« La femme est une goutte de miel que le ciel a laissé tomber dans le calice de la vie pour en adoucir l’amertume » disait la Rochefoucauld. La magnificence de la femme est un sujet prisé de plus en plus par les écrivains. Barnabé Laye, poète et romancier béninois, n’a pu s’empêcher de mouvoir sa plume au son de cette thématique. Il a concocté une oeuvre dont le titre est assez évocateur : « Une femme dans la lumière de l’aube ». Mais, qu’est-ce réellement ?

Sur un volume consistant de feuilles, le narrateur nous dévoile un pan de sa vie. Né dans un pays étranger, il réalise son souhait qui était de revenir dans sa patrie d’origine. Mais hélas ! Il arrive dans une période où le pays était sous le joug d’un régime dictatorial. Il est victime de ses affres mais son cas n’est qu’une goutte d’eau dans la mer. Ayant perdu ses repères, il fut recueilli par Germaine, une femme plus âgée que lui. Les deux finissent par tomber amoureux. Le pays ayant subi un assaut des mercenaires et réussit à les repousser. Une fois vainqueur, le guide du pays redoubla de tyrannie pour ne plus laisser place à une autre forme de belligérance. Germaine, ayant des affinités en opposition avec ce régime, fut mise sous lanterne. S’en est suivie une période d’exil pour les deux: Germaine et le narrateur. Ils se réfugièrent dans la République of Regiland. Le père du narrateur qui était à l’extérieur rentra au pays, mais est arrêté par les policiers à sa descente d’avion. Face à son opiniâtreté, les policiers le rouèrent de coups mortels, qui lui furent fatales. Ayant appris la mort de son père, le narrateur se lança dans une épopée vengeresse: «L ‘âme du père crie justice, l’âme du père crie vengeance. Quiconque porte la main sur le père trouve en face de lui le fils ». Quid de la réussite de sa mission?

 Édité pour une première fois en 1988 aux éditions Seghers puis une seconde fois à LAHA en 2014, « Une femme dans la lumière de l’aube » remet au goût du jour les velléités des régimes dictatoriaux dans les États assortis fraîchement de leur indépendance (reste à savoir si cela ne continue pas jusqu’à nos jours). Mais ne serions-nous pas tenté de faire un parallélisme avec une autre oeuvre de référence : « Les tresseurs de corde » de Jean Plya? Et au milieu de tous ses troubles se trouve, Germaine, porte-étendard de la gente féminine. À travers ce personnage, l’auteur loue la femme combattante et combative, l’abnégation d’une femme dans les intempéries de la vie. « Une femme dans la lumière de l’aube » nous plonge aussi dans une philosophie de quête d’identité. La richesse linguistique et littéraire de cette oeuvre n’est plus à démontrer. L’auteur nous embarque dans ce que nous appellerons de la prose poétique romancée. Il y décrit presque tous les aspects de son œuvre ( lieux, temps, personnages, sentiments,…) avec dextérité dans un style métalinguistique. Intéressant, n’est-ce-pas ? Je vous invite à le lire et surtout ayez une bouteille d’eau à côté.

 GANGNI-AHOSSOU Polycarpe 

Deuxième année des Lettres modernes à l’Ecole Normale Supérieure de Porto-Novo.

 

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