« Le Vodoun n’est pas d’abord de la sorcellerie… » Abbé Giono Brun HONFIN

« Le Vodoun n’est pas d’abord de la sorcellerie… » Abbé Giono Brun HONFIN

A l’occasion de la fête du 10 janvier, nous avons reçu pour vous, l’Abbé Giono Brun HONFIN:  » Plusieurs définitions s’offrent à nous. Certains dignitaires Fon pensent qu’il proviendrait de «vo bo-ɖou» qui signifie littéralement, en langue Fon, « se mettre à l’aise pour manger » et serait inspiré par l’idée de « l’esprit de partage avec les divinités. »

BL : Bonjour Révérend Père. Vous êtes prêtre du diocèse de Lokossa, ordonné en 2018. En 2020, vous avez commis une œuvre consacrée au Vodoun. Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous serions bien heureux d’en savoir davantage sur vous.

GH : Je suis Abbé Giono Brun HONFIN, Prêtre du diocèse de Lokossa (Bénin), ordonné le 29 Septembre 2018. Après quelques années dans la pastorale comme vicaire sur les paroisses de Grand-Popo (2018-2019) et de Lobogo (2019-2021), toujours dans le même diocèse, je suis actuellement formateur au petit séminaire interdiocésain Saint Joseph du Lac d’Adjatokpa dans l’archidiocèse de Cotonou depuis la rentrée scolaire 2021-2022.

BL : Votre livre : « Le Vodoun accompli, Lettre à mon cousin pour un dialogue de vérité ». Dites-nous, révérend père s’il y a un Vodoun qui serait inaccompli.

GH : Sourire. Il faut commencer par comprendre que nous ne devons pas prendre ‘‘accompli’’ ici comme une étape de perfection ou de maturité. Il ne serait pas question de penser à un Vodoun parfait, total ou à un Vodoun parvenu à une étape autonome n’ayant plus besoin d’une étape nouvelle dans sa mutation. ‘‘Accompli’’ doit être pris ici dans un sens de dépassé, fini, c’est-à-dire qui est parvenu à sa fin. Le Vodoun accompli serait un le Vodoun qui a touché sa fin et est désormais parvenu à son apogée dans le Christianisme. Car en théologie, parler d’accomplissement fait appel à une similitude, aux dissemblances et enfin au dépassement. En un mot, le Vodoun accompli est ce Vodoun qui touche sa fin avec le Christianisme ou un Vodoun qui atteint son but dans le Christianisme. En ce sens, avec le christianisme, le Vodoun atteint son but ultime qui est de mettre l’homme en contact avec son Créateur. Dieu recherché dans les religions traditionnelles vient Lui-même à nous en Jésus-Christ.

BL : Vous avez choisi l’occasion de la célébration de votre deuxième anniversaire d’ordination sacerdotale pour rendre public cet ouvrage. Coïncidence ou une volonté forte de marquer les esprits, quand on sait que celui qui écrit sur le Vodoun est prêtre de l’Eglise Catholique romaine et en même temps petit-fils de prêtre Vodoun?

GH : Tout ce que je sais du Vodoun est pour moi un héritage. Il faut bien un aîné pour laisser un héritage au jeune. La réalité du Vodoun, je l’ai vécue dans ma famille avec mon grand-père comme gardien de ce temple. Ce grand-père est resté comme une figue de proue dans la connaissance de cette réalité traditionnelle. Il est resté respectueux de la nature et de ses lois. Il m’a marqué par le respect qu’il a pour Dieu et pour le christianisme. Pendant tout le temps que durera ma formation, il s’est montré très proche et très attentif dans le respect de mon choix religieux. Mais dans ma première année d’ordination, il tira sa révérence, rassasié de jours. Pour lui témoigner ma gratitude filiale, j’ai voulu publier « Le Vodoun accompli » en son honneur. C’est d’ailleurs cela qui justifie le fait que je le lui ai dédicacé. Puisqu’il m’a porté sur la voie de ma vocation, j’ai choisi l’occurrence de mon deuxième anniversaire d’ordination pour le célébrer. C’est donc la raison fondamentale.

BL : L’éternelle problématique d’une herméneutique consensuelle du Vodoun demeure. Pour vous qui dites dans votre livre : « Le Vodoun, je l’ai fréquenté…, j’ai vécu cette réalité de près. Même si je fuyais toutes les scarifications, rien ne pouvait, à l’époque, me priver du plaisir que je prenais à manger, en communion avec les autres membres de la famille, ces repas couronnés de grasses viandes de poulet, victimes sacrifiées en l’honneur des divinités », qu’est-ce en réalité que le Vodoun?

GH : Il est effectivement vrai qu’on n’est pas arrivé jusque-là à obtenir une définition consensuelle du Vodoun. Plusieurs définitions s’offrent à nous. Certains dignitaires Fon pensent qu’il proviendrait de «vo bo-ɖou» qui signifie littéralement, en langue Fon, « se mettre à l’aise pour manger » et serait inspiré par l’idée de « l’esprit de partage avec les divinités. » Pour d’autres, le Vodoun désignerait cette entité spirituelle mise à part « djê vo don ». Pour le socio-anthropologue BOTCHI, le Voju, c’est, en Aja, « Enu ci wo non vo yi bla do ju » « la chose en raison de laquelle on est resté à part afin de l’attacher ». Toutes choses qui se rapportent au caractère caché des lieux d’initiation et de la maîtrise de la vertu des plantes. Le Vodoun serait-il réduit à cette maîtrise ? Il est d’abord communication et relation avec le Créateur, avec le Transcendant. C’est bien cet aspect qui nous intéresse ici. Au regard de son étymologie « vo » qui, de l’Aja comme langue d’origine, signifie : différence, diversité et de « ju » qui se traduit par : unité, union, « Voju » évoque l’idée d’une union des différences. Nous sommes différents mais unis. Le Vodoun devient dès lors le principe unificateur et cohéreur de nos différences. Il renvoie donc à cet espace où nous nous mettons ensemble pour établir une communication avec Dieu.

BL : A vous entendre, on se rend compte qu’étymologique, le Vodoun signifie « espace de rencontre ». Et pourtant, l’on est en droit de se demander où se trouve la frontière entre le cultuel et le culturel dans le Vodoun. Que répondrez-vous à ceux qui se posent une telle question ?

GH : Il ne faut surtout pas sortie du contexte. C’est avec les sens étymologique que nous parvenons à cette conclusion de « espace de rencontre.» Et cela ne concerne que ceux qui font partie de cette religion traditionnelle. Ce n’est donc pas un espace de rencontre pour tous les hommes ou pour tous les peuples. Il n’est alors pas question de penser que c’est dans le Vodoun que se trouve cet espace de rencontre pour tous les hommes. Il devrait l’être pour ceux qui le fréquentent.

Cependant, il demeure vrai qu’entre le cultuel et le culturel sous nos tropiques, la démarcation reste difficile à faire. Mais elle est nécessaire pour ne pas tout attribuer, soit au cultuel soit au culturel, et pour ne pas, dans un autre sens, conditionner l’un par l’autre. Pour y arriver, il nous faut d’abord comprendre que l’homme naît dans une culture qui le porte et le façonne et cette culture est antérieure à sa relation avec le Tout-Autre qui impliquera le cultuel. La culture offre les éléments pour le cultuel. Elle n’est pas le cultuel et celui-ci non plus ne l’avale pas. En ce sens, le Vodoun ne serait pas notre culture. Il est une religion traditionnelle qui, pour célébrer le mystère qu’il renferme, puise des éléments de la culture. Même si la frontière ne tient qu’à un petit fil, il faut tout de même la garder.

BL : Aborder la problématique du Vodoun ne va pas sans penser aux réalités bien connues chez nous du Azé et du Bo qui lui sont, à tort ou à raison, liées. Comment tranchez-vous cette question ?

GH : Il urge de reconnaître que le Vodoun n’est pas d’abord de la sorcellerie, du Bo ou, en un mot, l’expression du mal. Il est avant tout communication, relation avec l’Etre Suprême. C’est l’expression du divin qui est en tout homme qui avait pris ce chemin. Car l’homme est fait pour adorer son créateur. Il se sent toujours dépendant et tente toujours d’établir une connexion avec cet Être qui l’aurait créé. En effet, il sait très bien qu’il provient de quelque part et qu’il dépend d’un Créateur. Pour nos parents qui n’ont pas connu le Christ, le Vodoun est devenu ce lieu privilégié où l’homme affirme et affine sa relation avec celui-là qui l’aurait créé. Le Vodoun est donc communication et relation. Malheureusement, force est de constater qu’à la recherche du pouvoir surnaturel et de la puissance, cet espace est plus que jamais perverti. Le Vodoun devient un lieu de combat où des forces s’affrontent. Les pratiquants se font tristement du mal. Et pour nuire à l’autre ou se protéger contre un prétendu fort, on va jusqu’à acheter des divinités ailleurs. Alors que dans chaque culture, les religions traditionnelles exploitent les éléments que leur offre la culture pour rentrer en relation avec l’Être Suprême. S’il faut reconnaître qu’initialement le Vodoun est communication et relation actuellement, il semble, par moment, loin d’emprunter ces sentiers.

BL : Certaines personnes estiment que le Vodoun ne nous a pas fait du bien. Et ils citent souvent le cas du Bénin et celui de la République d’Haïti qui gisent sous le faix du sous-développement et de la méfiance : « Drôle de vitalité, écrit Roger Gbégnonvi. La prolifération hirsute et farfelue du vaudou haïtien ferait sourire si elle n’était révélatrice du drame profond des Haïtiens, drame d’un peuple qui cherche ses marques et ne les trouve jamais, drame d’un peuple ivre de douleur et à la dérive depuis le jour où les zélateurs du Vodoun danxoméen l’ont jeté sur l’océan de l’errance. Quel homme de cœur et de peine ne se sentirait concerné et attristé par ce sauve-qui-peut éperdu et désespéré? » Et vous, qu’en pensez-vous ?[1]

GH : C’est bien triste. Cela fait un peu suite à mes précédents propos. Si on arrache au Vodoun son âme, il devient un gros danger. Si on arrivait à empêcher le Vodoun d’être communication et un espace de rencontre et de paix, on le priverait de son essence. Et donc, il est important de comprendre que le Vodoun est un chemin vers le Créateur. Mais si le chemin est pris pour une fin, on est dans un virage inquiétant et dangereux pour la paix et le développement.

Il est malheureux de constater que, de nos jours, il existe des programmes portés par certaines organisations ou certains groupes pour faire du Vodoun un facteur qui empêche notre développement, et cela sous le compte d’un certain africanisme infécond. Combien de ville ne sont pas restées sans les travaux d’urbanisation parce que les habitants ne souhaiteraient pas qu’on délocalise leurs divinités ? Combien de personnes ne vivent pas dans la pauvreté et dans la misère parce qu’esclaves d’une divinité ? Combien d’enfants ne sont pas restés analphabètes ou déscolarisés à cause des pesanteurs liées au Vodoun ? Combien d’hommes et de femmes ne sont pas tenus dans les liens d’une divinité qui ne leur apporterait jamais liberté et épanouissement parce que soumis à des lois qui n’ont de base qu’une volonté imaginaire d’une divinité. Toutes les atrocités qu’on fait subir parfois aux adeptes du Vodoun ne sont pas à mettre sur le compte du Vondun.

BL : Que revêt pour vous la célébration du 10 janvier ?

GH : Le 10 janvier au Bénin, nous célébrons la fête des religions endogènes. Instituée par la loi N° 97-031 du 20 Aout 1997 mais votée déjà en 1996, elle a été promulguée par le président Mathieu KEREKOU en 1997. Cependant, il faut rappeler qu’avant cette date, elle avait déjà été célébrée en 1993 avec le président Nicéphore Dieudonné SOGLO.

Instituer une fête pour la célébration des religions endogènes dans un état laïc où la plupart des autres religions célèbrent diverses fêtes, ce n’est qu’établir la justice. Cependant, il est déplorable que cette journée devienne pour certains un temps de revendication d’une identité que le christianisme aurait volée. C’est une période où, sur les ondes des radios et sur les chaines de télévision, au lieu de célébrer le Vodoun, on se met dans une posture de syndicat pour réclamer des droits et exhorter à un retour aux ‘‘ sources’’ pour une indépendance culturelle et cultuelle assignant le Christianisme à la barre comme semeur de trouble dans l’ordre endogène. Sur fond d’un retour total aux Religions Traditionnelles, ce dernier tend à être rejeté, considéré comme envahissant. Pour s’affirmer, on veut tout faire comme les chrétiens. On se compare au Christianisme tout en donnant l’impression d’être en rivalité avec ce dernier. On veut avoir autant de jours que les jours de précepte du Christianisme catholique[2].

La fête du 10 janvier devrait être cette occasion, où les dignitaires du culte Vodoun se rassemblent, réfléchissent et pensent comment le Vodoun pourrait permettre un développement social et économique de ceux qui le pratiquent et, par surcroît, du pays. De plus, on pourrait choisir l’occasion pour penser la paix dans le pays et entre les religions. Malheureusement, c’est un jour où la haine envers le christianisme est chantée pour une soi-disant revendication d’identité culturelle. Heureusement, cette pratique n’est pas l’apanage de tous les dignitaires Vodoun.

BL : Les Africains, du moins ceux de l’espace concerné par le Vodoun, devraient-ils totalement tourner le dos au Vodoun ? N’y aurait-il rien de bon dans le Vodoun qui puisse être compatible avec la foi catholique ?

GH : Si nous avons compris que le Vodoun est communication et relation avec le Tout-Autre, on peut retenir que tout ne serait pas mauvais dans nos religions traditionnelles. Le glissement vers le mal est venu plus tard. De plus, le concile Vatican II dans la déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes Nostra Aetate N°2 affirme : « L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. » Cependant, si nous savons que le Christ accomplit le Vodoun, on comprend que celui qui est dans le christianisme possède tout le bien que possèdent nos religions traditionnelles.

BL : Trouvez-vous judicieux de parler de Vodoun comme religion ? Ne serait-ce pas beaucoup plus indiquées de parler de croyances ?

GH : La religion proviendrait de deux sources latines. Elle est Religio renvoyant à une attention scrupuleuse et à une vénération. Elle est également  selon Cicéron Religare qui signifie relier avec le sens de rassembler.[3] La religion est donc à la fois la piété qui relie les hommes à une divinité qu’ils se représentent et une piété qui se vit dans une pratique institutionnalisée exigeant foi et institutions.

La croyance quant à elle nous vient du latin credere, creditum avec le sens de croire, avoir confiance et confier. En tout, la croyance implique de faire crédit ou de se fier à quelqu’un ou à quelque chose sans aucun doute.

Le Vodoun va au-delà du fait de faire crédit, de se fier et exige une relation impliquant une communauté. Le vodoun serait plus une religion qu’une croyance. Mais elle est une religion traditionnelle.

BL : Dans un article publié par La Croix Africa le 13 août 2021, vous parliez de : « La foi chrétienne à l’épreuve de la dictature du Vodoun en Afrique ». Comment le Vodoun qui est facteur de vivre ensemble peut-il exercer une dictature sur la foi chrétienne ?

GH : Etant une religion traditionnelle, le Vodoun est appelé à mettre l’homme en route vers son Créateur, il est une religion qui devrait conduire et préparer l’homme à rencontrer Dieu. Mais contre toute attente, le chemin est pris pour la fin. A lui seul, le Vodoun n’a pas de sens. Il doit conduire vers.

De plus avec toutes les mutations observées dans ce monde et avec les achats de divinités pour se protéger ou pour prouver sa puissance, le chemin a été pris pour une fin associant la maîtrise des éléments de la nature et certaines connaissances. Au lieu d’être pris pour une religion traditionnelle qui met l’homme en marche vers son Créateur et donc une religion qui conduit vers Dieu, le Vodoun veut s’efforcer d’exister dans une adaptation régulière. Ce faisant il est perverti.

En ce sens, les chrétiens qui ont rencontré dans le Christ la Vie, la Vérité et le Chemin vers le Père subissent la dictature de cette religion qui veut les garder toujours dans ses liens. Les plus faibles malgré le Christ qu’ils ont rencontré n’arrivent pas à tenir longtemps sur le chemin de la vraie foi. Ils chancellent et quelques fois avec l’implication de la famille toujours proche dans les situations de la vie, ils retournent à la case départ. Les chrétiens en Afrique subissent une pression des parents restés dans le Vodoun pour revenir aux religions traditionnelles.

BL : Le syncrétisme serait-elle alors un mal nécessaire, du moins, cette volonté de jouir à la fois du Vodoun et du christianisme ?

GH : Le syncrétisme est un danger pour la foi chrétienne. Mon dernier ouvrage en date   intitulée : Pour une foi authentique, réflexions sur les causes du syncrétisme en Afrique[4] est consacrée à ce sujet. Il n’est pas un mal nécessaire. La foi exige adhésion totale et une réelle conversion. On ne peut pas être chrétien et continuer à communier avec les divinités traditionnelles. Le christianisme apporte à l’homme tout ce qu’il cherchait dans le Vodoun comme religion traditionnelle. Rappelons ce que disait le Seigneur : « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche.[5]»

BL : Dans son approche, le Père Barthélemy Adoukonu, aujourd’hui évêque, a entrepris de passer le Vodoun au crible d’une herméneutique autre que celle du Vodoun. Il proposait, en effet, « une herméneutique chrétienne du Vodoun danhoméen », approche que vous partagez aussi puisque la conclusion de votre livre est que le Vodoun s’accomplit par/dans le christianisme. Comment une religion peut-elle s’accomplir par/dans une autre quand on sait que chacune d’elles a ses modes propres ?

GH : Le Voudoun est une religion traditionnelle. En ce sens, c’est une religion que nos parents qui n’avaient pas connu le Christ ont pratiquée dans une ouverture totale. Ceci en attendant la manifestation de Dieu qu’ils cherchaient sans encore le trouver. Ce caractère traditionnel du Vodoun nous donne de comprendre que comme dans toutes les autres cultures, il y a eu cette soif initiale que l’arrivée et l’accueil du Christ ont assouvie. Dieu se disait dans toutes les cultures. Mais désormais, il se dit plus nulle part qu’en son Fils Jésus-Christ, effigie parfaite du Père[6].

BL : Le Vodoun est-il pour autant disqualifié, ainsi que l’écrivait Roger Gbegnonvi ?

GH : Le professeur Roger Gbégnonvi écrivant Le Vodoun disqualifié a estimé que le Vodoun ne peut apporter ni liberté ni épanouissement. Il serait terreur et violence. Il a certainement des raisons qui le conduisent à cette conclusion. Il n’a peut-être pas tort lorsqu’on considère tout ce que certains ont tendance à faire du Vodoun : un monde lugubre, sombre et plein de peur. Il est bien regrettable d’en venir à cette conclusion. Mais fort heureusement, les vrais pratiquants du culte Vodoun sont sincères et respectueux des éléments de la nature. Et nous l’aurions compris le Vodoun est initialement, à partir de son étymologie Aja, un creuset de vivre ensemble malgré nos différences.

Cependant le Vodoun pourrait être bien disqualifié pour le chrétien qui, malgré son baptême, sa rencontre avec le Christ, continue de communier avec ces divinités païennes. L’objectif de toute religion traditionnelle est de conduire à Dieu, d’établir une relation avec Dieu. Ce Dieu que nos parents cherchaient dans les religions traditionnelles est venu à nous en son Fils Jésus-Christ. C’est le mystère de Noël que nous célébrons en ces jours. Il serait donc aberrant et anachronique de faire la marche des religions traditionnelles au Christ et de revenir encore à elles.

BL : Quel accueil vos lecteurs ont-ils réservé à votre livre ? En êtes-vous satisfait ?

GH : Ce fut un pavé jeté dans la marre. La surprise de mes lecteurs pratiquants du culte Vodoun était vraiment grande. On était surpris qu’un prêtre aborde le sujet du Vodoun sans tirer à boulet rouge sur cette religion et ses pratiquants. Certains chrétiens ont pensé, à tort, que je faisais l’apologie du Vodoun qu’ils décrivaient comme l’incarnation du diable. C’est un dialogue que j’ai initié pour qu’à la fin chacun découvre mieux le Vodoun et le Christianisme pour un choix conséquent. Le livre a connu une bonne réception.

BL : Où et comment peut-on se procurer votre ouvrage ?

GH : Pour le moment, nous sommes en rupture de stock. Nous projetons une réédition.

BL : 17- Après « Le Vodoun accompli, Lettre à mon cousin pour un dialogue de vérité »…,quoi pouvons-nous attendre comme production littéraire ?

GH : Après Le Vodoun Accompli, lettre à mon cousin pour un dialogue de Vérité, j’ai publié en décembre 2021 aux éditions Philosophat Pour une foi authentique, Réflexion sur les causes du syncrétisme en Afrique. Cette dernière parution peut être considérée comme le Tome II du Vodoun Accompli. Actuellement, je travaille sur une Nouvelle abordant la question de la famille et du divorce.

BL : Votre mot de la fin

GH : Comme mot de fin, je dis un grand merci au blog Biscottes Littéraire pour la confiance. Je profite pour dire à tous ceux qui nous lisent de ne pas avoir peur d’aller au Christ. Il nous accomplit en nous apportant tout ce qui nous manque. C’est de Lui seul que nous avons la vie, le mouvement et l’être[7].


[1] Roger Gbégnovi, in Le Vodun disqualifié

[2] Cf  Giono Brun HONFIN, Le Vodoun accompli. Lettre à mon cousin pour un dialogue de vérité, Éditions Foi, Psychologie et Éducation, Abomey, 2020, p.47.

[3] Nous sommes ici avec Lactance. Cf. Le Grand dictionnaire

de la philosophie, Larousse, Paris, 2005, pp. 921-922.

[4]  Giono Brun HONFIN, Pour une foi authentique, réflexions sur les causes du syncrétisme en Afrique, Editions Philosophat, décembre 2021.

[5] Apocalypse 3, 16.

[6] Hébreu 1, 1-2

[7]  Actes 17, 28.

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