«LES SOULIERS DU LAC NOKOUE», Rodrigue Atchaoué

«LES SOULIERS DU LAC NOKOUE», Rodrigue Atchaoué

« Les souliers du lac nokoué  est une œuvre de Rodrigue Atchaoué. Il s’agit d’un recueil de treize nouvelles réparties sur 151 pages, paru aux Editions Tamarin à Cotonou en 2014. Dans un style remarquable, l’auteur nous fait basculer dans divers tons littéraires.

Ainsi, dans « Les jeux de Nice », l’auteur nous raconte ironiquement l’exploit de Jacques Toudonou alias Aganmankoukou qui a été brillamment vainqueur de d’une épique compétition olympique à Nice consistait à manger une certaine quantité de pâte de maïs, dans le style des Pipi Wobaho et Eléphant Mouillé. Dans « Les souliers du lac Nokoué », la nouvelle éponyme, l’auteur raconte l’histoire d’un élève nommé Sasan, qui, fou d’amour pour une fille, a vu son rêve d’avoir une relation avec elle devenir impossible. Cette déception le fit  convertir son rêve de devenir président en celui d’être poète. L’auteur évoque ensuite dans « Le vingtième cadenas », un fait déplorable mais pourtant bien récurrent dans la société : le vol. On voit comment Hodonnou, riche en volaille, a été tristement dépouillé de tous ses coqs et ses poules une nuit par un voleur qu’il croyait être venu guérir ses poules d’une maladie quelconque. Face maintenant à l’histoire d’un homme dans « La Peugeot de la miss » qui décide bizarrement de se rendre à la police, sûr et fier de son invincibilité, après avoir entrainé la disparition des organes génitaux et celle d’autres organes humains de nombreuses personnes par des méthodes occultes. Mais avant, il demande cependant à serrer la miss de l’année. Contre toute attente, l’arrivée de cette dernière sonna sa fin. Avec « Amour d’échangeur », où on découvre l’histoire de Hyacinthe, époux d’Adjoa, qui subit les affres de la misère en raison de son chômage, et qui s’évertue depuis des années à se faire de l’argent par le chemin de l’arnaque. Mais sa femme tombe enceinte, et malgré les difficultés, elle lui fait un bébé avec des cheveux lisses comme ceux des « Chinois de l’échangeur en construction », comme dit dans l’œuvre. Après les cheveux lisses de l’enfant de Hyacinthe, l’auteur nous parle comiquement de Rigobert dans « Cheveux de prince » qui, terrifié à son réveil un matin, décide de s’acheter un casque, qu’il n’enlèvera plus jamais, pour se protéger contre l’Ebola contracté dans son rêve la nuit précédente. Parlant enfin de politique dans « La légende de Thabo Mbeki », l’auteur met en évidence, un triste comportement de nos dirigeants qui, comme monsieur Djakakpa, inventent des mensonges pour accéder aux postes politiques, et grugent malheureusement par la suite, les maigres ressources de nos nations.

Place maintenant à la jalousie entre femmes dans « Amour de dinde », où on voit comment la jalousie peut rendre une femme « sauvage », telle une dinde protectrice, envers sa coépouse. L’auteu  nous emporte après cela dans le monde des contes avec « Mon conte ne vole pas », nouvelle dans laquelle on voit deux personnes se mettre dans une compétition de contage. On voit par ailleurs l’auteur mettre en action des personnages bibliques anciens dans un contexte historique moderne avec « La vengeance de Goliath ». Ce dernier fait tout pour se venger par internet de son ennemi de tous les temps, David. Mais il semble oublier que les enfants de Dieu sont à l’abri du mal de leurs ennemis. Place maintenant à l’amitié dans « La dernière maison à droite », où on voit Constant se moquer et  prendre ses distances vis-à-vis de son ami Anicet, juste parce que ce dernier a sa maison dans une zone sinistrée, sans s’imaginer qu’il reviendrait quémander honteusement l’hospitalité de ce dernier plus tard. A travers « Les lauriers n’ont pas d’odeurs », l’auteur nous raconte l’histoire d’un groupe de femmes prostituées qui, avec le leadership de Gbêgnonlo Colombe, se sont mises ensemble pour montrer aux hommes que les femmes sont capables de contribuer activement au développement d’une localité. Ce geste a valu à celle qu’ils appellent affectueusement Dada Coco, une récompense des mains du sous-préfet. L’auteur finit avec « La chicotte à Madiba », nouvelle dans laquelle on voit Nelson Mandela ordonner de chicoter des nouveaux comme des anciens chefs d’Etats Africains en raison des malversations que chacun d’eux a commises durant sa période de gouvernance.

 

 

Mon coup de cœur est que Rodrigue Atchaoué aborde de nombreuses thématiques actuelles. Il utilise, dans ses écrits, un style littéraire remarquable qui démontre de sa compétence. On ne se lasse pas de le lire en riant ou de rire en le lisant. Il est d’un humour classique. Lire ce recueil de nouvelles, c’est prendre conscience des tares de la société qu’il met parfaitement en lumière. Il allie merveilleusement imagination et style pour faire de cette œuvre un riche trésor littéraire.

Attrapez vos souliers pour l’aventure du Lac Nokoué.

 

KOUAGOU Capel Tibokoussakou

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