nom et celui de sa maison et promit de repasser prochainement.

Émoustillée, Juliette, de son retour à la maison, ne laissa écouler qu’une petite mie de seconde avant de narrer l’histoire à sa mère et à Régissette, sa grande sœur. Du coup, une désolation naquit. Régissette se mit à en vouloir à sa mère. Que Tony n’attendait qu’elle, qu’il n’était pas là pour sa petite sœur, que le malheur provient de sa mère, qu’elle ne devait pas commander la cueillette de ces Gombos à Juliette. Baï leur mère, n’en fit aucun commentaire.

Baï était veuve. Son mari est allé ad patres après ses deux accouchements : Régissette, un nom dérivé de celui de son père Régis, et Juliette la cadette. Régis étant un fonctionnaire d’État sans descendant jusqu’à ce qu’il se retrouve à un âge avancé. Il prit la décision d’épouser une femme dans l’intention de ne pas vivre sans trace. C’est ainsi qu’il rencontra Baï qui était encore dans ses jeunes âges. Elle n’avait pas encore vingt-quatre ans avant de se soumettre à ce mariage. Par l’intermédiaire des divins, elle arriva à donner deux filles à Régis qui, très vite, laissa ces deux petites ainsi que leur mère.

Suivant la tradition africaine, celle béninoise surtout, après la mort du mari, la femme doit se marier à l’un des frères du défunt ou à un autre membre de la famille. Chez Baï, c’est insensé. Elle s’y opposa et jura de rester seule, plus personne ne connaîtra son intimité en dehors de Régis. C’est ainsi qu’elle resta seule avec ses enfants où les trois se nourrissaient grâce aux salaires de Régis. Celui qu’à chaque fin du mois, elle en percevait.

Comme promis, quelques semaines après, Tony fit l’impossible et réussit à connaître le domicile de Juliette. Illico, il fit la connaissance de ses parents, réussit à doter cette dernière et presto, les choses connurent du succès.

Juliette tourna dos à sa petite famille et rejoignit le domicile de son époux. Sa sœur Régissette décida de les suivre dans l’idée de passer quelques jours avec sa sœur afin de l’aider.

Jusque-là, personne ne pouvait imaginer le fond de ses pensées. Elle était aiguë, exacerbée et infectée de venin de voir sa sœur franchir cette étape. Dans son cœur s’était fixé un objectif et celui-ci connut de succès. Arrivée à destination, Juliette, après quelques jours, devrait rendre visite à sa belle-famille dans l’intention de remercier ceux qui avaient effectué le déplacement pour la cérémonie. Elle s’y était rendue sans être accompagnée par sa sœur. Profitant de cette absence, Régissette saoula Tony et coucha avec lui. Pendant tout ce temps, Tony avait-il conscience de cet acte ? On ne saurait le dire.

Des jours écoulèrent. Ayant réalisé qu’elle était enceinte, Régissette fit comprendre à sa sœur et à Tony qu’elle voulait partir. Et, lorsqu’elle reçut quelques billets d’eux, elle ne rentra pas à la maison. Elle loua un appartement et donna naissance à un garçon quelques mois après. Consciente qu’elle n’en pouvait l’emmener chez sa mère, elle décida de l’abandonner, fermée dans un panier au pourtour de la voie. Elle rejoignit sa mère, démentit qu’elle s’était trouvé du boulot, ce qui justifie ce long moment passé loin d’elle. La mère la crut.

Pendant tout ce temps, Danssi est une femme qui n’a jamais connu de maternité dans son mariage. Et dans ses promenades, elle vit l’enfant délaissé par Régissette. Elle le prit, mentit à ses coépouses, à son mari et à l’entourage que c’était son fils biologique. Les critiques négatives s’étaient rodées autour d’elle sans succès.

Loin de là, chez Juliette, tout allait bien. Régissette de l’autre côté se maria à un certain Louis. Sous cet homme, le bonheur d’être mère ne vint à sa rencontre. Elle n’arrivait pas à concevoir. Vint un jour où elle quitta la maison, se rendit dans la nature, s’était mise à pavaner ici et là. Régissette était devenue folle, se promenant d’une vons à une autre, d’un bazar à un autre. Pour la retrouver, son mari se donna à tous les efforts sans triomphe.

C’est ainsi qu’un jour, dans ces malheurs, elle rencontra un vioc qui lui remit une astuce. En utilisant cette dernière, elle se retrouva nue devant la réalité. Cet inconnu était son père et la seule chose qu’il lui recommanda était de retrouver son fils délaissé.

Et lorsqu’elle voulut honorer à cette condition que lui a soumise son père, elle se retrouva encore en face d’un autre drame. Elle trouva son garçon après un long moment, mais c’était trop tard. L’une des filles de Juliette s’éprenait déjà du garçon protégé par Danssi qui, plus tard, avait enfin d’une certaine manière réussi sa vie. Là, le malheur envahit le couple de Juliette. La femme Danssi sans maternité et Régissette. Ces enfants s’étaient déjà engagés, s’étaient déjà promis de se marier. Mais quand survint le malheur où tout le monde se trouva au clair de la vérité, la justice divine traditionnelle décida de se venger. Le culte « Ogou », dieu du fer, du tonnerre et autre, s’empara de la situation. Danssi trouva la mort. Régissette aussi. Les amoureux, ne pouvant supporter cette ignominie, se donnèrent la mort.

Aimé METOEVI

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