Les grands hommes sont ceux-là qui ont osé la plupart du temps. Ce qui confirme le chef-d’oeuvre de Marcos AYAYI, La Paroisse aux serpents, paru aux Éditions Awoudy en janvier 2016.
Il me plaît à cet effet, de vous faire lire la première phrase de la préface faite par Koffi BOKO, il dit «  L’écriture en soi est un acte d’audace ». Cette phrase reflète toute l’oeuvre. On dit souvent qu’il n’y rien de nouveau sous le soleil, c’est vrai, mais il faut dire quil y a des choses qui nous échappent bien de fois même sous le soleil, ce qui les rendrait nouvelles quand elles verront le soleil. Ce n’est peut-être pas nouveau l’histoire de Marcos AYAYI, souvent rester dans l’ombre, un terrain glissant pour sy aventurer.


Marcos AYAYI n’a pas manqué d’audace, même s’il est notifié qu’il a « coécrit avec H.M. Ayi, un auteur togolais. » Son nom reste en gros titre sur l’oeuvre.
Marcos AYAYI comme on peut le lire derrière son ouvrage, est né le 25 avril 1973 à Lomé. « Après deux années d’études en Lettres Modernes à l’Université de Lomé, il opte pour une formation en Secrétariat informatique et en Commerce. Entre-temps, enseignant de français au collège, il est actuellement Directeur Commercial et Représentant en Afrique de l’Ouest d’une société d’import-export. »
Bien que le Togo soit proche du Bénin, il est triste de remarquer que sa littérature ne l’est pas pour autant. C’est un constat personnel. Les « rares des bibliothèques me diront certainement le contraire »

Résumé du livre
La Paroisse aux serpents est un coup de coeur, rempli de suspense. L’auteur a su maintenir l’intrigue autour d’une lettre. En effet tout est parti d’une lettre, une lettre dont l’auteur n’a dévoilé le contenu qu’à la page 41. Il faut préciser que c’est une oeuvre de 172 pages. Patrick, élève en classe de terminale a reçu une lettre de son frère depuis Bahamas, une lettre qui a bouleversé sa vie amoureuse et éloigné de lui, la belle Anita, qui n’est rien d’autre que sa petite-amie. Comme nous le constatons souvent, c’est dans les moments difficiles qu’on se fait plus proche de Dieu. Ici, les personnages ont trouvé refuge auprès des prêtres qui étaient bien plus que sournois, et ont profité de leur statut pour abuser, voler leurs frères en Christ, empoisonner même l’eucharistie.
« – tu en prends souvent ? demanda le médecin.
-Oui, je suis baptisée.
– Tu es sûre que tu n’as rien pris d’autre ? Une eucharistie, ça n’a jamais intoxiqué.
– À moins qu’elle soit empoisonnée, docteur, intervint Patrick.
– Une eucharistie empoisonnée ? Par qui ? Un prêtre ? C’est incroyable. »  page 166
Le Père François Lahont, le malin du cercle vicieux, a enceinté sa fille Anita née d’une violence sexuelle dont il était l’auteur. Disposant des poisons, il a fait avorter sa fille et tué le grand-père maternel de cette dernière pour profiter de sa richesse. Tout cela sans oublier les délires de ses compagnons prêtes..
«  En ce qui concerne Ho Hinpeni, il est purement homosexuel. Son ami est le jeune lycéen qui fait partie de la chorale. On l’appelle souvent Hervé. […]
– Pour Coteau, ce sont les femmes mariées et les petites filles qu’il apprécie. C’est un vrai pédophile. […]
– Pour Lahont, c’est lui qui tient maintenant les rênes du sexe de cette fille Anita. » Page 32
La Paroisse était remplie d’énormes serpents.


Personnages
Patrick Folly Ayi : lycéen et petit-ami d’Anita, troublé par son amour pour Anita, manipulé entre temps par le père François Lahont.
Anita : petite-amie de Patrick, amante du Père Lahont.
Le Père François Lahont: prêtre, père spirituel de Anita
Étude thématique
La confiance : un problème de confiance s’est posé dans l’ensemble de l’oeuvre. La relation entre les fidèles et leurs bergers. « La confiance n’exclut pas le doute. »  La confiance a disparu de nos quotidiens, on ne peut même plus faire confiance aux hommes de Dieu. Il faut savoir à qui faire confiance. Ils profitent de chaque confession pour vous tendre des pièges.
Avis personnel
Les prêtes ne sont pas des dieux mais des hommes de Dieu. Nous ne devons pas nous confier à eux comme nous nous confions à Dieu même s’ils sont nos pères spirituels. Ils n’ont pas besoin de tout savoir sur nous. Il faut que nous évitions de les encombrer avec nos soucis, qui sont parfois de petits soucis. Ils sont des hommes, ils ont une chair. La chair résiste beaucoup à Dieu. Si nous ne voulons pas être pris au piège des hommes de Dieu diaboliques qui se font passer pour des angéliques, évitons l’idolâtrie des hommes de Dieu.
Conclusion
L’oeuvre est remplie de suspense. On sent le côté créatif bien réussi de l’auteur. Toutefois le registre est un peu trop courant pour ne pas dire familier. Les phrases ne sont pas très cordonnées, il manque de coordination, de liaison. Toute je m’en voudrais de ne pas vous inviter à le lire. Un pur délice.

 

Léa de SOUZA OVIDIO

 

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