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Le troisième Livre de Plaidoyer des Enfants est publié

Ils sont plus d’une centaine d’enfants à saisir leur écritoire pour exprimer noir sur blanc leurs plus profonds ressentis au regard des déviances observées dans le respect des droits des enfants au Bénin. Ressortissants de presque toutes les communes du Bénin, ces courageuses jeunes âmes du primaire et du secondaire n’ont pas eu froid aux yeux pour dénoncer avec respect certains impairs des adultes préjudiciables au bien-être des enfants. Cinquante (50) lettres, vingt (20) poèmes et dessins et une enquête nationale basée sur un échantillon de sept cent vingt (720) enfants, c’est le résultat titanesque du travail abattu par ces jeunes pousses qui ont compris assez tôt que sur terre, l’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

En effet, cette troisième édition de l’œuvre le « Livre de Plaidoyer des Enfants » est une initiative de l’Association des Conseils d’Enfants du Bénin (ANACEB) fortement soutenue par SOS Villages d’Enfants Bénin, le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Association Tous Pour le Livre (ATPL) et plusieurs autres partenaires. La raison : mutualiser les énergies pour faire entendre le ras-le-bol des enfants béninois désaxés par le non-respect de certains droits des enfants pourtant établis par ces mêmes adultes qui les renvoient encore aux calendes grecques.

De la dénonciation du non-respect des mesures barrières contre la Covid-19 dans commune de Boukoumbé dans l’Atacora par Héritier N’KOUEI (page 15 du livre) à celle de Nadyath SANNI, de la commune d’Abomey-Calavi dans l’Atlantique, relative au décès tragique d’un jeune enfant qui s’est fait écrasé par une voiture en voulant traverser la route (page 42 du livre), le ton est resté le même : ferme, engagé et empreint de solennité pour toucher aussi bien le béninois lambda que les autorités au sommet de l’Etat afin de sonner le glas de l’application peu orthodoxe de plusieurs lois garantissant les droits des enfants. <<Être un bon citoyen, c’est aussi avoir des droits, des droits garantis par la loi dont le principal est la liberté>>, dixit le poète en puissance Bernick BOSSOU du CEG1 Covè (département du Zou) à la page 54 du livre. Et à la Poétesse en herbes Naphtalie GUEDENON de l’Ecole Sino-béninoise d’Abomey (département du Zou) d’emboucher la trompette à la page 61 du livre en se désolant en ces termes : <<J’ai le droit de manger à ma faim, de déguster un gâteau à la crème Chantilly. Alors pourquoi des enfants n’ont même pas un grain de riz ? Juste ça, juste ça>>.

De la même manière, les sept cent vingt (720) enfants questionnés – [à raison de dix (10) enfants par commune] dans le cadre de l’enquête réalisée par des enfants membres de l’ANACEB sur l’évaluation du suivi de la Convention relative aux Droits des Enfants (CDE) – n’iront pas du dos de la cuillère pour peindre en couleur « le Bénin dont rêvent les enfants ». Ainsi, des conclusions issues de cette mini-évaluation – basée sur l’appréciation des enfants – ressortent plusieurs propositions. Morceaux choisis : dans le sous-secteur de l’éducation, un renforcement en nombre suffisant des infrastructures scolaires et des enseignants compétents ainsi que la sensibilisation et le maintien des filles à l’école voire la prévention des grossesses scolaires sont vivement souhaités à la page 80 du livre. Quant au sous-secteur de la santé, les souhaits pour un rééquilibrage du respect des droits des enfants ne sont pas moins nombreux : <<Des poches de malnutrition persistent. Des cas de décès d’enfants et de mères s’enregistrent dans tous les hôpitaux. Le cadre de vie demeure insalubre dans beaucoup de nos localités et les centres de santé ne sont pas accessibles à tous>> peut-on lire à la page 83 du livre.

Autant de réclamations auxquelles les adultes en général et l’Etat en particulier devraient accorder de l’attention pour un mieux-être de l’enfant au sein la société béninoise. A propos, nous prendrons au mot la Ministre béninoise en charge des Affaires Sociales Madame Véronique TOGNIFODE qui, à la page 89 du même livre a laissé un manuscrit porteur d’espoir : <<Pour nous, chaque enfant compte ! Considérons et protégeons nos enfants, ceux des autres aussi. Ils sont tous notre socle et notre avenir ! Engageons-nous ensemble à faire appliquer les lois qui les protègent>>.
Chédrack DEGBE

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