Il était une fois, dans une contrée lointaine, vivaient parmi les villageois deux familles voisines pas comme les autres : l’une était immensément riche et l’autre, très très pauvre. Ayélé, fille de la pauvre et Alougba, garçon de l’autre famille, se connaissaient depuis leur enfance et ont fini par s’amouracher l’un de l’autre. Les deux, pendant longtemps avaient entretenu cette flamme secrète dans leurs cœurs et elle était devenue leur seule raison de vivre.

Mais cette vision n’était pas partagée de tous, même si tout le village admirait et soutenait le beau couple que formaient ces deux jeunes gens. Les parents d’Alougba dans leur acharnement pensaient qu’Ayélé n’était qu’une petite profiteuse qui voit en leur garçon une opportunité pour changer de rang social, une échelle pour grimper au sommet. Aussi décidèrent-ils coûte que coûte de mettre fin à cette union, fut-ce avec la force.

La mère de la pauvre malheureuse aussi ne voyait pas d’un bon œil ce rêve. Elle croyait dur comme fer que sa fille n’aura pas le respect de sa belle famille à cause de son rang social inférieur. Cependant, contrairement à tout ce monde, le père d’Ayélé croyait en la force de l’amour et pensait que les différences sociales ne devraient pas être un frein à l’épanouissement de deux êtres qui manifestent le désir d’être ensemble. Il décida alors d’aller voir le père d’Alougba pour qu’ils parlent d’homme à homme. Ce qu’il fit.

Il partit ce matin de bonne heure et se dirigea vers la concession de la famille d’Alougba. L’accueil fut assez glacial. Ce qui n’augurait rien de bon. C’était d’ailleurs la mère de la fille qui prit en premier la parole :

  • J’ai l’impression que vous nous prenez pour des fous ou des bêtes. Notre fils est déjà promis à une autre femme, de son rang. Votre fille ne pourra jamais le rendre heureux.
  • Je suis désolé de ce que vous affirmez, car en réalité, quand on parle de l’amour, je ne sais pas ce que le rang social vient chercher dedans. Nous avons deux enfants qui s’aiment. Notre génération passera, mais laissons une chance à ces jeunes de construire la leur. Vous ne pourrez pas m’assurer la main sur la poitrine que celle que vous prédestinez à votre fille l’aime vraiment, répliqua le père de la jeune Ayélé.
  • Maman, si tu ne me laisses pas épouser Ayélé, je sortirai de la maison pour aller vivre ailleurs, avança Alougba, qui, très irrité par les propos de sa mère devant le père de Ayélé avait décidé de s’exprimer et de se faire entendre.

Le regard se tourna vers le père d’Alougba, qui devant toutes ces interventions, baissa la tête, puis affirma :

  • Si tu crois vraiment que c’est elle que tu aimes, tu as mon soutien. Ecoute, ta mère t’aime beaucoup et il faut la comprendre. Néanmoins, je vais parler avec elle et sois sûr que nous serons avec toi.

Sur ce, la séance fut levée. En chemin, le père d’Ayélé était content d’annoncer la bonne nouvelle à sa fille, car la rencontre fut fructueuse. Désormais, les deux familles se sont comprises au grand bonheur des deux amoureux.

Le mariage, trois mois plus tard, fut un événement grandiose. Ce fut un grand exemple pour tout le village. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

Mauricette Jean de Dieu Yémagnissè Sokènou  

Elève en classe de 3èA au Collège Catholique Saint Michel de Cotonou.

 

 

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