Découvrir sa blessure ouvre la voie de son épanouissement…

 J’ai aimé ce Gounelle dès la première ligne. Je n’en étais pas à mon premier roman de l’auteur, j’avais eu le temps d’en lire plusieurs par le passé. Mais celui-ci me fit un effet plus prononcé car l’histoire se passe à Lyon, ville justement où je me trouvais depuis quelque temps. En lisant, j’avais l’impression d’assister aux scènes, certes un peu comme une banale figurante, mais ma présence n’en était pas moins enchanteresse. Reconnaître les lieux à travers la description que l’auteur en a faite m’a donné la sensation d’assister à un tournage cinématographique. Du coup, ma lecture s’est apparentée à un visionnement de film.

C’est l’histoire de Sybille, une jeune trentenaire dont le couple bat de l’aile et qui par ailleurs, assume mal ses responsabilités professionnelles. Elle s’interroge sur le moyen d’y remédier lorsqu’une rencontre fortuite lui en donne justement l’occasion. Sybille décide de changer de personnalité. Persuadée qu’il en existe une parfaite, elle se lance dans cette quête et multiplie les tentatives pour l’acquérir. Alors, on la suit dans son élan et dans sa farouche volonté d’être, chaque jour, une meilleure personne que la veille. La regarder changer de personnalité de façon quasi quotidienne donne la sensation de courir de façon éperdue avec elle dans les ruelles d’une ville enchanteresse sans réellement savoir où cette course nous mènera. Mais qu’importe, on aime la sensation de liberté associée à la course, on se délecte de la beauté de ce qu’on découvre sur le chemin. Mais si au début on la suit gaiement, savourant l’excitation que procure l’aventure, on finit cependant par se lasser de son manque de vision. En effet, elle ne semble savoir où elle va. Pire, on a l’impression qu’elle ne sait pas ce qu’elle recherche réellement. Pourtant, en réalité, Sybille n’aspire qu’à une chose, trouver la quiétude tout en assumant sa personnalité. Quand on le comprend, on se montre à nouveau indulgent envers elle, empathique même. Car la quête de Sybille nous rappelle la nôtre. On peut aisément s’identifier à elle, puisqu’à nous aussi, il arrive de nous poser des questions existentielles. À nous aussi, il prend parfois l’envie d’être une autre personne. Souvent en proie à l’angoisse de passer à côté de l’essentiel, on se demande quoi faire pour donner un sens à la vie et vivre heureux.

Laurent Gounelle excelle dans l’art de nous transformer de l’intérieur tout en nous amusant à travers l’histoire de ses personnages. Son tour de main est remarquable pour nous amener à prendre conscience de notre mal-être et y apporter des pistes de solution. Cette fois encore, on est servi. Comme Sybille, on commence par saisir la différence entre la personnalité et l’identité. On revisite nos aspirations, on apprend à s’aimer tel qu’on est et on finit par admettre qu’en nous réside le pouvoir de changer ce qui doit l’être dans notre vie.

Les livres de Laurent Gounelle sont de véritables outils didactiques. Mais au-delà de leur dimension psycho-pédagogique, il y a une particularité qui subsiste dans ses œuvres. On ne les lit jamais par hasard. D’ailleurs, on a l’impression que ce sont elles qui décident du moment de leur lecture, un peu comme si elles se révélaient à nous. Et elles le font toujours au moment opportun. Je te promets la liberté n’y fait pas exception.

Annie-Josiane Sessou

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