-La philo I n’a aucune chance de s’en sortir si le nerveux est élu premier responsable. Lui avait-on dit.
-Les professeurs se plaignent de lui. Il se prend la grosse tête et ne respecte pas ses camarades. Un lavage de cerveau. Vous savez ce que c’est.
Franchement pour moi ce n’était pas gagné d’avance.

Les sondages ont révélé que tous mes camarades voteraient pour Ankara si elle se présentait contre moi au poste de premier responsable. C’était la politique du moindre mal. La gentille à la place du nerveux. Où est la loyauté dans cette foutue philo I ? Bof ! J’ai dû me présenter après négociations au poste de second responsable pour avoir une chance d’être élu. La trahison était trop flagrante pour que je passe l’éponge. Je me sentais humilier par mes camarades et par Ankara.

Neurone 3/ Philo I, la vengeance est un plat qui ne se mange pas

Le temps passe, et la douleur grandit. Après les élections Ankara et moi faisions quartier à part. Chacun surveillait ses arrières de peur de marcher sur les plattes bandes de l’autre. L’identité du chez soi à l’autre prenait le pas sur les liens amicaux de jadis et les souvenirs altérés d’un amour perdu des yeux mais caché au coeur. Le bonheur de l’un semble passer d’emblée par le malheur de l’autre. Soi c’est moi ou toi. Je n’avais aucune gêne à manifester mon hostilité envers sa personne. J’avais honte et j’étais en colère.
-Comment ai-je pu être aussi naïf ? Comment ai-je pu lui faire confiance à ce point ? Malgré la présence humaine dans le champ de maïs le mouton réussit à y faire son festin.<<Gbètôdo guélémin,gbôdou gbadé.>>C’est ce que dirait XY pour se gosser de ma situation. Mais c’est pas grave, on fait avec tout le monde. J’avais décidé de faire avec Ankara également. Ce n’est pas comme si je n’y survivrais pas. J’ai survécu à ses dérives en terminale. Je peux donc réitérer l’exploit. On me disait que la vengeance est un plat qui se mange froid. Mais moi, je ne le mangerai pas. Il aurait fallu pour cela que je la cuisine. Elle savait de quoi j’étais capable dans ce domaine. C’était suffisant. Plus besoin de cuisiner. Elle s’avait qu’il fallait qu’elle se tienne tranquille pour que je fasse de même.

Neurone 4/ Trop de diplômes sous leurs pantalons, trop de faiblesses sous leurs montantes.

23h. Seul dans le noir. Dans mon lit, ma mémoire s’éveilla. Je n’avais froid à la plume, et mon encre intérieur semblait chaud. J’eus envie de rire. Une vague de souvenirs remontait. Philo I, aventures pittoresques, bêtises sales. Je me revoyais à mes débuts dans cette école d’excellence qui jusque là, nous laisse sur le fil du rasoir. Je suis à présent en troisième année. Et j’ai largement de quoi écrire un roman, tapis à l’intérieur de la boîte, comme gossip girl. Mais je préfère écrire mes mémoires. Je ne voudrais pas parler de roman. Je préfère livrer les historiettes contenues dans mes neurones petit à petit pour ne pas vous étouffer d’aventures insolites. Ce soir, j’aurais franchement préféré avoir un trou de mémoire. Ma mémoire n’a trouvé que les histoires de jupes à me proposer. À 23h ! Mais, je fais face. Je commence tout en priant pour avoir un trou de mémoire en route. Car franchement les histoires de jupes, ça finit mal. Souffrez que je fasse usage de mes connaissances en vocabulaire critique et technique de la Normalie. C’est le fruit d’un long processus de travail à l’intérieur. Inside, je voyais beaucoup de jupes montantes. La raison du plus fort prenait parfois le pas sur la foi profane des êtres en soi qui les portaient. Les doctrines ne manquaient pas. Ces vérités étaient des transcendantaux de la Normalienne fragile au coeur de la réalité d’un dualisme. Le dualisme de Platon réaménagé par les pères formateurs normaliens proches de Paulin HOUNTONDJI. Sourire ! Ne vous vexez pas. Nous autres apprentis philosophes aimons frimer avec le français. Je vous explique. En philo I, les histoires de jupes, ça ne manquait pas non plus. C’est ce que j’essayais de dire. Pour vous la faire courte. Mes camarades filles avaient beaucoup d’actualités à leur compte. Grâce à mes sources je ne m’ennuyais pas. Ankara, comme vous l’aurez deviné, était finalement au coeur de l’actualité. Une histoire de jupe avec une personne que ma source n’a pas encore réussi à identifier. Ou qu’elle me cache toujours par manque de preuve. Mais ça ne saurait tarder. Je ne voudrais pas me faire passer pour un gossip man. Cependant, il faut faire part de certains faits pour qu’à jamais l’histoire ne meurt. Ankara dans son actualité faisait guéguerre avec Amichdine une autre de mes camarades. Ankara aurait découvert une liaison entre Amichdine et Mr je- ne- sais encore- qui. Attendez le nom me reviens… Désolé je l’ai perdu. Je continue d’abord. Foutu trou de mémoire ! Et donc, Ankara serait le témoin d’une scène de crime philosophico-amoureuse entre deux penseurs qui ne devraient pas penser dans ce sens. Mais la meilleure, c’est que Mr je-ne-sais-encore-qui roulait dans le même temps des yeux à Ankara. Vous savez ce que c’est. C’est la théorie traditionaliste de la trahison apparente sans contrat social rousseauiste fixe dans la néo-république normalienne, selon les interprètes avérés de Platon. Sourire ! Pas de panique ! Nous autres penseurs aimons utiliser le vocabulaire technique quand il le faut. C’est aussi une question de survie. Et donc, ma source me révéla qu’entre nos deux dames le ton commençait à monter. Les accusations commençaient à fuser. Ankara envers et contre tout a décidé d’en parler à qui de droit. Qui-de-droit en avait parlé à plus grand que lui. C’est dans cette période que beaucoup d’affaires similaires ont fait surface. La philo I était forte. J’observais de l’exterieur cette Ankara plus ou moins ambitieuse se débattre dans une affaire vicieuse. Amichdine n’était pas des moindres. Je commençais à comprendre le fond de la situation lorsqu’en philo II je ne retrouvai pas toute l’équipe de ceux qui constituaient le champ lexical de la philo I et de l’affaire Ankara Contre Amichdine face à je -ne -savais-qui. Maintenant que j’y pense le prénom me revient. C’était…. Merde…! J’ai encore un trou de mémoire…
Une chose est sûre, il y a trop de diplômes sous leurs pantalons et trop de faiblesses sous leurs montantes.
3h15. Je ne me souviens toujours pas du prénom de l’accusé dans l’affaire Ankara contre Amichdine. Vu l’heure, les sorciers se sont mêlés. Je ne lutterai pas. J’ai sommeil. Je vais dormir. Le temps que les sorciers me rendent ma mémoire…

Fin de la première partie !

 

Cyriaque ADJAHO

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