Le terroriste noir est une œuvre tragique sur l’histoire d’Addi Bâ écrite par l’écrivain guinéen Tierno Monénembo. Elle est parue le 23 août 2013 aux Éditions du Seuil et compte 153 pages. L’histoire d’Addi Bâ est racontée par Germaine Tergoresse, 60 ans plus tard au neveu du terroriste. En effet, elle a côtoyé Addi dans son adolescence, car ce dernier a passé le plus clair de son temps avec sa famille. Germaine maitrise donc mieux le terroriste noir.
Monénembo relate le passionnant parcours d’un guinéen originaire de Bombali. Avant sa naissance, un devin fait un long chemin pour annoncer à son père que le destin de son fils s’accomplira hors du pays avec un blanc. A ses 12 ans comme l’a prédit le devin, son père offre son enfant à un homme blanc : Maurice Maréchal. Un percepteur des Impôts à Conakry. L’homme blanc devient son second père et l’emmène avec lui en France dès son année de retraite. Addi est dans sa 13 ème année.


Le récit débute dans les forêts de Vosges pendant la deuxième guerre mondiale. Le petit Étienne Valdenaire et son père aperçoivent Addi Bâ agonisant dans les buissons. Le guinéen engagé depuis quelques années dans l’armée vient de s’évader d’une garnison de Neufchâteau et s’écroule près du village Romaintcourt. Le père se rend compte qu’il s’agit d’un nègre et par crainte qu’il soit un espion des Allemands, l’abandonne dans son état. Mais, revient plus tard dans la nuit l’aider sur l’insistance de sa femme Yolande. Cette dernière a appris l’histoire du noir par son fils Etienne. Madame Valdenaire l’accueille dans son appartement de fonction. Elle est directrice d’une école. Un endroit prudent pour ne pas éveiller les soupçons des Boches. Etienne qui l’a découvert lui apporte à manger tous les jours. Pendant ce temps, des milliers de tirailleurs noirs errent dans les forêts de France. Ils sont traqués par les Allemands, livrés à la famine, aux loups et toujours pas bien vus des français. Ils essuient régulièrement des propos racistes et des regards sournois. Les fermiers leur donnent du pain, des médicaments ou des couvertures, d’autres vont les dénoncer à la Feldkommandantur ou à la Gestapo. Une histoire de ravitaillement surgit à Rouille. Les fermiers protestent contre les mesures excessives de la Feldkommandantur. Les Boches par centaines se sont dispersés dans le terroir avec leurs chiens et chats. Certains se sont installés à Saint-André-les-vosges près de la fontaine, à deux cents mètres de l’école. Addi ne pouvant plus résister à la soif, se glisse une nuit hors de la chambre et gagne la rue. C’est ainsi que les Allemands vont l’arrêter et l’enfermer. Le tirailleur sénégalais réussit à s’évader grâce à un brigadier français Thouvenet Julien et se réfugie une fois encore dans une cabane du côté de Romains-aux-Bois. Il y fait la connaissance d’Huguette, patronne d’un bar-boulangerie qui lui apporte des fois à manger. Une tempête de neige détruit la cabane. Il tape alors à la première porte de Romaintcourt, celle de Cyprien Rapenne. Ce noir élégant, courageux et toujours vêtu de son uniforme de tirailleur s’est vite familiarisé avec les habitants du village. Son honnêteté et sa bonne humeur ont suscité une incroyable sympathie. Il est devenu un des leurs, un Romaintcourtien. Parallèlement, la France a cessé d’être une république pour devenir une petite chose quelconque et clandestine. Addi Bâ commence sa lutte au nom de la France et crée avec Marcel Arburger le premier maquis des Vosges, « maquis de la délivrance ». Il forme des jeunes de la résistance. Malheureusement, suite à une dénonciation et trahison, les membres du maquis sont capturés par les Allemands qui vont réussir à mettre la main sur le chef Addi Bâ. Germaine, son amoureuse s’est glissée dans sa chambre pour emporter ses affaires avant que les Allemands viennent la fouiller. Elle les a enterrés jusqu’à la fin de la guerre. Addi Bâ, le terroriste noir, a été blessé et torturé durant des mois. Mais jamais il n’en a parlé à quelqu’un malgré sa souffrance. Il sera fusillé par la Gestapo à Épinal le 18 Décembre 1943. Pour les habitants de Romaintcourt, ce n’est pas seulement une perte d’un nègre mais d’un frère.
La Pineguette a fait un grand boulot. Elle que tout le monde déteste à cause de ses comportements et parce qu’elle se prend pour la fille d’Addi Bâ. Grâce à sa lutte et ses meetings, le Glorieux nègre est connu partout. Elle s’est battue pour cela. Finalement, le nom d’Addi est donné à une rue du village et au Pâquis. Des anniversaires de sa mort sont célébrés. Il est devenu leur héros, un peu comme l’a dit l’auteur lui-même « les héros ne le sont une fois qu’ils sont morts » p.85.
J’ai vraiment été touchée par le sort d’Addi Bâ. Il a malgré toutes ses souffrances lutté pour la France, lui pauvre noir. Et ce qui m’a fait le plus mal, il a fallu qu’il soit encore trahi et dénoncé par des gens pour qui il luttait. C’est triste de voir que même en voulant faire du bien aux gens, ils vous font du mal en retour.

Stella AMOUSSOU

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