Je vous salue bien cordialement, vous, fidèles abonnés de www.biscotteslitteraires.com. Bienvenue à Mvoutessi. Vous ne connaissez certainement pas cette localité. Mais rassurez-vous, elle vous sera très familière dès que vous aurez lu ce livre. Vous savez, les écrivains ont cette manie de vous « vendre » un endroit qu’ils aiment et affectionnent. Dans  “Chroniques de Mvoutessi 1”, Guillaume Oyôno Mbia se fait conteur pour parler de son village natal par le biais d’anciennes histoires afin “qu’à défaut d’éveiller en vous de nostalgiques échos, elles puissent tout de même vous divertir” (Cf. l’avant propos P6). Il le fait à travers trois récits épiques : « Le sermon de Yohannes N’katefoé « , « La petite gare  » et  » Les sept fourchettes « , trois histoires qui vous plongent à travers des personnages typiques dans le quotidien d’autrefois d’un village du pays Bulu au sud-Cameroun; Mvoutessi.

La première histoire de l’œuvre, “Le sermon de Yohannes N’katefoé” emmène déjà le lecteur sur les sentes du vœu de l’auteur quand il s’agit entre ces lignes d’un bras de fer entre le culte divin du catéchiste Yohanes et le culte du vin du buveur Atemeteme. A Mvoutessi, Yohannes N’katefoé commençait par perdre ses fidèles à cause des cérémonies bachiques de Atemeteme qui se tenaient au même moment que son culte et devenaient de plus en plus mieux organisées avec quelques procédures trichées du culte de la chapelle protestante. “…les buveurs se rendaient tout de même à la chapelle parce que N’katefoé y faisait chanter! Après examen de ce nouvel aspect de la question, les adeptes du vin décidèrent d’avoir, eux aussi, leurs hymnes. “(P10). Face à une telle situation, le catéchiste se promit de faire un sermon assez exceptionnel le jour de Noël pour détourner l’attention générale des cérémonies bachiques de Atemeteme.       Ce sermon a-t-il eu lieu? Les habitants de Mvoutessi se sont-ils convertis? Atemeteme et ses fidèles ont-ils su pérenniser le règne du vin à Mvoutessi?

Dans la deuxième histoire, l’auteur plonge le lecteur dans le fief de Silas Aloga dit “Sangô chef de gare”. Avec un style accessible avec cette pointe d’humour qu’on lui connaît, Guillaume Oyôno Mbia raconte le quotidien du chef de la petite gare qui se veut respecté et incontournable. Quand ce dernier apprit l’arrivée d’un passager spécial dans sa gare, il entreprit de faire de sa gare un modèle de discipline et d’ordre pour que Monsieur le Président-Directeur-Général qui prendra le prochain train qui viendra fasse un bon rapport sur lui à son arrivée à Yaoundé ; ainsi son désire d’être nommé dans une gare ultra-moderne serait réalité. Il fit feu de tous bois pour que la discipline soit de mise dans sa gare en ce jour.

Le buveur miraculé Atemeteme, Yohannes le catéchiste et sa famille avec d’autres personnages dont le chef du village Tita Mezôé ont fait la succulence du dernier conte du livre. Le polygame Tita Mezôé rendit visite à son beau frère en ville et à son retour au village, il raconta à ses amis son aventure et surtout sa mésaventure avec les sept fourchettes qui ne lui avaient pas permis de manger à sa faim. Il racontait qu’en ville pour manger : “ j’avais bien compté, à côté de mon plat, sept fourchettes!”(P51). Mensonge ou vérité?

« Les chroniques de Mvoutessi 1 » est un coffret de trois contes intéressants, divertissants décorés par des personnages particuliers avec leurs travers qui font la beauté de l’œuvre. J’ai aimé ce livre pour son africanité, le style de narration de l’auteur qui me fait imaginer les faits relatés dans certains coins de mon beau pays le Bénin. En attendant de vous présenter le tome 2 des Les chroniques de Mvoutessi, je vous invite à vous procurer ce livre et à le lire. Il n’est pas du tout volumineux, juste 96 pages.

Maxim EZIN

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