« Passionné(e)s » de Christelle HAZOUME: Quand passion rime avec mystère

« Passionné(e)s » de Christelle HAZOUME: Quand passion rime avec mystère

Est-ce que Christelle Hazoumè, à l’orée de son existence, a demandé le secret qui régentait le monde dans lequel elle allait ? Peut-être que, sur le point d’émerger du côté invisible pour celui des vivants, avec une audace de guerrière, elle a dû l’interroger. Et je suis sûr que l’Etre suprême s’est lentement abaissé, a avancé sa tête au creux de ses oreilles et lui a chuchoté tendrement et doucement: Passion. Dès lors commença la véritable histoire.
« Passionné(e)s« , c’est le titre que tu lis, quand tu te saisis de la 1ère de couverture. Un mot, vêtu de blanc, inscrit sur un mélange de fond rouge et noir. Rouge, c’est une couleur de sang, rouge de coeur; rouge, c’est aussi couleur de passion. Et le roman de Christelle HAZOUME édité aux Editions Plurielles s’ouvre sur trois vies, trois mondes. « Passionné(e)s » nous lance dans un labyrinthe creusé avec des pans de la réalité, de bonheur, de surprises, de drames, de vies multipliées par trois. Trois amies, trois compagnes, trois inséparables. Kenya, Tona et Mulan sont trois meilleures amies, liées par une belle amitié, mais tellement différentes de par leur monde à chacun. Et pourtant elles sont toutes assoiffées de passion. L’auteur nous guide à travers son roman où il croise, plie, rompt, tourne à sa guise les sentiers étroits de son histoire.
Le labyrinthe nous livre ses sentiers et on rentre dans l’univers des trois amies. Tona, jeune fille élevée seule par sa mère qui a fui un mariage malheureux, deviendra très vite une femme audacieuse, tel un véritable volcan, assoiffé de liberté. Elle vivra par passion comme elle l’entend : passion pour le sexe, passion pour la belle bouteille de bière blonde, passion pour la vie, jusqu’à ce qu’elle se découvre une autre passion : Emmanuel, le mari de sa copine Mulan. «Mais pourquoi Tona, pourquoi ? Parce qu’il me plaît. Vraiment. » (page 139). Alors la jeune femme se laisse aller à sa passion. Et elle la croque à loisir. La flamme s’embrase et la passion de l’amour emporte sur celle de l’amitié. Une amitié brisée désormais entre Tona et Mulan: la calme et distante Mulan. Le labyrinthe jette un rayon de soleil sur le sentier de Mulan et on assiste à la vie de la fille. Elle grandit dans la lutte, la crainte de ne pas être assez belle, assez bien, assez parfaite. Elle passe sa vie à travailler dur afin de se hisser à la hauteur de sa passion: la perfection. Malgré le drame sur son mariage, avec la perte de son mari et de son amie, Mulan continuera son bout de chemin à travers un sentier qui ira se perdre là-bas un peu plus loin dans notre labyrinthe.
Et petit à petit, on apprend à connaître Kenya, fille chérie de ses parents, ayant vécu dans une famille ou dispute et amour tissent le parfait coton. Kenya, dans la quête de la passion de sa vie, se retrouvera liée à un garçon, Kimani. On assiste à une explosion de passions. La passion de l’amour entre le couple devenu inséparable d’où sort Shabani, leur fils qu’elle aimera toujours avec passion. Ou encore la passion du métier, qui cause l’éloignement du couple, par le voyage de Kimani qui reviendra, brisé, cassé et déçu, estompé dans sa quête par un drame. Et pourtant, là encore, la passion des amoureux l’emporte. Shabani, grandit, il devient un adolescent unique dont les comportements amène sa mère à faire appel au  » Guide ». Commence encore à ce niveau un autre sentier qui nous entraînera dans la vie du guide et la connaissance de sa fille unique perle, un autre sentier mystère qui ira jeter ses rameaux dans la vie de Shabani quitte à s’y enrouler pour de bon. Apparaît alors un peu plus loin Ofélia, cette jeune femme, dernier sentier de notre labyrinthe qui porte en elle même tout le nœud du roman. Un nœud qui se forme sec et dur avec la naissance d’un bébé. Et Christelle HAZOUME nous laisse dans un plus grand mystère. Un bébé qui conte ? Mais non, il a bien poussé son dernier souffle. Alors que le voile apparaît, se dévoile un dernier paragraphe, un ensemble de phrases sur lequel se ferme le roman et le mystère s’épaissit encore, lourd et opaque. Mystère, mystère, mystère.
227 pages, 10 chapitres, et Christelle HAZOUME tel un guide nous jette dans un labyrinthe, et à travers des sentiers, elle nous conte, l’histoire d’une famille, vivante et passionnée !

Annette BONOU

Rédactrice web

 

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