« La littérature a besoin qu’on la promeuve, c’est un fait » Pauline M. N. ONGONO

« La littérature a besoin qu’on la promeuve, c’est un fait » Pauline M. N. ONGONO

Ônoan est une agence littéraire et de communication littéraire basée au Cameroun.

Bonjour les amis. Nous sommes très heureux de recevoir pour vous aujourd’hui, une femme dans le domaine de la diffusion du livre. Il s’agit de Pauline M. N. ONGONO:  » La vie littéraire au Cameroun et en Afrique est en ébullition. Les choses bougent de plus en plus. Des rencontres littéraires, des associations littéraires, des promoteurs littéraires, et autres initiatives, naissent tous les jours. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que ces mises sur pied sont le fait des jeunes ».

BL : Pouvez-vous vous présenter ?

PO :  Bonjour à vous et à vos abonnés. Je suis Pauline M. N. ONGONO, une Camerounaise amoureuse des livres. J’ai une formation en information documentaire (bibliothéconomie, archivistique et documentation) acquise à l’ESSTIC (Ecole Supérieure des Sciences et Techniques  de l’Information et de la Communication) de Yaoundé. Lasse d’être une bibliothécaire ordinaire entre quatre murs, j’ai décidé de vanter un peu plus les livres, leurs auteurs et les autres acteurs autour, et aussi apporter du mien dans la qualité des livres. Je me suis donc familiarisée avec la relecture et la promotion littéraire. Ça fait plus de 6 ans que j’assume ces deux; d’abord en solo, ensuite avec des équipes. J’accorde de l’importance à la famille, au travail bien fait, aux amis, à l’indépendance de l’être humain, au respect d’autrui, au chocolat (rires). J’ai bénéficié d’autres formations telles que l’animation en milieu littéraire en direction de divers publics (enfants, adolescents, adultes), le télé conseil (au compte de Cdiscount France), et bien d’autres.

Je suis  communicatrice de l’Agence littéraire et de communication littéraire Ônoan.

BL : Le livre, la lecture, pourquoi ce choix de vie ?

PO : Je pourrais vous dire que c’est le livre qui m’a choisie, mais, il ne pourra pas se défendre le pauvre (rires). En réalité, c’est un choix qui s’est imposé à moi dès la petite enfance. Je suis une personne introvertie à la base, et je me cachais dans la lecture de tout ce que je pouvais lire, et l’écriture de courts contes, que je détruisais juste après, parce que je ne les trouvais jamais à la hauteur des « Kouakou », des Contes de Birago Diop, des articles de journaux et autres livres.

En classe de 6e au Collège Alfred Saker de Douala, j’ai 11 ans, j’entre pour la première dans une bibliothèque LE PARADIS. J’ai décidé ce jour-là de travailler plus tard dans le monde du livre, sans même savoir quelles études il fallait faire pour y arriver. Au niveau 2 à l’ESSTIC, je me suis rendu compte que le rêve de la petite fille de 11 ans allait se concrétiser.

BL : Malgré votre amour pour la lecture, vous n’avez pas encore de livre sur le marché. Pourquoi ?

PO : Comme dit précédemment et aujourd’hui encore, je trouve toujours à redire sur mes textes, et je fais une autocritique violente. C’est sûrement la relectrice en moi qui agit. Tout compte fait, il faut bien qu’il y ait une chaîne du livre. Il y a ceux qui écrivent, ceux qui aident dans la parution et la diffusion, et nous qui lisons et relisons. Il ne sert à rien de forcer les choses, il faut juste développer ses capacités dans le domaine qui nous sied le plus. Nombreux auteurs  et éditeurs qui ont bénéficié de mes services de relectrice me posent cette question. La réponse est la même : Je suis à l’aise quand je lis et relis.

BL : La promotion littéraire, on dirait que vous l’avez dans l’âme. Ça ne vous épuise pas d’être sur plusieurs fronts à la fois ?

PO : M’épuiser ? Non, c’est mon carburant même. Vous savez, lorsqu’on fait un travail qui nous passionne, on est toujours en vacances. Il m’arrive d’être fatiguée physiquement, je suis humaine, mais je m’en veux toujours de me reposer. Alors, je me forge un mental d’acier et j’avance.

BL : Vous êtes comme vous l’avez dit plus haut, communicatrice chez Ônoan. Qu’est-ce que Ônoan et comment rentrer en contact avec cette institution ?

PO : Ônoan est une agence littéraire et de communication littéraire basée au Cameroun. L’idée de sa mise sur pied germe lors de la Foire Internationale du livre de Lomé (FI2L) en 2019 où les fondateurs, Ray Ndébi et Carole Mbazomo, y assistaient. Surplace, ils ont vu l’effervescence qu’il y avait autour des jeunes auteurs et des auteurs en herbe togolais. Ônoan est donc née pour faire la promotion des jeunes acteurs du livre camerounais et africains, et pour lutter en faveur du livre de qualité. Avec le temps, elle est devenue, en plus d’une agence de communication littéraire, une agence littéraire. Et bientôt, d’autres pans s’ouvriront.

A travers notre programme d’accompagnement ÔNOAN WRITINGS, nos ateliers d’écriture, de lecture et de traduction littéraire en ligne et en présentiel, les différentes rencontres littéraires, les jeux et concours, le suivi de la vie littéraire des auteurs, la communication autour des œuvres et structures littéraires, et la liste n’est pas exhaustive, nous consolidons notre pierre à l’édifice.

Ônoan est disposée à travailler avec les acteurs du livre. Pour des partenariats, besoin de promotion, de communication particulière et autres renseignements, nos contacts sont :

– E-mail : communication@onoan.com

– Whatsapp : +237 690195126

– Facebook : https://www.facebook.com/OnoanAgence/

– Instagram : @_onoan

– Twitter :@OnoanAgence

– LinkedIn :ônoan–Agence littéraire

– Site web (en restauration) : www.onoan.com

BL : Le nom n’est pas en français. Mais l’organe entend faire la promotion du français. Comment l’expliquez-vous?

PO : Vous savez, s’il fallait s’arrêter aux noms des structures, plusieurs fermeraient les portes (rires). Je vous explique pourquoi ce nom. Ônoan en ewondo (langue du Centre Cameroun) signifie « oiseau ». Nous avons voulu un nom de chez nous. Ce mot a été écrit en diverses langues du Cameroun et une main innocente a tiré « Ônoan ». Pourquoi « oiseau » ? Tout simplement parce que, tout comme l’oiseau (l’oiseau en général) se sent à l’aise sur la terre ferme, dans les airs, dans l’eau même, ainsi Ônoan dès sa création a souhaité toucher à tous les pans de la littérature.

BL : Quel bilan faites-vous ?

PO : Personnellement, je n’aime pas faire de bilans fixes, car avec le monde qui est en perpétuelle évolution, les choses changent et il faut les maintenir ou les améliorer. Toutefois, vu les retours de plusieurs acteurs du livre que nous avons accompagnés en privé ou pas, notre travail n’est pas vain.

BL : Quelles ont vos plus grandes difficultés dans l’exercice de votre tâche ?

PO : Grandes difficultés… Je préfère parler de challenges. La littérature a besoin qu’on la promeuve, c’est un fait. Cependant, il y a des millions d’acteurs du livre et plusieurs dizaines qui nous contactent pour tel ou tel service. L’un de nos challenges est de satisfaire toutes ces sollicitations. Je profite de votre tribune pour m’incliner face à ceux-là qui n’ont, pour l’instant, pas eu de retour de notre part.

BL : Quelles sont vos raisons d’espérer?

PO : Sans hésiter, l’amour qu’ont les gens pour les mots. C’est vrai que parfois le rendu n’est pas de qualité, mais cet amour me conforte dans l’idée que les assertions « Pour cacher quelque chose à un Noir, il faut le mettre dans un livre » et « Le Noir ne lit pas » sont archifausses.

BL : Quelle lecture vos activités sur Ônoan vous permettent-elles de faire sur la vie littéraire au Cameroun et en Afrique ?

PO : La vie littéraire au Cameroun et en Afrique est en ébullition. Les choses bougent de plus en plus. Des rencontres littéraires, des associations littéraires, des promoteurs littéraires, et autres initiatives, naissent tous les jours. Ce qui est encore plus intéressant, c’est que ces mises sur pied sont le fait des jeunes. La machine est ébranlée, il faut juste qu’au niveau éditorial le travail soit fait avec minutie.

BL : Si vous aviez la possibilité, qu’est-ce que vous instaureriez dans le monde littéraire ?

PO : Sans hésiter, LA COMMUNAUTÉ. Plusieurs associations se font la guerre –  nous vivons leur aigreur tous les jours sur les réseaux sociaux.-  Nous travaillons, si je ne me trompe pas, pour la même cause. En outre, l’erreur étant humaine, au lieu de faire cette guerre qui ne grandit personne, aller vers son prochain et lui dire calmement ce qu’on lui reproche, lui tendre ensuite la main pour élever la littérature, ne serait-il pas mieux ? C’est peut-être un « rêve de Bisounours », mais je souhaite ardemment cette communauté, et Ônoan aussi.

BL : La lecture n’étant pas la chose toujours partagée, quel est le regard de votre entourage face à cette passion pour la lecture ?

PO : Heureusement que je suis têtue, sinon j’aurais abandonné la lecture (Rires). Avant, surtout dans l’enfance et l’adolescence, ce n’était pas évident. J’étais, je peux dire, une « paria ». Mes camarades de classes, mes frères et sœurs, préféraient jouer lors des moments libres quand moi je dévorais des livres. Vous connaissez les manies des adolescents… J’étais la fille qui ne se mélangeait pas aux autres, et ça les énervait (Rires). À ma sortie de l’ESSTIC, lorsque j’ai décidé de me performer en bibliothéconomie et documentation, délaissant l’archivistique, ils ont compris que ce n’était pas un caprice. Mes proches savent que je suis une amoureuse des livres, et plusieurs vantent déjà l’importance de la lecture à leurs enfants.

BL : Quelques conseils à l’endroit des jeunes et des parents pour que le livre soit davantage connu et aimé dans notre société.

PO : Pour que le livre soit aimé et connu, je lance plus la perche aux promoteurs de la lecture. C’est à nous de « recruter les nouveaux lecteurs » pour citer Junior Haussin, le promoteur du mouvement littéraire La lecture je contribue.

Pour ma part, il y a cinq ans, j’ai mis sur pied pour les adultes « Le challenge 15 pages par jour », et pour les enfants et adolescents, « Le challenge 6 pages par jour ». Comment ça se passe ? Je fais des groupes de maxi 5 personnes qui veulent apprendre à lire et terminer un livre, je leur laisse le choix du livre (imposer un livre peut les bloquer, car chacun peut avoir ses sujets et genres littéraires préférés) ; je m’arrange à avoir les cinq livres moi aussi, et durant une période déterminée, nous lisons 15 ou 6 pages par jour. Certains seront lents au début, je ne les abandonne pas, au contraire, leur témérité malgré leur lenteur prouve qu’ils veulent vraiment apprendre.

Ce n’est pas évident pour moi de lire plusieurs livres à la fois, mais quand en face de moi j’ai des personnes devenues accros à la lecture grâce à ces challenges, je ne peux que continuer. Les derniers challenges en cours ont débuté le 10 septembre 2021.

Alors, chers parents, léguez cette héritage à vos enfants. Lecteurs, continuez de lire, formez des groupes pour parler de vos différentes lectures, dites la vérité aux auteurs et éditeurs quand vous avez la possibilité d’être en contact avec eux, les « waouh » hypocrites et parfois sans avoir compris le texte n’aident pas la littérature. Les réseaux sociaux peuvent vous servir aussi à faire une publication sur un livre, à faire votre résumé ou note de lecture, et si possible même, indiquer des éléments pour permettre aux autres de l’acheter.

BL : Comment trouvez-vous les productions littéraires camerounaises.

 PO : Les Camerounais sont très prolifiques, débordant d’inspiration. Il ne se passe pas une semaine sans une annonce de parution de livre. La poésie, le slam et le théâtre s’imposent un peu plus dans le sillage. Le polar est de mise désormais. Il y a une belle matière à promouvoir.  Comme toute œuvre humaine, les choses ne sont pas parfaites. Certaines maisons d’édition gagneraient à prendre un peu plus soin des textes qui leur sont confiés. Mais tel que souligné plus haut, l’amour des mots règne et j’en suis certaine, revendiquera bientôt la qualité uniquement.

BL : Votre mot de fin ?

PO : Je vous remercie pour cette plateforme d’expression que j’apprécie beaucoup, ça a été un plaisir pour moi. C’est ensemble que le meilleur sera atteint. Je vous souhaite le meilleur. Lire des livres délivre.

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Cette interview véhicule des idées qui contribuent au développement et à la promotion de la littérature dans nos pays.
Et si Pauline Ongono arrête un jour de déchirer ses brouillons (sourire)

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