Pour mieux comprendre le fond de ce livre, ‘’Les frasques d’Ebinto’’  il faut remonter au contexte d’écriture et à la personne même de l’auteur. Amadou KONE a écrit ce livre alors qu’il avait 18ans. L’auteur n’était encore qu’un élève. C’est donc un roman d’adolescence. Ce terme s’observe à travers le portrait des personnages qui constituent les pions de l’intrigue. Ebinto, un jeune élève brillant, intelligent avec de grands rêves se retrouve perplexe et décontenancé devant les vicissitudes de la vie, sans possibilité aucune de rendre effectifs ses rêves. Il n’y a pas de petite erreur. Pour avoir passé une nuit avec une fille qu’il n’aimait pas et qu’il considérait comme une sœur, Ebinto verra ses rêves s’effondrer sous les cendres du regret. Son cri de cœur sera déchirant : « Il n’y a rien de plus tragique qu’un homme sérieux déçu dans ses ambitions par une réalité médiocre ». Aussi, pouvons-nous à travers la lecture de ce roman, nous rendre compte du degré de mélancolie et de nervosité pouvant habiter un homme désorienté par ses propres comportements. Dès lors, à l’idée de savoir que plus rien au monde ne pourra le remettre sur les rails en vue la destination prévue, s’installent en lui des interrogations auxquelles à peine arrive-t-il à trouver réponse : « Comment vivre quand l’existence ne répond pas à son idéal ? » Amadou KONE a eu de l’inspiration dans ce livre mais a lui-même manqué de tact et d’expérience, au point d’en arriver à croire que c’est quelqu’un d’autre qui est la source de son malheur. « De l’amertume vint la révolte. » Contre qui ? Contre la vie, à travers Monique. Mais arrive-t-on à gagner une bataille qu’on livre à la vie ? Chacun de nous en a sûrement fait sa propre expérience ! Malgré ses déboires, on peut toujours se demander comment un esprit si grand a pu se loger dans un corps si jeune. Amadou KONE se démarque facilement et nettement de toute âme mal née où la valeur attend bien souvent le nombre des années, car, qu’on le veuille ou non, le livre est vraiment profond, dense et le hic est qu’il a été écrit par un jeune. Beaucoup de facteurs expliquent la diversité de sa catégorisation. L’auteur a su peindre avec aisance, les tentations auxquelles est soumise l’étape de l’adolescence et les revers qui en résultent. Comment une petite erreur peut détruire tout un destin ? Comment l’avenir d’un homme peut, d’un coup, se couvrir de brume. Il n’y a pas d’erreur dont on ne paie le prix. Tout acte a un prix à payer (cash ou à long terme). Le thème de l’amour a été développé dans ce livre sous plusieurs formes, étant donné que l’adolescence est une étape où naissent bêtement les premiers battements enfiévrés du cœur. Que ressent-on par exemple, quand on n’est pas aimé de celui qu’on aime ? Ou quand celui qu’on aime, aime celle qui ne l’aime pas ? L’émotion est à son comble dans ce livre. Le frisson vous emballe à certains endroits. Les larmes coulent sans votre approbation. Vous méprisez l’injustice de la vie. N’importe quel adolescent qui, fût-il ivre, finit de lire ce livre, est surpris et inévitablement s’écrie : « Non, s’il vous plaît, je voudrais bien pousser loin mes rêves avant de penser à approcher et regarder une fille. » Amadou  KONE, dans ce livre, montre l’inconscience qui tiraille durant l’adolescence, les désirs qui inondent l’esprit avec une insistance indicible, l’amour, cette illusion qui s’installe dans le cœur et détruit l’état stable de l’être. Tout adolescent doit lire ce livre pour comprendre certaines réalités relatives à cette étape. La pensée de l’auteur peut être résumée ainsi : Maîtrise des désirs, atteinte des objectifs. Dans ce livre, un simple désir fait planer sur la tête des actants l’ombre de la tristesse, le remords et l’impuissance de l’homme face à la mort, du moins, face aux événements douloureux, pour nous faire comprendre que « Nul n’est à l’abri des vicissitudes de la vie. Le problème est de s’y faire, de s’habituer aux malheurs de telle sorte qu’il n’ait pas trop de répercussions sur l’équilibre de notre existence. » Un livre instructif, pédagogique, éducationnel, écrit dans un style très simple, direct et ouvert. Prenez ce livre, lisez-le, mais ne reproduisez pas le rôle ou les actes des personnages, surtout du principal héros. Prenez ce livre, lisez, souriez, pleurez, mais devenez plus conscient, en gardant à l’esprit que parfois, entre l’idéal et le réel, il y a un fossé.
Martial Blaise AKPO

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