Le premier ouvrage de Bonaventure SOMANDJEDANGBE: « Les rayons de la pénombre » , ne sera plus un dilemme pour les lecteurs. Ce recueil de poèmes qui fait cohabiter des réalités apparemment antithétiques est un chef-d’œuvre hors pair édité par les éditions Gilous et préfacé par le Professeur et Écrivain Gildas Ounsou. Avec ses quartoze textes satiriques et dix autres lyriques, « Les rayons de la pénombre » est un fin panaché littéraire. De la vie à la mort, de l’amour à la trahison et de la contemplation à la désaffection, les textes de cet ouvrage s’entrechoquent tels des ballons de baudruche se disputant un espace étroit.

Ce sont des lancées de ping-pong à cadences rythmées entre le yin et le yang, des savamment orchestrées qui font vibrer l’âme au doux son des beaux mots. Les textes « Sèche tes pleurs » dédié à la mère de l’auteur qui a connu moult tribulations et « Angelina, mon oasis » exposent assez bien la contrariété des thèmes abordés. Il s’agit ici d’un côté, du désespoir

 […Trop de calamités renversées sur elle

Impuissante comme un oiseau sans ailes

O! Mère, sèche tes pleurs

La vie n’est que malheur

Sur chacun le sort s’engage

Mais en toi, je vois le courage…]

et de l’autre de l’amour.

[…Dans ce désert ou chacun cherche un point d’eau

Sans toi ma vie sera un fiasco

Mais comme une fontaine tu m’es intarissable

Comme cet amour réciproque et non point périssable…]

Précisons également que  l’ouvrage « Les rayons de la pénombre »  est une expression vivante de la déformation professionnelle de l’auteur, qui est aussi griot du royaume de Pahouignan. Les textes dénommés « Un roi providentiel » et « Tam-tam d’Afrique » en disent long. Pendant que le premier magnifie sa majesté Dah Gnidoté Sèhoto, le Roi de Pahouignan au travers d’un acrostiche dithyrambique :

[…Souverain moderne épris de paix

Envoyé des ancêtres par la fenêtre du jour

Humble pour la pérennité du nom <<Gnidote>>

Opposant farouche à toute irresponsabilité

Tête pensante suprême de la cour royale

Oasis rare nourricière du royaume...]

le second, lui, exalte les valeurs prépondérantes des tambours africains

[…Ecoutez le tam-tam qui chante là-bas loin dans la forêt

Où jadis avec fouet commence la vie d’homme

Ce tam-tam rassembleur est un instrument éducateur

Qui bat au rythme de la dignité qui est pour l’Afrique une priorité…].

Et comme si cela ne suffisait pas, ce jeune écrivain étale dans le même ouvrage toutes ses  compétences de fabuliste. A l’instar d’un Jean de la Fontaine, Bonaventure SOMANDJEDANGBE- Enseignant d’histoire et de géographie, Surveillant Général de Collège et Premier Ministre du Roi de Pahouignan –  expose la cruauté de l’espèce humaine et celle animale à travers les fables « La poule et l’épervier« 

[…Une poule et un épervier en amitié sincère

Se promettait de vivre en frère

Ce pacte de fraternité n’est qu’un leurre

Nous allons le démontrer tout à l’heure…]

et « Le chasseur, le gros rat, la vipère et l’homme »

[Un chasseur épuisé du retour d’une battue retrouve au fond d’un trou profond

Où se ils se débattaient : le gros rat, la vipère et l’homme

Sauve-nous grand chasseur, nous te couvrirons de bonheur…]

Il reste fidèle à sa ligne éditoriale : le voisinage du bon et du mauvais.

C’est donc avec la présentation de cet ouvrage mythique que les rideaux tomberont sous peu sur la première édition de Festival Samedi des Livres (FESAL) dont la dernière journée est prévue pour le Samedi 11 mai 2019 à 09 heures au CAEB Abomey. Beaucoup de livres y seront distribués.

Prenez le rendez-vous.

Chédrack DEGBE

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